10 Mai 15

claireg

Tu as comblé tes nuits de néons artificiels. Tu t'es bordée d'ivresse sous des bras à peine connus à t'en couper le souffle, et les illusions que tu as esquissé sont devenues ton unique vérité. Si bien, que tout est déformé lorsque tu es éveillée. 

Recroquevillée sur toi même en position foetale, tu te laisses aspirer par le vide que tu ne peux combler. 

Chacune des lumières qui dansaient dans tes yeux se sont heurtées à la réalité. Une par une, elles se sont décrochées. Il faut avouer qu'elles ne tenaient pas par un fil d'araignée, seulement par l'espoir que tu pouvais porter. 

Alors elles ont volé, virvolté, et les éclaboussures des morceaux de verre brisé se sont éparpillés, déchirant ainsi chacun de tes rêves, même les plus éclairés. 

On a tambouriné, venus écarteler ton étoile, tu as laissé partir ton âme. Tu voudrais recoller les morceaux, rafistoler ton coeur à défaut du cerveau, mais il y a des blessures que tu ne peux panser. Tu pourrais chercher sur tous les étendards, il semble qu'aucun ne t'y serait sied.

Car il n'y a pas d'Archange s'épendant autours de toi, à l'instar de tes rêves et des souhaits qui s'y tiennent, la solitude assassine aspire tout ce qu'il y a. Puis elle s'enfonce, te tord de l'intérieur et te laisse un instant de répit en déposant comme unique signature pour son crime, des larmes au fond de tes yeux. Cette tristesse qui sillonne le long de tes joues est entrainée dans sa course jusqu'à tes pieds, ne laissant aux minutes qui se poursuivent, aucune trace de ta mélancolie passée. 

A chaque fois que la roue tourne, et que tu mise ainsi ta vie, l'espoir prend le pas sur le chaos qui te berce. Tu te laisses entrainer sous des cieux éclaircis sans pouvoir vraiment compter les nuits qu'il te reste. 

Et même si ce matin sur ce lit, ton corps est secoué par les sanglots qui t'assènent, les piqures qui te percent de toute part aujourd'hui, laisseront des bleus, invisibles à la nuit.

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