Collectif

kelen

Arrêtez de coller vos noms sur nos rues
On est en train de décoller l'iris de nos paupières
Le peuple retrouve la vue
Et verse sur ses plaies de l'éther
A terre mais encore plus déter et à cran
Au creux de nos artères, on déloge vos balles à blanc
Vous nous avez éclatés avec vos armes léthales
Mais les temps changent et votre verve s'étiole, s'affame
Touchés mais pas tâchés,
On couche les mots sans complexe
Les coups seront portés
Avec force et maladresse
Vous pensiez la population anesthésiée,
Lestée aux neuroleptiques
Acculée par les huissiers
Mais c'est vous les handicapés, les laissés-pour-compte de la politique

Combien d'vies déchues sur votre conscience ?
Combien d'vécus écorchés par votre incompétence ?
Combien d'volontés mises à terre ?
Victimes collatérales de vos appétits grégaires ?
Nos quartiers damnés ont décalqués leurs poumons sur l'asphalte
Asphyxiés, ils s'exécutent, et sortent leurs colts, leurs schlass
Comme des condamnés à crever, ils écrivent leurs épitaphes
Montent le volume en vomissant leur dernière taffe
Eux, disent qu'ils dérapent, 
D'autres qu'ils se dérobent
S'ils laissent une traînée d'huile sur des cadavres
C'est parce qu'ils ont déjà un pied dans la tombe
Quand la mairie pousse au crime
On voit les voitures qui crament
A force de voir leur vie en sursis
Ils attisent sciemment les flammes

Y'a toi là-bas le sans-voix, celui qui regarde comme ça
Dans le vide, dans le souvenir du combat
Tout semble se distendre
Tes mains, tes envies et ces décors qui se fendent
Les murs ne tiennent plus, ils s'effritent
Comme cette génération qui s'délite
Ce poids est sur toutes nos épaules
Accable nos sourires, nos voix,
Symptôme d'une époque sous monopole
On avale du spasfon, 
Comme on avale vos couleuvres
Habitués à gober du poison, 
On digère vos manœuvres
Mais ni aveugles, ni esclaves
On n'oublie rien dans nos enclaves. 
Vous les prêcheurs, pêcheurs de voix
Vous n'êtes rien sans notre poids.

Alors prenez donc conscience
Que nos poings sont tétanisés
Et que par pure inconscience
On pourrait un jour vous heurter.
On pourrait vous voler votre jouet
Pour en faire l'arme capable de vous éjecter.
Pour vous rien n'est acquis, 
Car nous devenons acteurs de nos affaires
Tout est à faire c'est un fait, c'est dit
Mais on n'est pas qu'un collectif,
On est avant tout des frères.

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