Jonas ou le dévoilement

nyckie-alause

(extrait de « lettre à Jeanine »)


 Les découvertes que fit Jonas ce matin-là décidèrent pour lui de la suite de son voyage. Il le décrit, ce lever de soleil, comme un lever de rideau avec d'abord une lueur sombre rouge, un velours qui se déchire plutôt que de se lever franchement. Et s'en suit le dévoilement d'un espace empli d'une couleur inénarrable : un gouffre de noirceur que traversent des lames sonores de tonnerre, des chocs métalliques échappés d'une forge… jusque à ces éblouissantes  flèches d'or comme espoir d'avenir.

« Une vraie découverte » insiste Jonas comme si je n'avais pas compris. Quand il me dit cela je le regarde. Un regard nouveau. Hier encore c'était un garçon pâle et falot. Aujourd'hui il me fait face, sur le quai, son sac sur l'épaule, prêt.

« Je pars, c'est décidé ! » m'affirme-t-il… Il ne dit rien de plus car son corps déjà tendu vers l'ailleurs confirme ses paroles. Ses yeux profonds ne me regardent plus, son premier pas sur l'échelle de coupée, loin de nous est un aveu…

 

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