...Se meurt Cabourg

janteloven-stephane-joye

Regarder le carcan sans vie,

Sans dessin, sans toi qui l'anime

Sans la palettte de ces gris

Que tu sais tourner au sublime

 

Poser mes mains sur le cadre

Comme si j'allais y sentir ta peau

Et faire de ce triste madre

Les écorces emmiellées de ton dos

 

Penser à ses couchers normands

Où le soleil s'échappe au jour

Quand les douceurs tuent les tourments

Sablé au feu se meurt Cabourg

 

Contempler nos photographies

Jusqu'à m'en abîmer la vue

De mes doigts, toucher la folie

D'encore me penser, attendu

 

Et puis relire chaque petit mot

Comme des trésors inavoués

Protéger même celui du frigo

Qui risquerait de s'effacer

 

Croiser les ébauches d'un tableau

Où toujours tes traits se dessinent

Puis les brindilles feutrées cadeaux

Des mains d'Alice, des mains divines

 

Penser à ce fond évidé

Où ne manquera que ta toile

Celle que tu as sans doute jetée

Ou qui s'éteint au fond d'une malle

 

Et te voir me rayer, me bloquer

Comme si je t'avais fait du mal

Me torturer de ces regrets

Parfums d'espérances létales

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