Chuuuuut

regissae

brève sensuelle

 Chacun vaquait à ses occupations diverses avant de se coucher.

Les filles chattaient sur facebook avec leurs amis, Samia rangeait la cuisine, et Mona, la cousine venue de France, tournait un peu en rond, comme une lionne dans sa cage, ne sachant si elle devait donner un coup de main en cuisine, où Samia lui interdisait toute tâche ménagère, ne voulant pas déranger les filles dans l'intimité de leurs relations technologiques, elle décida d'aller souhaiter une bonne nuit à l'hôtesse de la maison, sa tata, habitant l'étage au dessus, de la villa.

Au moment où elle redescendit, pour rejoindre son lit, Farid rentrait de l'extérieur.

Son amour platonique de jeunesse.

Elle s'immobilisa dans l'escalier, le laissa regagner sa chambre, et au moment où il poussa la porte de l'intérieur pour la refermer, Mona dévala silencieusement les dernières marches qui la séparaient de la chambre, posa sa main sur la poignée, poussa la porte et entra.

Farid était là debout devant elle, l'air surpris, ne sachant que penser ou dire, vu sa mine interrogative.

Mona referma la porte le plus doucement possible, sans oublier de tourner la clef dans la serrure. On ne savait pas, n'importe qui pouvait arriver à tout moment, sauf sa femme, en villégiature chez ses parents.

Farid ne disait rien.

Mona lui fit signe de se taire, en posant son index sur ses lèvres.

Son cœur battait à tout rompre. Elle avait tant de fois imaginé ce moment, voulait donner des explications, mais à quoi bon ?

Farid était là à deux pas d'elle. Il la regardait avec un sourire en coin. Commençait-il à comprendre le manège ? Il ne dit mot ni ne bougea.

Mona comprit qu'elle n'aurait que très peu de temps, et que si elle avançait d'un seul pas, elle ne pourrait plus jamais revenir en arrière…

Tout se bousculait dans sa tête. Vingt-trois ans de non dits difficilement expliqués en soixante secondes.

Ils se faisaient face à face. On aurait pu entendre leurs deux cœurs battrent dans un même élan de questionnements en suspend…

Farid avança d'un pas.

Mona senti son cœur défaillir.

Touta sa vie n'avait été que contrôle de soi pour être la personne que l'on attendait d'elle. Elle ne s'était jamais laissée aller au moindre relâchement, quel qu'il soit. Mais là, elle était au bord du gouffre.

Farid leva le pied pour s'approcher plus près.

Mona se retourna, direction la porte, pour sortir, s'enfuir, mais qu'est-ce qui lui avait donc pris ? Elle n'avait rien à faire à cet endroit ! Si les cousines, ou tata arrivaient…

Farid posa sa main sur la sienne, l'empêchant de tourner la clef dans la serrure.

Il était dans son dos, tout contre elle.

Elle pouvait sentir son parfum, mêlé à son odeur naturelle de mâle dans la chaleur de la nuit.

Une main sur la sienne, Farid se mit à lui caresser les cheveux avec l'autre main, tout en serrant Mona contre lui. Il sentit son odeur toute fraîche, puisqu'elle sortait de la douche.

Cela ne dura que deux ou trois secondes, qui leur parurent une éternité.

Farid empoigna Mona par la taille, la retourna vers lui et cette fois ce fut lui qui mit son index sur sa bouche. Ses deux mains commencèrent à lui caresser son visage, dont il se rapprocha pour l'embrasser. Mona ne bougea pas et se laissa faire. Ils étaient l'un contre l'autre et se sentaient près à s'abandonner. Il l'embrassa dans la nuque, et à ce moment précis Mona lâcha prise, et s'abandonna toute entière à son souvenir.

Tout d'un coup, comme des galops dans les escaliers ! Les filles la cherchaient !

-         Mona ! Mona ! Où es-tu ?

Le charme se rompit aussitôt.

Farid lâcha Mona.

Recula vers son lit.

Mona ouvrit la porte.

Les filles étaient chez tata, au dessus.

Elle monta les rejoindre.

Farid suivit pour grignoter quelque chose à la cuisine.

-         Mona ! Où étais-tu ?

-         Farid me montrait des photos de sa femme, réussit à articuler Mona, en espérant ne pas rougir en même temps !

Farid ne prononça pas un mot.

Le lendemain, ils se comportèrent comme si jamais rien ne s'était passé.

Et d'ailleurs que s'était-il passé ? Mona avait l'impression d'avoir tout rêvé…

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