Confession

nelopee

Les mots, d'habitude, je les déroule sur le papier. Je peux les manier à l'envie. Pour exprimer mes émotions à l'oral, je n'arrive pas à être spontanée. Lorsque j'essaie de l'être, je bafouille, j'oublie ce que je veux dire, j'énonce des phrases qui n'ont pas de sens, et ce sont les mauvais mots qui sortent au mauvais moment. Surtout, je me laisse déborder par mes émotions. Je n'arrive pas à les gérer autrement qu'en les refoulant, jusqu'à ce qu'elles franchissent ma muraille intérieure et se déversent par vagues sans que je puisse les arrêter. Je ne sais pas d'où viennent ces émotions, qu'est-ce qui les déclenche exactement. Je pleure. Je m'énerve. J'ai toujours été comme ça. J'ai tout de même des indices sur leur source : les moqueries cruelles et répétées, la dépression de ma mère, l'indifférence de mon père, l'indifférence de tous les autres garçons que j'ai aimé dans ma vie, la solitude, les incompréhensions et le manque de communication, les erreurs que j'ai commises… Mes pires blessures et mes pires hontes. L'impression de toujours devoir porter un masque, cacher ses failles et ses contradictions pour être respectée, appréciée. Un manque de confiance en soi énorme, une apparence physique longtemps dénigrée. Une volonté de toujours plaire aux autres, quitte à s'oublier soi-même. Une peur maladive de l'échec, la nécessité d'une validation extérieure constante pour être heureuse.

Si tu m'avais vue il y a plusieurs années en arrière, je pense que tu ne m'aurais pas reconnue. Dieu merci j'ai grandi, et j'ai accepté petit à petit ce qui faisait qui j'étais réellement : mes qualités et mes défauts, ce que j'aime et ce que je n'aime pas. Cela reste un travail qui ne se termine jamais vraiment. Je le ressens encore plus maintenant : j'ai l'impression de passer un cap. Je laisse derrière moi ma personnalité d'étudiante pour entrer dans l'âge adulte avec de nouvelles ambitions. C'est un cycle neuf qui s'ouvre devant moi, et qui fait malheureusement ressortir certains points négatifs que j'avais soigneusement évité de traiter ces dernières années en les enterrant notamment à l'aide du THC et des soirées. A présent, j'ai envie d'avancer, autant pour mon bien que pour le bien de notre relation à laquelle je tiens plus que tout. J'ai envie de pouvoir me regarder dans la glace et de me dire que je suis devenue plus forte, solide. Et que je ne puisse plus te blesser à cause de mes maladresses, ma difficulté à m'exprimer de manière saine sans doute liée à des problèmes personnels que je n'avais pu assumer auparavant.

Tu m'as dit une fois que tu avais peur de l'étendue de l'amour que tu ressentais pour moi. Ce dont j'ai peur, moi, c'est de perdre tout ce qu'on aura pu construire ensemble. Pas parce que je doute de ton amour, au contraire. Parce que je suis consciente que plus l'amour est intense, plus les répercussions sont douloureuses à terme. Je n'avais jamais été aussi vulnérable : c'est la première fois que je me sens assez en confiance pour être à 100% intime avec quelqu'un, physiquement bien sûr, mais surtout psychologiquement. Dans ma tête, j'avais déjà donné « tout » mon amour. Je pensais déjà avoir connu un premier amour qui terrasse tout sur son passage. Une tragédie : un amour impossible, séparé par une distance irréconciliable… Au final, la moitié de cette histoire s'écrivait seule dans ma tête comme un scénario de film. C'était une fiction dans mon esprit romantique frustré. Les frissons que j'ai pu ressentir dans le passé n'ont rien à voir avec ce que je vis avec toi aujourd'hui. Lorsque tu me prends dans tes bras, je sens une énergie presque mystique qui nous lie. Tu me comprends mieux que personne. J'ai appris tellement de choses auprès de toi et j'en ai encore tant à apprendre… Je souhaite chérir cet amour que l'on partage encore longtemps. Un amour puissant. Qui se renouvelle chaque jour, encore plus beau que la veille. L'amour éternel.

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