Ecrire

alex-k

         Écrire, c’est témoigner, c’est laisser une trace pour personne ou tout le monde. Pour qui veut.

         Écrire, c’est se remettre en question. Prendre la plume est un geste fou, un acte suicidaire qui mène fatalement vers une mort délicieuse. La mort de ce qui a vécu et ne vit plus que sur le papier.

         Écrire, c’est une coïncidence, un hasard, la vérité d’un seul instant. L’instant présent. Parce que chaque paragraphe est unique. On ne l’écrira pas de la même manière dix minutes, un jour ou trois ans plus tard.

         Écrire, c’est vivre. C’est une douleur et un plaisir intimement liés. L’inspiration est un mystère, un pari sans cesse renouvelé que l’on peut perdre à tout moment. L’angoisse est l’essence de la stimulation. La lutte permanente contre la page qui reste désespérément blanche. La hantise du curseur qui clignote sans courir les lignes, comme une insulte à l’intelligence.

         Écrire, c’est comprendre qu’on est rien, qu’on est tout. Une démarche à la fois humble et terriblement prétentieuse.

         Écrire, c’est guérir de ce dont on ne se sentait pas nécessairement malade. C’est aller mieux ou non. Qu’importe, l’essentiel est d’aller. Même dans le mur s’il le faut.

         Écrire, c’est gueuler sa rage. C’est fouiller au fond du puits sans fond de la colère. C’est laisser transpirer ce qu’on a de plus abject.

         Écrire, c’est ce que j’aime par dessus tout. C’est ce qu’on ne m’enlèvera jamais. Même sans feuille, ni crayon, même à genoux, le cœur exsangue, mon esprit ne cessera pas d’utiliser les mots pour apaiser les miens.

         Écrire, c’est l’anagramme d’écrier et ce n’est certainement pas un hasard...

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