Charles

christinej

Défi Jetez l’encre

Je suis l'ombre assis dans le fond de la classe. Vous me mettez à l'écart,  vous desavouez ma nature qui vous déplaît.  Ma peinture n'est pas assez délicate pour vous, trop friable, minable, éjectable sous vos injures froides.



Je vous maudis.



Le radiateur est le seul point de  chaleur qui me reste. Reste, ne bouge pas, regarde en bas, plus bas, si bas, las,  tas de miettes, tas de mauviettes.



Je vous exècre. 



Je ne sais rien de vous comme vous ne savez rien de moi. Je ne connais que vos mots dévoreurs.  Une encre noire dégouline de votre coeur. Un coeur débordant de rancoeur, écoeurant écoeuré tel un livre mangé par les rats. Troué d'ignorance,  bouffé par l'illusion d'un quelconque pouvoir que vous auriez sur moi. Vous rationnez vos sourires et limitez leur portée tout en les ponctuant de votre mépris. 



C'est moi qui vous méprise. 



Vous me voyez idiot, petit, bancal. 

Cale d'humour que vous vous coincez dans les zygomatiques. 

Vous vous voyez tel un groupe, une bande, une lignée de sang pur.  La secte Epicure égoïste,  égocentrique, cannibale de son propre plaisir.Vous êtes une piqûre de rappel de la froideur du monde, de son goût douteux, ouateux,  comateux, injurieux, injuste, injustifié.

Mis à mal, mis à part, mis à mort, mis à prix de ma tête dont vous riez, jetant des maux sourds, des mots creux et comme des grands seigneurs vous me couronnez fou.



Mais le fou vous condamne. 



Oui vous les saigneurs de mes tympans, mes orbites oculaires sont ensanglantées par vos mots écorcheurs,  dévoreurs, vos insultes sont comme des armes d'attaque pour trouillard,  pour lâche. 

Souffleur de désespoir,  vous me soufflez comme une bougie.

Je gis, repose, enterré sous vos horreurs.



J'ose vous cracher à la gueule des mots lourds, si lourds qu'ils emporteront vos âmes dans leur dernière demeure. En enfer, à en faire tellement pour que ma vie soit un calvaire. 



Sur ce cahier de souffrances, je vous jette un sort, une malédiction. 




Je ne suis plus un mirage derrière un écran de fumée.  Je suis un Émir et l'émir rage, peste, éclate,  tempête dans ce désert.  Je suis le Shah de ce trou de poussière et vous des souris en devenir.



Je ferai de vous des ombres dans la colère de ma nuit. 



Je ne suis pas un Charles Perrault pour vous conter des histoires. Ni un Charles De Gaulle pour vous déclarer la guerre. Je ne suis pas non plus un charlatan. Je m'appelle Charles et Charles attend depuis bien trop longtemps. Je suis celui qui est blessé par vos rires moqueurs, qui est sous le jet de vos sarcasmes.

Je me rebelle, me réveille, enfin.



Alors je vous jette un sort, pour vous ouvrir les yeux et le coeur.

Un sort pour que vous voyez vos erreurs, la lourdeur de la douleur que vous répandez autour de vous.

Je vous curse à être meilleur ou tout au moins avoir un coeur pour ceux plus faibles et impressionables que vous.

Et si mes mots ne vous atteignent pas, allez pourrir en enfer.

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