Dancefloor

Cyril Kenel

Une soirée de chiottes, avec de la musique de chiottes. Une heure m'a suffit.

Tout ces gens qui bougent, qui dansent, qui s'éclatent ou tentent de le faire, l'alcool aidant, évidemment.

Ils remuent leurs bras et leurs jambes en rythme avec la musique. C'est plus ou moins réussi.

Je les regarde, accoudé à une table. J'essaie de repérer des femmes potentielles. Puis je me dit, je suis au chômage, sans avenir, qu'est ce que j'ai à offrir à une femme?

Je regarde tout de même une femme, brune, avec un carré et un visage aux traits fins, elle danse avec ses amies, puis elle sort une longue et fine cigarette, c'est tout mon monde qui s'écroule, je n'irai pas la voir.

J'en regarde une autre, âgée, mince jolie, bronzée. Encore un carré brun.

Je ne suis pas d'humeur à sortir. Qu'est ce que je fous ici ?

Je me sens seul.

Je pense à une femme que j'ai aimé. Je ne sais même pas si je l'aime encore.

Je me dis que les histoires d'amour finissent toujours aux chiottes.

Je suis désabusé, je n'y crois plus.

Faire semblant d'être heureux, je ne le ferai pas.

Y'a mille autres endroits où je peux l'être.

Je rentre, je vais écrire quelques lignes.

Ce monde où les rencontres se font rares, faute de temps. Tout le monde court, travaille, consomme. Faut suivre la mode, les bagnoles, les dernières créations industrielles culinaires. Vous connaissez la chanson.

Un dernier mot : bon courage. A moi aussi.

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