IV.

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Dans son petit appartement du centre de Prague, Annie se mettait à la recherche des décorations de Noël que Simon et elle avaient acheté l'an passé. Cette après-midi passé chez sa grand-mère à décorer la maison l'avait poussé dans une envie de préparer Noël. Elle pesta plusieurs fois sur son compagnon "qui ne rangeait jamais les décorations à la même place, quel idiot!", avant de tomber sur le carton qui les contenait. Elle se massa durement le tibia avant de se relever et d'emporter l'épais paquet dans le salon. Elle fouilla longuement dans le tas avant de trouver l'étoile qui avait orné leur sapin l'année dernière. Elle s'assit sur un coussin qui trainait parterre et caressa les branches de l'étoile. C'est elle qui l'avait choisi, car elle était tombée amoureuse de cet objet et Simon n'avait pas su lui refuser cet achat.

Une fine brise d'air glaciale se faufila dans l'appartement tandis que le compagnon de la demoiselle rentrait chez lui. Il jeta ses clefs dans le récipient prévu à cet effet avant de se déchausser rapidement, de balancer son manteau enneigé sur le porte-manteau et de rejoindre la demoiselle dans la pièce principale. Il découvrit Annie, assise sur le sol, l'étoile dans les mains. Il se pencha par dessus son épaule et embrassa sa nuque.

- Tu l'aimes toujours autant n'est-ce pas? lui demanda-t-il alors qu'il souriait contre son épiderme.

- Toujours. Comment ne pas l'aimer en même temps? Elle me rappelle toute mon enfance. C'est magique.

Il déposa un chaste baiser sur ses lèvres et s'installa à ses côtés, sortant l'ange en verre qu'ils avaient reçu de sa mère. Il fit une moue écœurée et le jeta sur le canapé. Annie ne pu s'empêcher de rire et bientôt il s'élançait, lui aussi, dans un fou rire. Ils ne se calmèrent que lorsque Simon sortit une autre babiole affreuse du carton. Ils firent les gros yeux et se regardèrent avant d'exploser de rire à s'en rouler parterre. Elle se releva et chercha la cafetière qu'elle avait lancée avant de commencer sa recherche des cartons de décorations. Elle servit une tasse à Simon, puis une autre pour elle-même. Elle n'aimait pas vraiment le gout amer et l'odeur âcre du café mais pouvait en boire, pour se donner de l'énergie.

- Je rentre le sapin et on se met à la décoration, ça te va ?

Annie hocha la tête en souriant. Elle se réjouissait déjà de faire le sapin, c'était le moment qu'elle préférait dans la préparation de Noël. Quelques minutes plus tard, Simon apparut dans la salon avec le sapin de petite taille dans les bras. Il le sortit de son emballage précaire avant de le placer dans son étau de métal pendant que sa compagne resserrait les vis. Lorsque ceci fut fait, ils regardèrent leur sapin. Même nu, il était majestueux dans leur intérieur banal.

Ils s'attaquèrent à la décoration de l'arbre le plus rapidement possible. C'était un moment magique pour tous les deux, c'était un retour en enfance. Simon accrocha l'étoile en haut du sapin avant de s'éloigner de quelques pas et de sourire joyeusement. Annie sourit elle aussi. Elle attrapa une boule dorée et la passa sur l'une des plus hautes branches qu'elle pouvait atteindre avec sa petite taille. Lui, de son côté, s'occupait des lumières et des guirlandes, ce qu'elle trouvait pénible. Mais lui adorait, c'était son péché mignon, dira-t-on. Elle, disposait quelques boules ici et là. Elle s'amusait, elle redevenait une gamine lorsqu'il s'agissait de parer le sapin. Simon la regarda s'émerveiller lorsqu'il brancha les guirlandes lumineuses. Ca lui donnait presque les larmes aux yeux de la voir si heureuse.

- Ca te plait? lança-t-il dans un murmure.

- Notre sapin n'a jamais été aussi beau. Merci Simon.

Elle se blottit dans ses bras après lui avoir délicatement embrassé les lèvres. Ils étaient debout, comme des imbéciles, devant leur arbre de Noël. Ils étaient redevenus de grands enfants en un clin d'œil. Par la fenêtre, ils purent assister à l'illumination de la ville. Alors leur appartement leur paru moins simple, il leur paru magique, presque exceptionnel. Et ils ne réussirent à réprimer un sourire qui leur brulait les lèvres.

- On devrait aller se coucher, on doit se lever tôt demain, annonça-t-elle.

- Tu ne m'as toujours pas dit pourquoi.

La demoiselle fit une moue adorable qui écarta l'affirmation de Simon. Elle passa une main sur son torse avant de s'enfuir dans la cuisine avec la cafetière. Elle la vida, la lava et la laissa égoutter sur le côté de l'évier. Son compagnon vint la rejoindre et enserra sa taille de ses bras. Il embrassa son omoplate et la retourna dans l'étau de ses bras. Ils se faisaient face. Et Simon put enfin embrasser longuement les lèvres de son amante. Elle le repoussa gentiment en riant avant de retrouver leur chambre. Elle se jeta sur le lit en soupirant. Il vint la rejoindre et s'étala à ses côtés.

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