Géométrie

Corinne Pelletier

A tourner en rond une partie de la nuit, je ne suis pas d'équerre ce matin.

Prendre la tangente afin que l'hypothénuse d'arriver à l'heure au bureau reste probable.

Tracer deux lignes, deux droites devrais-je dire, sécantes en  B. Ne pas rater l'intersection. Y parvenir.

Rentrer dans un cercle à plusieurs inconnus, de figures géométriques variables, les déchiffrer tout en gardant mes distances. C'est mon rayon. Esquisser une parabole sur ma figure. Rapporteur de segments de vie en toutes circonférences, euh pardon je pars en diagonale, en toutes circonstances disais-je. Circonstances qui me valent ces quelques lignes aujourd'hui.

Et aujourd'hui, je n'avais décidément pas le compas dans l'œil à tirer ma ligne plus que prévue. A finir au point E au lieu du point P. Prendre la parallèle pour revenir à P, happée que j'étais par mes pensées.

Penser fortement que la journée filera droit, que rien ne viendra de tous côtés, car la moutarde pourrait me monter aux sinus et avec elle l'envie de mettre une tête au carrée. Carrément flippant que ma petite voix intérieure me dit : « Ola, que d'emportement ! Thalès-sé partir ton flegme du côté sombre ? » Sombre je ne sais pas, mais sombrée d'un trait ce soir je le souhaite, en espérant que la somme des carrés que sont mes oreillers sera égale au somme au carré : zzzz.

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