Chacun ses goûts, chacun ses égoûts

Robert Brault

(Texte que a pour lieu les égoûts de Paris)

Chacun ses goûts, chacun ses égoûts.

Comme le roi Soleil dans sa galerie des glaces,

Le rat sommeille dans sa galerie dégueulasse.

Là c’est notre vie, notre royaume

Pas celui des rois, ni des hommes

Je suis rat, rat d’égoût

Et j’inspire le dégoût…

mais aussi tout ce que le monde du dessus

déverse dans mes fleuves et mes rues.

Dans ce monde du dessous,

Les plus forts, c’est bien nous,

Nous, c’est les rats des villes

Loin des vils scélérats, eux « des anges » nous « devil »

Je les entends caresser le plancher tout en haut

(Moi, c’est tout en bas que je prends l’apéro)

Et mes cousines de l’Opéra

Regardent comme moi la scène, oui, la Seine qui leur tend les bras.

Venez donc dans mon univers

De misère et de mystère

A 100 lieues des caprices de Miss Terre

Des humains qui respirent un drôle d’air

D’ailleurs, vivre au grand air, parlons-en

Trop de malheur dedans !

Vivre au grand jour

Pas assez de place pour l’amour !

Ici on peut chanter, danser, rêver

nager, manger, déshumaniser

Alors pourquoi donc voulez-vous

que je quitte mes chers égoûts ?

Chacun ses goûts…

Chacun ses égoûts.

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