Je n’ai pas bien dormi

paratge

Assailli d'émotions antagonistes je me débats pour entamer une nouvelle histoire, ou plutôt, la reprendre...

Je n'ai pas bien dormi. Tu peuples mes sommeils
De tes joies, de tes rires, de chacun de tes gestes,
De ce jour que j'implore où tu me diras « reste »,
De ces regards furtifs, complices sans pareil.

Je n'ai pas bien dormi. Et le doute me hante :
Ai-je rêvé trop fort ? Étais-tu un fantasme ?
T'ai-je idéalisé ? Je convulse, je spasme
Et pour me rassurer, dans tes yeux je me plante.

Je n'ai pas bien dormi. Comme un cavalier chu
Surmontant sa frayeur, enfourche sa monture
Pour ne pas faire vaincre une ancienne blessure
Lui arrachant le cœur avec ses doigts crochus.

Je n'ai pas bien dormi. Une réminiscence
Venue de temps anciens, d'un passé inconnu
M'a livré ce secret : nous nous sommes connus
Aimés et adorés dans une antique instance.

Je n'ai pas bien dormi. J'ai cru être un vaurien
Mais ce passé puissant mué en souvenir
A bien ouvert la voie d'un nouvel avenir
Car de Toi, par instinct, non, je n'ignore rien.

Je n'ai pas bien dormi. Ce vertige grisant
Impose  à tes actions de l'émerveillement
Tout proche du sacré, mais point d'étonnement
Puisque je te connais depuis plus de mille ans.

Je n'ai pas bien dormi. L'oracle avait prédit
Plus de spirituel pour celle qui m'accompagne,
Chose fort impossible ! Elle n'est plus ma compagne.
Il parlait donc de Toi en cet après-midi.

Je n'ai pas bien dormi. Tout  à Toi me ramène.
Je voudrais te chérir et vivre  à tes côtés
Sans la moindre parcelle de liberté t'ôter,
T'aimer telle que tu es, te proposer l'hymen.

Je n'ai pas bien dormi. Que tu portes mon nom !
Que l'autel nous unisse et qu'on en soit béni !
M'engager envers Toi, sans frein et sans déni,
Ressusciter l'union,  poursuivre à l'unisson.

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