Jeu de la phrase fétiche

Ce N'est Pas Moi, Ordi Hacké

Rappelons-nous du petit jeu instauré par Fabrice Marchal. Prenre la première phrase de l'un de ses bouquins fétiche, et l'on écrit une suite imaginaire.

Jean Louis FOURNIER : où on va papa ?


"Cher Mathieu, cher Thomas,
Quand vous étiez petits, j ai eu quelquefois la tentation, à Noël, de vous offrir un livre, un Tintin par exemple. On aurait pu en parler ensemble après. Je connais bien Tintin, je les ai lus tous plusieurs fois.
Je ne l ai jamais fait. Ce n était pas la peine, vous ne saviez pas lire. Vous ne saurez jamais lire. Jusqu à la fin, vos cadeaux de Noël seront des cubes ou des petites voitures..."

Vous ne pouviez même pas entendre mes "je vous aime". Peut-être était-cela ma pire peine. Vous ne me voyiez pas comme un père. Vous n'étiez pas assez mature pour comprendre une phrase entière. Hélas, par deux fois, notre couple a engendré deux petits bonhommes bien handicapés, qui ne vivraient très longtemps. Alors il me fallait leur donner toute joie, en me glaçant moi même du futur...Vous savez, Tintin a de bonnes images...Compreniez-vous la fusée ? Je ne pense pas. Pourtant papa avait besoin parfois de prendre l'air. Et cela nous voulait point dire du tout que je ne vous aimais pas assez. J'ai pris le parti de devenir un écrivain cynique. Pour me protéger. Ce livre a porté une grande polémique dans la littérature française. C'était pourtant ma survie. J'avais déjà écrit un livre sur l'alcoolisme de mon père. Je réécrirai plus tard, au décès de ma femme : tu es morte ce matin, dommage on n'ira plus aux soldes ensemble. Je fais de l'humoir noir et alors ? Comment survivre à tous ces drames ? Mais revenons à nos moutons, non mes enfants adorés, vous n'êtes pas des moutons. Cela est juste une expression française. Hélas vous ne parlerez jamais le français, à une exception près : Je vous promenais souvent en voiture. Et alors, j'ai automatiquement un écho de vos voix communes : Où on va papa. Je suis un peu agacé. Vous allez me le demander dix fois. Mais comment pourrai-je vous l'expliquer ? Parfois, c'est moi le fautif. Je conduis pour conduire et je ne sais même pas où nous allons. Là, vous ne vous trompez pas de phrase. Vous savez, je vous comblais de jouets pour tout petit, mais vous aviez l'air tellement heureux d'ouvrir un nouveau petit cadeau. Vous n'arriviez pas à dire merci, mais ce sont vos sourires qui me le disaient. Vous savez...vous n'avez vécu que dix ans. Un drâme. Je n'ai pu que réconforter mon épouse. Mais heureusement, (si cela peut se dire), nous étions préparés à cet âge là. Cela n'a pas été une mort subite. Donc nous nous sommes bostés, pour que vous soyez les plus heureux du monde. Nous avons assimilé la nouvelle. Parfois même, nous étions heureux, nous buvions un apéro, pour oublier un peu. Malheureusement, pour cela nous étions jugés. MAIS, viviez-vous cela ? Seule l'écriture me soulageait. Je vous aimais/aime tant même aujourd'hui. Mes petits, vous êtes partis dans les nuages, c'est comme cela que je parle de vous. Et ça, les nuages, c'est beau. Vous êtes des anges tellement vous n'avez pas pu jamais être méchants...

A vous mes chéris adorés...

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