FUGUE...

Christian Le Meur



… Dans l'espace illimité de cet univers en perpétuel renouvellement.


Guidé par une force invisible,

               Je rallie la cohorte des âmes en perdition.

               Par milliers, par millions

                Nous accroissons la densité de cette masse

Qui dérive au gré de son intemporalité.


Obédience aux lois intangibles

          De l'explosion de cette énergie prodigieuse renaîtra la vie.


Hiver:

Prostré,

             J'observe la fuite du temps,

Inventaire de mes souvenirs

Périmés

                           Confus

                                                             Inutiles.

Franchissant le seuil,

Mes amis s'invitent à la fête des retrouvailles

Mais déjà les contours de leurs visages s'estompent

                  Leurs conversations retombent vides de sens

Congédié par l'insipide normalité de cette chambre d'hôpital.


Demain, je ne me réveillerai pas

Crevant seul,

                  L'ombilical relié à cette pompe à morphine

En poussant des «Au secours!!» que personne n'entendra

             Épargné par ce vénérable silence imposé à ma souffrance.


Automne:

Et si j'osais!

M'extraire du brouillard de ce quotidien...

                                               ... Dans lequel je me suis égaré

Et si j'osais!

Briser les chaînes de la servilité

                                              Sertie dès la naissance à mes ailes d'oiseau migrateur.


Et si j'osais

M'élancer dans cet abîme de liberté ,

                                      Qui , avec bienveillance, m'entraînera dans ses courants ascendants.


Alors, d'un regard émerveillé,

             Je contemplerai le sommet des cimes vertigineuses

                      Je franchirai ces frontières devenues inutiles

                   Et je laisserai loin derrière moi l'avidité des hommes.


Eté :

Prendre conscience qu'il existe un absolu que l'on ne peut décrire avec les mots.


                 Je m'abandonne dans le reposoir de ton amour

Par toi guidé

                Je m'engage dans ce chemin de terre, de verdure

                Borné d'horizons, inondé de soleil

                Et débordant de vie.


Printemps:


Les paupières encore closes,

                Le corps en devenir

Je capte et me nourris des vibrations du ventre maternel

              Entamant mon chemin de vie dans cette oasis aux couleurs arc en ciel.


Le soleil écrit dans le ciel une leçon d'humilité.

Il existait un temps,

              Un temps d'avant de naître, où nous n'étions pas.

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