L’araignée, l'horloge & le loup

Ferdinand Legendre


Derrière le voile on voit la lune, et j'ai ce ruissellement, son écho, ce que vous coulez entre mes mots, ce qui ne reste que salive, ce qui suffit, file entre les éclats de peau. Derrière le voile, et si défile, et au dedans mes idées filent et dans l'instant se repose, ce à quoi j'aspire, inspirer vos parfums, d'effeuillage et racines, y déposer mes lèvres, mes vers ou bien ma prose.


Il y a dans vos transparences humides quelque chose qui vient défier l'éternité.


Il y a dans les phrases que je tais, hier mes tracés infimes, Sous mes larmes la rivière de vos cuisses et tout ce que je sais.

Dans le fond du fauteuil, l'éreinté loup n'est qu'œil, connaissez-vous la toile, évitez-vous l'écueil ? Ou bien laissez-vous faire, au creux des reins les coups, résonnent jusqu'au seuil ainsi qu'une foule de fous.

Et l'araignée vous tisse, votre intérieur boisé, invisible vitrail, et jusqu'à nos entrailles le plaisir se glisse sous nos regards croisés.


Mes doigts ont vos odeurs,

Peu importe l'endroit,

Peu importe la date,

Vous savez donner l'heure.

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