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Episode 1 – Dimanche 9 juillet 1995.

Penchée au-dessus du siège bébé, Julie installait son petit garçon à l’arrière de la voiture, en guettant l’arrivée de son mari. Le bébé gazouillait doucement tandis que ses petites mains attrapaient les longs cheveux de sa mère. Un léger vent faisait frissonner les feuilles des arbres de leur jardin. Il faisait encore frais ce matin, mais on savait que la chaleur allait vite monter dans la journée. Charlotte, la grande sœur, habillée d’un short en jean et d’un t-shirt blanc, se tenait debout contre la portière avant et lisait une BD, en attendant l’apparition de son père, ce qui signifierait qu’il faudrait monter dans la voiture.
­­- Allez ! On monte dans la voiture ! lança Julie. Charlotte, s’il te plaît ! Papa arrive tout de suite, on va partir.
­­- Oui Maman… dit-elle un peu étonnée, parce que son père n’était pas encore là.
- Tu as pris une bouteille d’eau ?
- Oui Maman !!!
Charlotte monta à l’avant de la voiture, et se mit aussitôt à faire l’inventaire des affaires qu’elle avait mis dans son petit sac à dos : quelques biscuits, un lecteur de CD, une brosse à cheveux…
Laurent apparût une minute après, un peu essoufflé. Il rejoignit sa femme restée debout près de la voiture. 
- Et voila ! On y va ! Ça va ma chérie ? demanda-t-il.
- Ben oui… Alors, pour Lamarque ?...
- On pourra le faire, si tu es toujours d’accord…
- Ben oui, si tu veux, répondit-elle, pas vraiment convaincue. En tout cas il faut qu’on se décide une bonne fois pour toutes ! Tu es sûr qu’il ne va pas en faire toute une histoire ?
- Mais non, ne t’inquiète pas… Il est con mais quand même… De toute façon il mérite bien ça. Si il n’avait pas fait fermer l’atelier pour des conneries, je n’aurais pas galéré comme ça ces dernières années !
- Oui je sais… mais bon, on ne va pas se plaindre, tout va bien maintenant.

La famille Vanoux monta dans la voiture et partit vers le sud-est, sur cette A666 qui les avait si souvent emmenés en vacances. Leur destination était le village de Sarga, dans les Alpes, où les parents de Julie avaient loué un chalet. La gentille ambiance de la route se mit en place. Laurent avait mis Radio One, sa station préférée en voiture. Le bébé s’endormait tranquillement, bercé par le ronronnement de la voiture et la voix somnifère de l’animatrice de la radio. Julie paraissait songeuse. Elle se tordait un peu sur la banquette arrière pour regarder la route, regrettant d’avoir laissé à sa fille la place à l’avant. Charlotte fouinait encore dans son sac, à la recherche de son lecteur de CD. Elle tourna la tête vers son père.
- Papa, on arrivera vers quelle heure chez Mamie et Papi ?
- Euh ben non, on arrivera seulement demain, tu sais on s’arrêtera en route aujourd’hui…
- Ah bon ? Mais d’habitude ça ne prend qu’une journée pour aller là-bas ?!
- On va s’arrêter sur la route, répondit Julie. Papa voudrait voir son ami Philippe, tu sais, à Saint-Clair, là où habitait Papa quand il était jeune. Et puis…
Laurent sourit.
- Je ne suis plus jeune ? 
- Enfin… quand tu étais très jeune, reprit Julie. On dormira une nuit là-bas, à l’hôtel. Ça te plairait, Charlotte ?
- C’est où ?
- C’est près d’Annonay. Tu verras, ça sera sympa. Et puis avant, Papa va faire une blague à un ami… Laurent, tu n’as pas dit à Charlotte… ton projet ?...
- Si si… tu sais, Charlotte, je t’ai dit que j’allais me cacher un peu pour faire croire à un ancien... à quelqu’un que je connaissais, que j’aurais disparu…
- Ah oui ? Mais c’est bizarre quand même ton idée ! Répondit Charlotte. Mais tu vas le faire quand ?
- A la prochaine station d’autoroute. Non, mais c’est juste pour rigoler… Je me cacherai dans le coffre de la voiture, et puis Maman appellera la police, monsieur Lamarque viendra… C’est lui que je connaissais avant. Tu verras c’est un monsieur avec une grosse barbe…
La circulation était assez fluide. Quelques gros nuages blancs se promenaient dans un ciel bleu magnifique. Laurent finissait ses explications... Charlotte, avec son casque sur la tête, pensait aux amis qu’elle avait rencontrés l’été précédent ; les retrouvera-t-elle cette année ? Julie était un peu inquiète à cause de l’idée de son mari de retourner dans cette ville où il avait eu quelques problèmes avec la police de la région, quelques années auparavant. Laurent avait été soupçonné d’avoir volé du matériel, quand il avait créé son atelier d’architecture. Cela n’avait pas été si grave, il avait d’ailleurs été blanchi, mais cela avait entrainé la clôture de l’entreprise qu’il venait à peine de créer. Visiblement Lamarque en voulait personnellement à Laurent. Julie savait que Laurent avait gardé une sorte de gêne par rapport à ce qui s’était passé. Elle le regarda concentré et souriant au volant de leur voiture monospace presque encore neuve.

Plus tard, après avoir passé la sortie de Vienne, ils s’arrêtèrent pour pique-niquer sur l’aire de Saint-Rambert-d’Albon, située près d’Annonay. Ils déjeunèrent, presque silencieusement, assis sur le plaid qui leur servait aussi de nappe, puis ce fut le moment stratégique pour commencer leur plan. Laurent se glissa sous des sacs et des couvertures, dans le coffre de sa voiture, sous les yeux amusés et intrigués de sa fille et de sa femme.
- Allez !... dit-il. A plus tard. Et je compte sur vos talents de comédiennes !
Quelques minutes plus tard, Julie, son bébé dans les bras et sa grande fille à côté d’elle, se dirigea vers la boutique, prête à commencer son jeu. Elle questionna d’abord la caissière, puis une dame qui nettoyait les toilettes, pour savoir si elles avaient vu Laurent… Mais personne ne l’avait remarqué,  « il passe tellement de monde ici ». Charlotte devait cacher son visage devant ces dames, pour qu’elles ne vissent pas le rire qu’elle essayait de leur cacher. Ils croisèrent aussi des gens qui avaient pique-niqué près d’eux, mais personne n’avait vu cet homme « de 39 ans qui porte un jean et un polo rouge ». De retour à la boutique, un homme de la station service, qui avait vu que Julie cherchait quelqu’un, lui proposa d’appeler la police. L’inquiétude, sans doute feinte, commença à se voir sur le visage de Julie. Charlotte ne cachait plus son visage, elle n’avait plus trop envie de rire.

Presqu’une heure après avoir attendu près des machines à café, la police arriva sur place. Cela avait paru très long à Julie, qui avait dû répéter plusieurs fois les « circonstances » de la disparition de son mari, d’abord à cet homme de la station-essence, puis au manager de la boutique. Elle vit deux hommes et une femme, des gendarmes, se diriger vers eux, mais elle ne reconnut pas l’inspecteur Lamarque, que Laurent lui avait montré en photo. Les gendarmes entamèrent rapidement leur série de question. Julie se demandait si Lamarque allait être appelé pour l’enquête ou non ? Si l’enquête était confiée à quelqu’un d’autre, cela compliquerait beaucoup les choses. Après avoir écouté les explications de Julie et entendu quelques personnes du service de la station, les gendarmes procédèrent à la recherche de Laurent, un peu partout sur l’aire : dans les toilettes, sur les parkings, les espaces de service... Julie ne savait si elle devait rester avec eux ou pas, alors elle les suivit, de près ou de loin, et s’asseyait de temps en temps où elle pouvait, car son bébé pesait sur ses bras. Tout le monde autour d’elle semblait content. Les vacances venaient de commencer, il y avait de la joie dans l’air. Mais Julie ne pouvait se laisser aller… Demain elle serait débarrassée de cette corvée. Elle aperçût la femme gendarme qui avait regardé plusieurs fois la voiture de Julie avec insistance. Se doutait-elle de quelque chose ? Allaient-ils fouiller la voiture ? Laurent lui avait assuré que non, mais cela restait pourtant fort possible ! Plus d’une heure s’était déjà écoulée depuis l’arrivée des gendarmes, et Julie commençait à fatiguer de tenir son rôle de femme inquiète. Les gendarmes lui expliquèrent qu’ils allaient prévenir la police locale qui allait venir tout de suite pour prendre le relais. Les gendarmes n’étaient venus que pour constater la disparition et effectuer quelques recherches de base.

L’inspecteur Lamarque et son adjoint arrivèrent quelques minutes plus tard. Julie le reconnut tout de suite, même s’il ne portait plus la barbe qu’il avait sur la photo. Elle fut soulagée de le voir. Il questionna à son tour Julie… et lui demanda aussi une photo de Laurent, mais elle n’en avait pas sur elle. Quand l’inspecteur demanda le nom de Laurent, et les papiers de Julie, il ne montra aucun signe de surprise. Julie, elle, était surprise ! Lamarque connaissait bien Laurent et aurait dû réagir en apprenant que c’était lui qui avait disparu ! Une tension monta vite entre Julie et l’inspecteur ; Julie était lasse de devoir répondre aux questions des inspecteurs. Charlotte semblait fatiguée, et n’osait pas répondre aux questions des policiers. Julie essayait de rassurer sa fille, par de brefs coups d’œil complices. Les questions de la police se faisaient de plus en plus pressantes. Julie commençait à s’énerver. Elle pensait à ses enfants qui se retrouvaient entraînés dans cette histoire. Devant la police, elle devait se montrer troublée et inquiète de la disparition de son mari, alors qu’elle était surtout agacée par cet inspecteur et en colère contre son mari ! Elle eût même envie de dire la vérité à Lamarque, mais elle se ravisa. Croyait-elle que son mari aurait pu partir de son plein gré ? lui demandait la police. Etaient-ils en conflit, elle et son mari ? Y avait-il des personnes qui lui en voulaient ? Et qui auraient pu l’enlever ? Mais non ! Non ! Pas du tout ! pensait Julie. Son mari devait être en train de ricaner dans la voiture ! Ou peut-être de dormir, même… Non, peut-être pas avec la chaleur… Elle se demanda subitement s’il avait assez d’air et ne souffrait pas de la chaleur. L’inspecteur Lamarque vit que Julie était de plus en plus nerveuse et lui proposa de prendre une chambre d’hôtel dans la région. Il lui conseilla l’hôtel du Mont d’Or, mais Julie savait déjà dans quel hôtel elle descendrait. Elle se sentit soulagée, cela voulait dire que l’entretien finissait et que toute la famille allait pouvoir se retrouver ! Julie tendit la main à l’inspecteur.
- Vous avez mon numéro de téléphone et j’ai le vôtre, dit-elle. On se contacte quand… si il y a du nouveau ?
- Oui, c’est ça… Vous savez, je pensais… Vous me disiez que votre mari n’avait que des amis… Il se trouve peut-être parmi eux quelqu’un qui serait au courant de quelque chose, pour votre mari…
Julie fût embarrassée d’avoir à appeler quelqu’un devant le policier. Elle s’écarta un peu de l’inspecteur et décida d’appeler un certain Max, qui était quelqu’un d’assez bizarre en général, ce qui lui faciliterait les choses… L’ami Max marqua un silence étrange lorsque Julie lui apprît l’événement. Il resta flou quand Julie lui demanda s’il n’avait pas une idée de ce qui se passait. Il lui dit simplement : « on se tient au courant, ne t’inquiète pas ».
- Merci Max, merci. Elle raccrocha son téléphone portable et se tourna vers l’inspecteur :
- Non, il ne sait rien… J’ai appelé un de ces meilleurs amis, Max Poudrat. Je vais réfléchir, pour le moment ça m’embête beaucoup d’appeler ses amis. Laurent va revenir vite, j’espère !
- Allez vous reposer, Madame Vanoux. Et appelez-moi  pour me dire dans quel hôtel vous êtes. Vous êtes sûre que vous ne voulez pas rencontrer notre médecin ?
- Non, merci… ça va aller, je crois qu’il va revenir et nous expliquer ce qu’il s’est passé !
- Bon… Vous allez suivre la voiture de mon assistant jusqu’à la sortie de l’autoroute. A plus tard Madame.
- Merci monsieur, je compte sur vous ! A plus tard !
Julie se dirigea vers la voiture, le bébé toujours dans les bras, qui commençait à s’agiter. Ça sera bientôt l’heure de lui donner son biberon.
- Bon, allez… On va y aller… Charlotte, quand on sera dans la voiture, ne te retourne surtout pas vers le coffre. Sinon ils risquent de deviner que Papa est là.
- Oui, d’accord…
Cette première rencontre avait été éprouvante pour Julie et sa fille. Julie n’aurait pas pensé que cela aurait été aussi intense. Elle essayait de prendre un peu de recul, mais ce n’était pas facile. Elle se tourna vers sa fille :
- Dès que l’on pourra, on s’arrêtera quelque part pour discuter avec Papa, d’accord ? Ce soir il dormira dans son ancien atelier, et demain on racontera toute l’histoire à l’inspecteur Lamarque et on partira à Sarga. Mamie sera contente de nous voir !
Julie, les larmes aux yeux, essayait de cacher son émotion à Charlotte. L’assistant de Lamarque était déjà dans sa voiture et les suivait lentement, à distance. En ouvrant la voiture, Julie fût rassurée de constater qu’une fenêtre avait été laissée entre-ouverte. Elle installa le bébé qui commençait maintenant à crier.
- Charlotte, monte derrière pour t’occuper de ton frère s’il te plaît.
Charlotte obéit sans dire un mot.
- Laurent, ça va ? demanda Julie en s’installant au volant, sans se retourner.
Un « oui » faible et lointain se fit entendre.
- Tu peux parler, reprit Julie. Je dois juste suivre la voiture de l’assistant de Lamarque jusqu’à la sortie de l’autoroute. On dirait qu’il a peur que je continue la route des vacances !
- Ça va ? demanda Laurent ? Comment ça s’est passé ?
- Je te raconterai, c’était chaud ! J’ai hâte que ça se termine cette histoire. Ils m’ont posé plein de questions, c’était horrible.
- Ah oui, mais vous avez bien joué le jeu ? Qu’est-ce qu’il a dit quand tu lui as dit mon nom ?
- Rien ! Il est resté sans réaction.
Charlotte essaya de consoler le bébé qui criait de plus en plus fort. Elle lui donna une tétine, mais le bébé n’était pas intéressé. Il voulait manger !
- Tu es sûr que c’était Lamarque, avec son horrible barbe ? continua Laurent.
- Oui je pense ! Il n’avait pas de barbe, mais je l’ai bien reconnu !
- C’est bizarre qu’il n’ait rien dit de spécial, ça aurait dû lui rappeler des choses quand même…
- Bon écoute, Laurent ! Je vais me concentrer sur la route, on en reparle tout à l’heure.
- Ok…

Julie suivit la voiture blanche et sale du policier. Ils sortirent de l’aire et s’élancèrent sur l’autoroute. Elle espérait que le policier les laisserait dès qu’ils auraient quitté l’autoroute. Seuls les bruits du moteur et du vent se faisaient entendre. Le bébé s’était endormi. Charlotte regardait tristement les arbres et les voitures passer, sa tête posée sur sa main…
Julie se calma un peu. Conduire lui fît du bien. Elle se remémora ce qui s’était passé ces dernières heures, et remarqua que leur plan avait quand même marché… Il faudra juste tenir le coup ce soir, surtout si une nouvelle rencontre avec Lamarque aurait lieu, et demain ils révéleront la vérité à l’inspecteur. Comment allait-il réagir ? Peut-être ne sera-t-il pas aussi indulgent que Laurent le disait…

Il ne restait plus que quelques kilomètres maintenant. La sortie était en vue. En arrivant au péage de sortie, Julie vit que la voiture blanche se gara sur le côté. Elle passa à côté, et regarda le policier lui faire un petit signe. Ils sortaient enfin de cette autoroute ! Elle regarda dans son rétroviseur : le policier faisait demi-tour et repartait sur l’autoroute, sans doute pour rejoindre Lamarque.
- Ouf ! Lâcha Julie. Laurent, on sort de l’autoroute. Je m’arrêterai dès que je vois un petit chemin tranquille sur la route, on pourra souffler un peu.
- Oui, répondit Laurent du fond de sa grotte improvisée. Je meurs de chaud là-dedans !
La route était jolie, bordée de bois et de collines. On ouvrit les fenêtres de la voiture. Un air doux pénétra dans la voiture, rempli de bonnes odeurs de la nature. Quelques minutes plus tard, Julie aperçut un petit chemin de terre et tourna dessus. Il était bordé de buissons et menait à un charmant pré, un pré en pente douce, en bas duquel coulait une rivière. Le bébé se réveillait déjà et gesticulait dans tous les sens. Elle arrêta la voiture.
- Voila !
Charlotte sortit la première, et fit le tour de la voiture pour prendre son petit frère dans ses bras.
- Je peux lui donner son biberon Maman ? Il a faim, là !
- Oui, merci Charlotte. Il est dans le sac bleu… Je vais t’ouvrir, Laurent.
Charlotte s’installa sur le bord du siège avant, porte grande ouverte, et entreprit de nourrir son frère.
- Tu es sûre que l’on ne peut pas nous voir ? demanda Laurent à sa femme, tout en essayant de se dégager d’un gros sac qui retenait sa jambe. Il n’y avait pas de voiture qui nous suivait sur la route ?
- Mais non ! Tout va bien ! dit-elle un peu sèchement. Tu sais, apparemment, ne le prends pas mal, mais ta pseudo-disparition n’intéresse personne, même pas ton inspecteur Lamarque !
- Ah ?!... Tant mieux ! Ou tant pis… dit Laurent en sortant enfin du coffre.
Il fit quelques pas pour se dégourdir les jambes, et s’arrêta soudainement, la tête tournée vers la route qu’on apercevait au bout du chemin.
- Merde ! Qu’est ce que c’est ? Il y a une voiture qui s’est arrêtée juste à l’entrée du chemin… je ne comprends pas ce qu’elle fait…
- Quoi ?... demanda Julie qui regarda à son tour dans la même direction. Bon attends, c’est une voiture qui s’arrête, c’est tout.
- Elle fait demi-tour, commenta Laurent.
Au bout du chemin, une grosse voiture verte comme pomme tourna et repartit sur la route.
- Voila, c’est rien !
- Bon, on ne va pas rester longtemps ici. Charlotte, dès que tu as fini, on repart. Se tournant vers sa femme, il dit :
- Tu me déposeras à l’atelier et vous irez chez Jane, aux Trois Pins, d’accord ?
- C’est d’accord… Je suis épuisée… Vivement qu’on se repose ce soir, et surtout qu’on règle cette histoire,  et que commencent vraiment nos vacances !
- Je suis désolé Julie… ça va aller ?...

En fin d’après-midi, ils arrivèrent enfin dans la ville d’Annonay qui fêtait l’été ! Comédiens, musiciens, peintres, tous les habitants de la ville et les touristes étaient dans la rue ! Dans le centre, où la cachette de Laurent se trouvait, la circulation était difficile, tellement il y avait de piétons ! Julie se retrouva plusieurs fois bloquée quelques minutes, sans pouvoir faire autre chose qu’attendre que les passants soient un peu moins nombreux pour avancer. Certains interpellaient Julie ou Charlotte, les invitant à venir danser ou boire un verre. L’un d’entre eu essaya même d’ouvrir la porte.
- Charlotte ! cria Julie, remonte ta fenêtre tout de suite, et je vais bloquer les portes ! Ils font n’importe quoi !
Ils arrivèrent enfin à l’ancien atelier de Laurent, qui donnait sur une petite place où était installée une scène sur laquelle des musiciens faisaient leurs derniers réglages de sonorisation. Les gens se pressaient tout autour et attendaient le début du concert.
- Laurent, on y est, je vais m’arrêter là, le temps que tu descendes. Tu m’appelleras à l’hôtel ?
- Oui, je t’appellerai tout à l’heure. Tant mieux si il y a du monde, dit Laurent, on fera moins attention à moi quand je sortirai du coffre !
Le téléphone portable de Julie se mit à sonner. C’était l’inspecteur Lamarque. Julie décida de laisser sonner et de le rappeler plus tard.
- Charlotte, je vais ouvrir à ton père et on repart tout de suite.
Julie sortit de la voiture, assaillie par le tumulte des gens et par des fumées de grillades, et se dirigea vers l’arrière de la voiture.
Elle vit que Charlotte sortait de la voiture et se rapprochait de la scène.
- Charlotte ! Remonte dans la voiture ! On reviendra tout à l’heure !
Elle ouvrit le coffre à Laurent qui réussit à s’extirper des bagages. Sur la scène, le groupe commença son premier morceau. Charlotte avait jeté un coup d’œil vers sa mère, et parlait maintenant avec un homme qui la faisait rire.
- Charlotte ! cria Julie.
- Allez, j’y vais, dit Laurent.
- Charlotte !
Elle tourna la tête et aperçut une voiture vert pomme garée juste à côté d’eux. Laurent disparut vite dans la foule. Mais Charlotte aussi. Julie continua de crier encore quelques minutes en sautant le plus haut qu’elle pût pour essayer de repérer sa fille, mais il y avait trop de monde. Dans la voiture, le bébé dormait. Julie crut qu’elle allait tomber.

Episode / Jour 1

Laurent, Julie et leurs 2 enfants, partent en vacances à la montagne. Laurent projette toutefois de s’arrêter en chemin près de sa ville natale, sur une aire d’autoroute : il va « piéger » une ancienne connaissance, un inspecteur de police, en mettant en scène sa propre disparition… Mais plus tard c’est un autre membre de la famille qui va vraiment disparaître…

Episode / Jour 2

Julie retrouve Charlotte qui ne veut pas dire où elle se trouvait depuis la veille. Elle a rendez-vous le soir avec l’inspecteur Lamarque, mais celui-ci est absent. Elle est reçue par son assistant, Ducros, qui la déstabilise par ses questions hors de propos. Elle ne peut lui révéler la vérité et doit continuer de feindre la disparition de Laurent.

Episode / Jour 3

Lamarque est injoignable. Ses collègues disent qu’il a quitté la région pour une autre affaire… Le couple est embarrassé, car seul Lamarque pourrait être assez compréhensif et classer simplement l’affaire. De sa cachette, Laurent aperçoit des hommes qui rôdent dans la rue…

Episode / Jour 4

Julie se rend discrètement dans l’ancien atelier de Laurent. Lasse, et inquiète des suites de leur stratagème pour se venger de Lamarque, elle essaie de convaincre son mari de révéler la vérité à l’assistant de l’inspecteur.

Episode / Jour 5

Dans le salon de l’hôtel, Charlotte fait la rencontre d’une femme qui connaissait bien son père, il y a de nombreuses années. Cette femme lui apprend que Lamarque et son père étaient de très bons amis…

Episode / Jour 6

L’assistant de Lamarque reprend la conduite de l’enquête, mais il semble surtout intéressé par les charmes de Julie… Julie et Laurent voudraient maintenant quitter Annonay, mais Ducros refuse qu’elle quitte la ville. Seuls ses enfants seraient autorisés à partir, mais Julie ne peut se résoudre à demander de l’aide à ses parents…

Episode / Jour 7

L’isolement de Laurent commence à jouer sur ses nerfs. Julie et lui se disputent. Elle lui reproche d’être la cause de cette situation en ayant voulu se venger de Lamarque. Laurent projette de sortir de sa cache et d’essayer de retrouver l’inspecteur. Ils ont besoin de lui pour sortir de cette situation...

Episode / Jour 8

Julie essaie de faire passer le temps de façon agréable pour ses enfants, mais cela devient de plus en plus difficile. Elle décide d’informer Ducros de toute l’histoire. L’assistant et Julie se rendent dans la cachette de Laurent, mais ils trouvent l’endroit vide. Il ne reste aucune trace de la présence de Laurent.

Episode / Jour 9

Julie est désespérée. Elle n’a aucune nouvelle de Laurent, il ne répond pas au téléphone et leur amie commune n’a aucune nouvelle non plus. Elle contacte ses parents pour leur raconter ce qu’il se passe et leur demande de venir chercher ses enfants.

Episode / Jour 10

Lamarque se présente à l’hôtel où Julie s’est installée, accompagné de Laurent qui est menotté. L’inspecteur ne croit pas un mot de leur histoire. Il dit que Laurent a monté tout ce plan dans le seul but de retrouver leur ancienne amie commune. Mais il sait très bien qu’elle est morte depuis longtemps…

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