Grand concours de l’été sur WLW !

dechainons-nous

Le souffle de la colère là où tout a recommencé

 Aujourd'hui l'avenir

Tu ne sentiras qu'un souffle ! celui de la colère qui apaisera tout un peuple. L'innocence vaut moins qu'une liberté rêvée, la justice ne vaut pas tant que la souffrance d'une oppression qui crie vengeanc

C'est bien avant le lever du jour qu'ils sont venus me chercher, la lumière de la vie me sera dérobée juste avant que la nuit éternelle m'accueille, nous quittons ainsi nos repentirs dans les noirceurs de la folie humaine.

Les chaines m'ont tailladé les chevilles et bleui les malléoles, la douleur omniprésente m'empêche de mesurer pleinement cette triste réalité à venir.

Dans le corridor souterrain le bruit des chaines et le grincement des lourdes portes est devenu mon quotidien depuis plusieurs semaines, mais cette fois ci, je fais partie du convoyage. Nos geôliers nous pressent et nous font avancer par de violentes poussées saccadées du plat de la main sur nos omoplates.

Tout au bout du couloir on devine la forme de la charrette, la lueur vacillante des lanternes tenues par les conducteurs de l'attelage projette sur les murs et le plafond l'ombre du fourgon qui semble vouloir venir nous happer et nous arracher de notre prison.

Nous sommes une dizaine à être poussés violemment pour nous faire monter, sur le plancher en bois de notre convoi, nous sommes entassés comme du vulgaire bétail, et essayons tant bien que mal ne nous redresser et de nous assoir en trouvant appui sur les ridelles ajourées, noircies, et incrustées de sang délavé à grandes eaux par une république naissante en mal de nettoyer sa barbarie.

Hier le futur.

J'étais venu planter les dents de ma fourche dans les chairs arrogantes de la noblesse qui avait desséchée nos larmes et ruinée nos ambitions paysannes. Les murs de pierre avaient cédé sous la légitimité de la hargne accumulée depuis tant de générations emportant autant de félons que de frères de révolte.

La liberté n'avait d'égal que l'envie d'en finir avec l'inégalité qui s'était répandue comme une épidémie au plus profond du tissu social. Les bras excédés de porter trop haut des fétus de paille qui ne nourrissaient plus le peuple s'étaient unis spontanément pour tirer tous ensemble le rideau de cette infamie humaine.

Tapis dans l'ombre, à l'abri de la vraie vie, les beaux parleurs construisaient leurs idéologies prenant racines dans les boues ensanglantées de la révolution, et actant une ère nouvelle. Le discours sublimait la force d'action, endiguait la colère et prenait possession de l'âme collective. La monarchie venait d'avorter d'un embryon anarchique hissant au plus haut de l'hémicycle les coupeurs de têtes contre tout esprit de fraternité.

Dénoncer tous ces discours qui violaient et dépossédaient de leur victoire les artisans de la révolution, toutes ces envolées lyriques enflammées par les feux de l'enfer qui voulaient nous faire plier sous un joug nouveau, me révéla une force verbale mise en veille depuis toujours par le rythme rural des saisons.

Pour unique droit dans ce combat libertaire, j'eu un procès inéquitable pour délit d'opinion.

De cette droite et de cette gauche qui naquirent dans la nébulosité partisane, l'aveuglement de l'ambition en traçait leur ligne directrice qui menait inlassablement à l'échafaud.

Demain le passé.

Une heure durant, la charrette nous martela les abattis sur les pavés du Paris qui cherchait en vain de se réconcilier en son peuple. Sur ce parcours qui nous menait à la place de la révolution la foule se faisait moins dense qu'au début des exécutions, trois jours plus tôt le Bourbon nous avait dérobé l'intérêt que les charognards pouvaient trouver dans ce spectacle de rue, portant à son paroxysme la liesse populaire. 

Plusieurs frères de combat étaient là, impuissants et silencieux mais témoignant que nous venions à peine de commencer à parcourir le chemin menant vers la liberté.

Alignés dos à l'échafaud, les valets du bourreau découpaient grossièrement nos cols de chemises et nous liaient les mains dans le dos, tandis qu'un aboyeur faisait lecture à la foule contenue sur la place par une rangée de gardiens de la révolution,de la liste des noms et des chefs d'accusations des condamnés à exécuter en ce jour de janvier 1793.

Sur les visages à la physionomie fantomatique de mes compagnons d'infortune je lis notre peur commune au-delà du calme apparent que nous montrons à nos bourreaux.

Alors que nous ne pouvons maitriser le flageolement de nos jambes durant cette attente qui parait interminable tant elle nous rapproche de notre fin, nous sursautons au premier choc du couperet venant buter sur le carcan.

Tout condamné à mort aura la tête tranchée, une première vie vient de basculer dans le panier, le sang gicle du corps mutilé et la foule exulte la rage d'un millénaire de souffrances.

Nos cadavres sont emmenés au cimetière de Picpus, dévêtus et jetés dans la fosse commune, nous sommes tous redevenus égaux pour l'éternité.

Je n'ai pas ressenti le souffle de la lame, mais la morsure de l'aube qui m'arrachait à mes proches pour seul procès d'être allé là où je devais aller.

  • FORT ! ! !

    · Il y a 3 mois ·
    Photo rv livre

    Hervé Lénervé

    • Merci,

      Comme tu l'as sous entendu , ne crachons pas sur nos démocraties !

      Pour se débarrasser de la tyrannie c'est environ 1000 ans d'oppression et pas loin d'un siècle pour faire aboutir une révolution.
      Battons nous pour l'améliorer mais respectons là!

      · Il y a 3 mois ·
      Chainon manquant

      dechainons-nous

    • Je ne sais pas s’il me reste plusieurs siècles devant moi ! :o))

      · Il y a 3 mois ·
      Photo rv livre

      Hervé Lénervé

    • hI hI , C'est bien pour cela que nous devons rester humbles et participer à l'entretien de l'édifice

      · Il y a 3 mois ·
      Chainon manquant

      dechainons-nous

  • Bravoooo le jeunot !

    · Il y a 3 mois ·
    Vieille

    popolette

    • Hi Hi, personnellement je n'ose plus afficher ma tronche de cake :)

      · Il y a 3 mois ·
      Chainon manquant

      dechainons-nous

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