La Mercedes verte.(1)

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Extrait de: "Je mâche, tu mâches, il laitue."

Avec la 36 en moins et celle en face, je n'osais plus l'embrasser de peur que sa langue ne se coince ou ne se coupe dans les trous de ma bouche. Mon sexe avait tant pris une sale gueule depuis l'ablation d'une couille, la gauche, que je n'osais plus la pénétrer, ni même le lui donner à sucer. Je laissais à Betty, carte blanche quant à son épanouissement sexuel, et le soin de me prévenir en cas d'annulation de rdv pour une organisation plus professionnelle. Je me contentais de faire le plein de la Mercedes et les chromes de temps en temps, pour un peu de complicité.

En ce début de printemps je m'occupais les jours de pluie à couper du bois à la grange, pour quelques petites flambées lorsque les soirées se feraient fraîches et tenir jusqu'à ce que l'ennui eût fini par nous lasser, et le vin par celui de nous saouler. En ce mois d'avril, nous passions de longs moments à ne rien faire de plus, mais tout de même ensemble.

Les lendemains, je récupérais les cendres afin de les disperser aux pieds des lys et des rosiers pour les rendre plus pulpeux: la potasse accélère la croissance et embellie les corolles, alors qu'en hiver, celle-ci se contente d'aromatiser la chair des saucissons pour un peu plus de goût et de rusticité.

Je planifiais mes journées en fonction de la météo à 15 jours. Parfois je raturais mon agenda lors de mauvaises prévisions, ce qui m'obligeait à tout remettre au lendemain ce qui avait été coupé pour la veille,  jusqu'à laisser filer 3 jours d'ensoleillement consécutif à l'obligeance de Marc, et me prendre un demi-stère de chêne sur les bras...

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