La passion de Frankenstein.

Enoca Perry

Il y a des clous dans ma tête.
Des milliers de petits clous.
Ils empêchent les murmures intempestifs
De faire vibrer la cage de verre.

Je les ai planté un à un,
Faisant abstraction de la douleur
Qui résonnait tel un marteau piqueur.

Je sens les regards se poser discrètement
Sur mon crâne de Frankenstein.
Moi je les ignore,
Je continue ma route vers le Purgatoire.

Ils ne savent pas,
A quel point on peut être prêt
A faire n'importe quoi pour échapper à soi- même.

Il y a des clous dans ma chair.
Des milliers de petits clous.
Ils repoussent ces forces invisibles
S'acharnant à vouloir engloutir mon âme.

Ils sont mon armure et mon bouclier
Contre ces monstres qui me hantent
Depuis le berceau.

Je les entends, ces inconnus,
Qui se moquent et m'insultent,
Qui me poussent contre les murs,
Enfonçant davantage les tiges de fer dans mon cerveau.

A quoi bon m'arrêter maintenant !
La ligne d'arrivée est au bout de la rue.
Et le repos éternel m'y attend.



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