Chagrin d'automne

plumedesang

Poème sur la nature et la mythologie grecque. Tableau réalisé par Frederic Leighton.

L'automne charrie des mots,

Sur une beauté appelée Perséphone.

Le silence de la faune,

Comme un écho à ses maux,


Pleure sa solitude.

La nature en deuil

Et le vent rude,

Me murmurent à l'oreille, comme un recueil,


Le conte de son histoire,

Ainsi que ceux d'Hadès et de Déméter.

Charmé par les secrets que me livrent ces vers,

Leurs paroles, avidement, je souhaite boire.


Car ainsi sont nés l'automne et l'hiver,

D'une femme condamnée aux Enfers,

D'être la souveraine.

Pauvre âme en peine,


Arrachée à sa mère,

Par le roi du monde souterrain,

Qui au lieu de la séduire en vain,

L'entraina dans les entrailles de la terre,


Par une belle journée ensoleillée,

Alors, qu'avec ses amies, elle batifolait.

Hadès la vit, il s'en éprit.

Un narcisse elle cueillit


Et sous ses pieds le sol s'ouvra.

En sortit le Dieu sur son char,

Conduit par des chevaux noirs

Et la belle, il enleva.


Déméter, folle d'inquiétude,

De ne point voir revenir sa fille,

Abandonna sa faucille,

Et quitta l'altitude


Du mont Olympe,

A la recherche de sa chair,

Car même le Dieu des éclairs,

Roi suprême de l'Olympe,


De ne pas vouloir contrarier son frère,

N'avait osé dire à la pauvre mère,

L'effroyable vérité,

Quant au nom de l'heureux marié.


La terrible absence,

De la déesse des moissons,

Rendit la terre rance,

Ainsi naquirent les saisons.


Car à Déméter fut révélé,

L'endroit où sa fille se trouvait.

Et Hadès, rusé,

Trois grains de grenade, à sa belle fit manger.


Or, qui goûte la nourriture des Enfers,

Plus jamais le soleil ne peut revoir.

Folle de désespoir,

Déméter supplia Zeus d'appliquer sa justice de fer.


Ainsi Perséphone passerait trois mois sous terre,

Et le reste du temps, vivrait à la lumière.

Lorsque sa fille redescend sous terre,

Rongée de chagrin, point de Déméter solaire.

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