Faits Divers

cerise-david

1ère Participation à la Nuit des Plumivores #14 Thème : Une soirée entre amis autour d'une bouteille de Whisky...

On a 17 piges, on porte des tee-shirts multicolores, on embrasse les filles sur la bouche avant de connaitre leurs prénoms, on sort en bande sur nos vespas vintage, on porte des Levis trop larges et les Ray-Ban de nos grands-pères… On est jeunes, cons.  Mes potes m'appellent Jo, diminutif de Joris. J'habite une banlieue parisienne, peu importe que vous en connaissiez le nom, pour vous elles sont toutes pareilles, et les gens qui y survivent ne méritent pas d'être nommés. Pourtant, je ne suis pas un petit beurre et mes parents travaillent durement pour toucher un SMIC ridicule. L'être humain restera la pire espèce, seuls les plus aguerris d'entre nous parviendront jusqu'aux rives du jardin d'Eden, le reste c'est du flan. Ne vous inquiétez pas pour moi, inscrit dans un lycée privée, ma moyenne oscille entre 17 et 18, je suis « un élève exemplaire à l'avenir plus que prometteur ». Suffit de savoir fermer sa gueule et de bosser dur. Le reste c'est du flan. Les filles, les potes, les soirées c'est rien que du flan. Anecdote.

 

La vie est morne, triste à moins qu'une bande « d'amis » viennent la colorée, la pimentée. Nôtre rencontre n'est que le simple fruit du hasard, le reste c'est moi qui l'ai décidé. C'est aussi moi qui le regretterai ; la pièce centrale du puzzle, Charly. C'est avec elle que tout a commencé, c'est avec elle que tout fini. Charly est une fille aux cheveux courts. Elle est belle, malicieuse, vicieuse. Charly est une jeune femme de tout juste 22 printemps. Charly aime la vie, la vodka, les hommes et parfois les femmes. Charly est un piège ; nous y avons tous mis le pied. Peu importe l'ordre des rencontres, l'essentiel est sans doute la scène finale mais comme toutes les histoires qui ont une fin, celle-ci à un début. Ne vous inquiétez-pas ça ne sera pas long…

 

J'ai commencé la boxe très tôt, disons que c'est mon sauve conduit pour déambuler dans le hall de mon immeuble mal famé, et gérer mon agressivité. Garder le contrôle. Ty' est le fils de l'entraineur, il a 23 ans. On est vite devenu inséparables, et puis, y'a Math, qui organise des « student party », à droite à gauche. 25 ans et le rêve de dominer le monde. Il me fait rire ce mec-là ! Les gens suivent la règle des  « trois T ; trash-tragique-terrible » ! Tout ça, ce n'est que du flan. On existe parce qu'on laisse une trace, parce qu'on crée quelque chose qui marque la foule. Recevoir un prix Nobel de la Paix, vous rend immortel ; le reste c'est du flan. Mais Math est gentil, et avec lui, on entre partout gratuit. Même dans le repère de Fred. Le serveur grande classe, qui t'arrose la gueule toute la soirée parce qu'il se tape sa patronne, soi-disant lesbienne. On était un sacré groupe et on passait pas mal de soirée ensemble, chez Math. C'est durant une de ces soirées que tout commence. Pour se finir une semaine et quelques heures plus tard… Le temps d'un autre verre de Whisky.

 

Début de soirée chez Math, la bande est presque au complet, manque Fred, on le retrouve après. Salon transformé en cendrier géant, troisième verre de Whisky et la porte de la salle de bain qui s'ouvre sur une paire de jambes plus que bandantes, une micro serviette, et des cheveux courts trempés qui perlent sur le sol.

-          Math, tu peux me servir un verre de vodka, je vous rejoins le temps d'enfiler un string et un jean.

-          Oh… reste en string ! a répondu Math.

Et c'est là que Charly lève la tête, et que mes emmerdes commencent. Charly bosse avec Fred pour payer ses études dans la même Fac que Ty' et Math, qui est devenu son colloc'. C'est plus sympa une nana en appart… Charly… Je tombe amoureux de Charly. Vous auriez fait quoi à ma place ? J'ai 17 piges et une nana de 5 ans mon aînée se trimballe à moitié à poil dans l'appart d'un pote. Je suis jeune, con, et je suis amoureux. Ce que je n'avais pas encore compris, c'est que les mecs autour de moi, ne voulaient qu'une chose : la baiser. L'amour c'était pas de leur âge.

Math lance le premier grappin, une longue série suit, tour à tour lancés par nous tous dans l'espoir de l'attraper dans nos filets. C'est là que j'ai pris conscience que j'étais ridicule, un minot, tout juste sorti du bac à sable. On a beaucoup bu ce soir-là, trop de sky, sauf elle. Elle c'était vodka. Et puis, elle a lancé :

-          Si on faisait un pari ? Celui qui couchera avec un max de fille, pourra coucher avec moi !

Tout le monde a acquiescé. Tout le monde, même moi. Elle a dit ça sans ciller, avec un tel regard, elle l'a dit pour nous rendre fou. Cette fille ne joue pas, avec elle il n'y a pas de flan… Le mal a soif d'un règne que même l'être humain ne peut étancher. Ce soir-là, je restais tard au bar de Fred, seul. Avec mon sky. Avance Rapide.

 

 

« Le spectacle devant moi vaut tous les vices du monde. Ce balai de corps semi-inertes était aussi réjouissant qu'explicite. L'alcool est un puits sans fond où le monde entier perd pied. « Vous êtes des animaux, vous allez tous crever. » Et tous les soirs, je vous vois vous agglutiner à cette fontaine de jouvence pour vous abreuver. La seule eau que vous ingurgitez sont les glaçons de vos verres, et ce lorsque vous leurs laissez le temps de fondre… Des litres et des litres, absorbés par des corps qui se touchent, se frôlent, se bousculent et se voilent la face. Et toutes ces marionnettes, que de mes mains de novices, je pourrais contrôler. Offrez-leurs un verre, ils en boiront quatre de plus. Et ainsi de suite… Et mon masque ne laisse rien transparaitre du dégout que j'éprouve pour vos vices, faiblesses, folies. Un sourire sur vos tristes visages même lorsque vous ne tenez plus debout. Je contemple l'inexorable chute vers les abysses. Alors se révèlent, sur un fond sonore assourdissant, toutes les déviances de l'homme. Tout ce qu'il refoule au plus profond de lui-même, et qui explose ! Là, devant moi. J'assiste au retour de l'état primitif de l'être humain. Les comportements sont d'une bestialité effarante. Les hommes sont des animaux. Se reproduire, s'abreuver et se contenter d'un semblant d'autorité. Triste sort que celle de l'espèce humaine. »

C'est durant ces soirées que je compris que la réussite de ce pari futile, ne dépendait que de plusieurs facteurs. Il me fallait une fille, il me fallait de l'alcool, il me fallait multiplier les occasions. Ce soir-là, je compris que je gagnerais. Je compris aussi que quelque chose avait changé. Et que ce changement serait irrémédiable. L'intelligence est le plus doux des fardeaux.

 

Soirée dans le 11ème chez la pimbêche Cécile, le genre à fantasmer mais qui rechigne à se laisser toucher. Elle se la joue Carla bruni. Ce soir, c'est son anniversaire, j'ai pas été invité. Mais c'est une occasion. Avec des filles, et de l'alcool. Equation. Je sonne, elle ouvre et me toise :

-          Qu'est-ce que tu fous là ?

-          C'est moi ton cadeau, souris, t'es plus jolie.

-          Bon, maintenant que t'es là, rentre.

-          Trop aimable, princesse.

C'est blindé de petits puceaux au duvet mal rasé. J'ai un avantage. Ça pue la fille trop fraîche et la vodka pomme. Je prends un verre de sky et improvise un cocktail perso avant de le tendre à mon hôte.

-          C'est quoi ?

-          Une création ; GHB, Vodka, Gin, pomme, ananas et un zeste de grenadine.

Elle rigole et bois cul-sec. Merci à Fred et ses cocktails pour demoiselles. C'est à moi de rire, maintenant… à 4h du mat, tout le monde est défoncé, les derniers survivants gisent épave sur le sol et se noient dans un mélange d'alcool et de vomi. Ma rouquine est vautrée vulgairement dans son canapé en cuir, les cuisses grandes ouvertes. Je m'approche et la saisie à la gorge d'une main tandis que je déboutonne mon 501. Elle ne réagit pas tout de suite, mais lorsque j'entre en elle et commence une longue série de va et vient, elle se débat. Je resserre ma prise et lui ordonne de fermer sa gueule. S'en suit, des larmes et une longue série de plaintes inutiles. J'accélère pour finir par jouir sur sa robe de princesse, me rhabille et me barre de cette soirée bien achevée. Le lendemain, Cécile n'est pas au bahut. Les jours qui suivront non plus. Faits divers.

 

 

Durant les soirées qui suivirent ce pacte avec le diable, mes potes prirent une avance considérable. L'expérience, le charisme, la vie d'étudiant, la liberté, l'appartement, la maturité… la soif de baiser ! Et puis, on avait 1 semaine… et quelques heures. Pourtant, j'en vins à gagner le pari. Toutes mes proies ne furent pas des victimes mais pour chaque expériences y'a un pourcentage de perte. Le tout est de faire en sorte que la conclusion colle avec l'hypothèse de base. Mathématiques.

 

Nous revoilà dans l'appartement. Une nouvelle bouteille de Whisky pour fêter ma victoire. Charly accepte de coucher avec moi, maintenant. Ce petit détail me fait jubiler. J'étais ravi. Je mettais quand même rendu coupable de belles saloperies pour atterrir dans ce lit exigu. Ce fut tellement intense que j'éjaculais rapidement, trop rapidement. Et cette garce ne se gêna pas, ni pour me le dire, ni pour se foutre de ma gueule. Une rage soudaine m'envahit, et la colère me poussa à saisir son cou, si fin, tendu par les éclats de rire qui en sortaient. Alors que mes doigts resserrèrent leurs étreintes, elle commença à crier. Je pense que les mecs n'ont pas tout de suite assimilés ses cris à de l'horreur, je pense que s'ils avaient mieux écoutés, ils auraient pu la sauver. Aucune importance… Charly git morte dans son lit, tant de fois partagé, tant de fois souillé. J'aurais pu l'aimer. Mais on ne pactise pas avec le diable sans perdre son âme. La nuit est finie. Le Whisky n'agit plus. Demain, demain je ferais la une du journal. Les gros titres.

  • Waaaaaah. J'ai pas les mots. T'es parvenue, en deux mots, à me faire chuter dans ta putain de nuit ténébreuse... Et c'est fort. Poignant. C'est avec acidité qu'on regarde ce personnage écoeurant d'humanité toute mondaine, détruire des vies et s'embourber dans un monde où la déraison est loi. Par vagues d'émotions torrentielles, j'ai lu et relu. La colère, la tristesse, pour finir par un je-n'-sais-quoi de... De fascination et de dégout. Bref. Tu l'écris tellement bien, que cette tragédie ne peut être qu'un de mes gros gros coup de coeur ! Merci et Bravo.

    · Ago about 5 years ·
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    mamzelle-plume

    • HAN.... ben merci... ca faisait longtemps qu'on m'avait pas écrit un roman rien que de félicitations... merci Mamzelle... et chut c'est secret...

      · Ago about 5 years ·
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      cerise-david

    • J'suis une tombe.. haha. C'est surtout sincère ! Vraiment, je vais le relire encore..

      · Ago about 5 years ·
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      mamzelle-plume

    • tu vas t'user les yeux... rires.... garde le pour demain !

      · Ago about 5 years ·
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      cerise-david

    • Lorsque le soleil décline, j'ajuste mes lunettes de taupe ! Je me lasse rarement de mes coups de coeurs ;-) Et pour envoyer celui-ci, envoie !

      · Ago about 5 years ·
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      mamzelle-plume

    • Ils ont tous fait des dialogues... tu as participé aussi ?

      · Ago about 5 years ·
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      cerise-david

    • Non, cela fait un moment que je n'y suis pas allée mais j'irais faire un tour demain pour voir justement tout ça, mais franchement c'est top comme participation ! :-)

      · Ago about 5 years ·
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      mamzelle-plume

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