Ca commence comme un rêve

aile68

Ca commence comme un rêve d'enfant. On se dit que c'est le printemps. Des jouets et des peluches jonchent le sol d'une chambre. Un bataillon de soldats de plomb est prêt pour la guerre. Dehors des manèges tournent à vide, même pas un enfant, une maman émerveillée. D'un carousel s'échappe une musique tremblottant comme un vieux disque d'antan.  J'ai l'impression de sentir le parfum sucré des pommes d'amour et des barbes à papa. Un peu inquiet, la fleur au fusil, je marche dans le village désert. Un petit garçon me regarde de la fenêtre d'une maison cossue, j'ai l'impression qu'il me sourit, en fait son regard se dirige derrière. Je me retourne, que vois-je? Une petite fille qui sort du carrousel. Elle a un foulard dans les cheveux, et un vieux tablier troué.

Qui est donc cette personne? Sans savoir pourquoi je tourne mon regard vers le petit garçon, il a disparu, à la place, un rideau de fleurs. Sans grande surprise, je le vois apparaître. Quoi? Il est en larme! Mais pourquoi pleure-t-il? Il se dfirige vers la petite fille, la prend maladroitement dans ses bras et lui donne un baiser sur la joue. Aussitôt, la petite fille se retrouve en belle robe, blanche,  avec des rubans, mais, oh! malheur elle a une tache rouge à la gorge.

"j'ai tout vu!!" lui crie le garçon, outrée. C'est les soldats de plombs qui t'ont fait ça. Ils ont fait fuir tout le monde. Les soldats en question ont maintenant le genou plié sur le sol poussiéreux, ils sont en joue. Eh moi qui n'ai qu'une fleur au fusil! Vite! Les enfants et moi nous nous replions vers le grand carousel et nous cachons derrière un grand carosse doré.  Les soldats nous visent, tirent, leurs maudites balles touchent un cheval qui s'effondre. Surprise effarée, du sang coule de sa hanche blessée! Nous prenons la poudre d'escampette, et nous nous cachons dans une baraque. Le parfum sucré des pommes d'amour et des barbes à papa provenait de là.

"Qu'allons-nous faire?" me demandent les enfants inquiets.

- Nous allons restés ici, le temps que les soldats s'en aillent.

Et nous attendons patiemment, longtemps, si longtemps que nous nous endormons dans le parfum sucré de notre enfance.

Ca commence par un rêve d'enfant. On se dit que c'est le printemps. Les soldats de plomb ont rejoint ma chambre d'enfant et dorment maintenant dans leur boîte en carton.  C'est là que je me réveille dans mon lit transformé en champ de bataille. Au sol, deux poupées de cire, une fille et un garçon. Ma soeur fait irruption dans ma chambre et s'en empare brutalement. " Je les ai cherchées toute la nuit!" me reproche-t-elle. Vois où je les trouve! Jetées par terre!

-Prends-les tes poupées! je lui crie.

Ma soeur s'exécute et dit étonnée:" Tiens! C'est drôle elles sentent la pomme d'amour et la barbe à papa.".

Je sors de mon lit et dit: "Viens aujourd'hui c'est jour de foire. On va enfermer les soldats de plomb dans leur boîte et on fera du manège toute la journée, toi dans le beau carosse, et moi sur le beau cheval intrépide.".

  

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