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parismrs

On est parti en vacances, prit le large, ouvert les fenêtres de la vieille 205 et laissé l'air nous souffler les cheveux. Rien que ça c'était les vacances, la ville et nos vies qui s'eloignaient. On a roulé un moment, fixé les lumières de la nuit qui brillaient sur le pare- brise, traversé la campagne quand l'aube la faisait rose et silencieuse. On a tiré droit vers la mer, le bleu, l'infini. Étienne et moi, moi et Étienne pour toujours ou du moins pour l'éternité de cet instant. Parfois, il quittait la route des yeux et il me disait "regarde là-bas" et je regardais le soleil s'emmêler dans les feuillages et consteller l'horizon. On avait laissé Paris, notre studio minable, sans fenêtre, juste un hublot, un 15 m2 qu'on remplissait de nous deux pour boucher les trous de nos existences , une seule pièce où la lumière ne descendait jamais, laissé les amis et la famille pour se vider la tête et gonfler nos coeurs. On a franchi la frontière et le mec au péage nous a dit "buongiorno" par-dessus la radio qui grésillait, on a pensé que ça dépaysait vachement, l'accent, les pins et la mer en bas, alors on a continué, pénétré dans l'Italie, abandonné la 205 sur le bord d'un chemin et marché jusqu'à la mer.

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