Avant l'hiver

Magali B.

le soleil en automne, le dimanche...

Quelqu'un m'a dit que c'était le dernier joli week end de l'année, je ne sais pas, mais ça aura été un des derniers sûrement. Le ciel était d'un bleu immaculé, je ne portais pas de pull et je ne travaillais pas du week end. Samedi j'étais entourée, dimanche c'était entre moi et moi-même. J'ai eu un de ces rares dimanche où je ne pars pas en milieu d'après midi pour aller travailler. Vers 15h, le soleil est arrivé sur mon balcon. Alors je me suis installée, avec tout, ordi, cours, mug et magazines.

J'ai fait semblant de lire, j'ai surtout profité de ces heures ininterrompues, juste pour moi.

J'ai profité jusqu'au bout, jusqu'à ce que l'air frais caresse mes bras, que le soleil passe de l'autre côté, que la lumière change, et cette couleur dans le ciel qui annonce la fin du jour. J'ai profité jusqu'à ce que mes yeux se plissent sur les lettres, les mots que je ne distinguais presque plus.

Alors ça y est c'était fini ce dimanche, son soleil, sa douceur. Déjà.

Je suis rentrée à l'intérieur. J'ai mis dans le lecteur un de mes films préférés, ce genre de film doudou parce qu'il nous rappelle de beaux souvenirs, et qu'on se sent bien rien qu'en le mettant en fond sonore.

Et puis. Couper en dés, entendre l'huile sur le feu qui commence à crépiter, ce son si distinct qu'on entend par dessus les répliques du film qu'on connaît par cœur. Et alors, faire glisser les dés de légumes, blancs, rouges, de toutes les couleurs, dans la poêle. Pendant ce temps, plonger les mains dans une pâte. Farine, beurre, lait. Allumer le four avec un peu de farine sur les doigts, râler un peu parce qu'on en met partout. Sortir la poêle du feu, remuer les légumes. Et ça crépite, ça crépite.

Revenir dans la pâte. Et cette odeur de cannelle qui se répand tout à coup... C'était une belle journée.

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