Jouir sous cape

violetta

C'était son premier festival médiéval. Elle avait dormi nue dans la chaleur du corps de J. étendu à ses côtés, sous un sac de couchage déplié sur lequel ils avaient disposé un empilement de vêtements. Ses goûts la portaient plutôt vers des chambres d'hôtel confortables et dotées de tout le confort, mais elle s'était accommodée avec bonne humeur de cet habitat rustique. Il faut dire que c'était leur première nuit ensemble, tous les deux, une nuit entière…

La veille au soir, ils s'étaient mutuellement lavés sous la toile, après avoir fait chauffer de l'eau dans le chaudron au-dessus du feu de bois. Ce moment avait été prodigieusement érotique. Avec de petits carrés de toile mouillés d'eau bien chaude, ils s'étaient frottés partout, assis face à face sur le tapis de sol recouvert d'un linge, et cette toilette archaïque avait été le prétexte à des explorations de plus en plus indiscrètes qui les avaient conduits à de longues étreintes sensuelles. Elle en gardait un souvenir délicieux, et rien qu'à cette évocation, elle sentait sourdre entre ses cuisses une humidité brûlante.

Mais en cette heure du petit matin, elle était torturée par une pressante envie d'uriner. Il fallait sortir de la tiédeur de la couche, s'habiller et traverser la moitié du campement pour arriver jusqu'aux toilettes. Elle soupira et rejeta les couvertures, frissonnante… Les vêtements étaient encore trempés des averses de la veille, lors du montage des tentes sous l'orage. Elle se couvrit donc de sa cape, qui était bien sèche, se chaussa, et se glissa sans bruit hors de la tente. Au passage, elle ramassa sa culotte humide qui traînait par terre depuis hier soir…

Dehors, tout enveloppée dans l'immense vêtement de laine qui la couvrait jusqu'aux pieds, elle avait bien chaud. Elle jouissait du plaisir inédit de se sentir entièrement nue sous cette cachette mobile. Une liqueur dégoulinait toujours entre ses cuisses, et elle s'essuya l'entrejambe avait sa culotte.

Il n'y avait que des WC à la turque… Elle souleva sa cape et s'accroupit avec précaution. Elle put enfin libérer les urines qu'elle retenait, et cela n'avait jamais été aussi bon… Tandis que les dernières gouttes tombaient, elle porta sa culotte à ses narines et s'énivra de l'odeur d'amande amère qui s'en élevait, les traces du sperme d'hier soir, qu'elle avait essuyées avec la première chose qui lui était tombé sous la main. Elle s'essuya une fois de plus l'entrejambe avec sa culotte. Au point où elle en était, autant aller jusqu'au bout…

Au lavabo, elle se lava les mains, éclaboussa son sexe pour le rincer, et entreprit de laver cette pauvre culotte qui avait été souillée de bien des façons. Sa cape s'était entrouverte tandis qu'elle en sortait les bras pour faire tout cela. Un léger bruit derrière elle la fit sursauter. Elle redressa la tête et vit le reflet de J. dans le miroir. Ils se sourirent. Il parcourait du regard, dans le miroir, l'image du corps nu qui apparaissait dans l'entrebâillement de la cape.

Il la prit par les épaules et la fit pivoter vers lui. Elle laissa sa culotte dans le lavabo et enveloppa J. avec elle dans sa cape en lui passant les bras autour du cou. Il était torse nu, vêtu d'un pantalon médiéval en toile de lin. Elle se colla contre lui tandis qu'il l'entourait de ses bras, et leurs lèvres se joignirent dans un baiser profond et vorace. Il lui prit les seins à pleines mains et elle se sentit fondre.

- Ma petite chatte ne sèchera donc jamais, lui murmura-t-elle à l'oreille ?...

- Pas tout de suite, en tout cas, répondit-il…

Il dénoua le lien de son pantalon qui lui tomba sur les chevilles. Il bandait dur. De la main gauche, il lui écarta les cuisses et ouvrit sa fente déjà bien mouillée, et de sa main droite, il saisit son sexe pour la pénétrer. Elle gémit et s'ouvrit à l'impérieuse intrusion dans une généreuse éclosion de chairs mouillées. Il la souleva de terre et elle accrocha ses cuisses autour de ses hanches. Ils bougèrent à l'unisson, d'abord lentement, puis de plus en plus rapidement, entièrement cachés tous les deux sous la grande cape noire. Ils jouirent en même temps, tendus comme des arcs, les mâchoires serrées pour ne pas crier.

Il lui lâcha les cuisses et elle reposa les pieds par terre. Ils étaient tous deux sans forces et haletants, et restèrent quelques instants serrés l'un contre l'autre, les yeux clos. Le sexe de J glissa hors du fourreau brûlant qu'il avait inondé, libérant des filets de sperme qui s'écoulèrent de long des cuisses d'A. Mais des pas approchaient. J. se baissa pour remonter son pantalon, se rajusta, et sortit de sous la cape qu'elle referma prestement sur son corps nu.

Au moment de sortir, ils croisèrent un festivalier ensommeillé, et ils se saluèrent brièvement tous les trois. A peine eurent-ils franchi le seuil qu'ils entendirent derrière eux :

- Euh… je crois que vous avez oublié quelque chose.

-  Oups ! ma culotte ! 

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