L'arbre à main

hugues-stephane


Il y a très longtemps, dans un village où les maisons étaient d'un bois pareil à celui de la forêt vivait une communauté d'hommes venus d'une origine inconnue. Le rythme de la nature résonnait dans cette contrée comme un murmure. Il semblait caresser chaque feuille, s'estomper si voluptueusement sur chacune d'elles qu'il eut été impossible d'en trouver la source. Se mêlant à ses notes fraiches de rivière, ses chants baroques d'oiseaux, ses bâillements lascifs de chlorophylles, une étrange mélodie s'harmonisait suavement.

 

Un petit garçon qui s'amusait souvent au milieu des grands chênes à écouter le langage de la forêt voulut découvrir l'auteur de ces airs merveilleux. Il découvrit au détour d'un grand acacia, imposant d'une sérénité inébranlable, éternelle, la force éclatante d'une cascade de note. Un vieil homme assis devant sa maison jouait avec une forme en bois grâce à la magie de ses doigts ; cette forme ondulée semblait caressée par d'invisibles phalanges. Une branche droite et lisse, striée par de drôles de barrettes et tendue par de fantastiques cordes vibrait incroyablement. La musique s'arrêta quand le vieil homme aperçut le petit garçon.

 

-          "Qu'est-ce-que c'est monsieur ?" demanda l'enfant.

-          "C'est une guitare !" lui répondit le musicien.

-          "Comment faites-vous tous ces sons ?"

 

Le vieil homme n'avait pas répondu. Le petit était revenu jour après jour, il regardait avec émerveillement les doigts de cet homme qui jouait carme le vent au travers des cathédrales.

 

Le jour vint où le vieil homme accepta d'éduquer ce gentil curieux sur quelques mouvements musicaux. Vint encore ce matin-là, où le petit garçon se vit offrir une guitare creusée dans le bois d'acacia, par le vieil homme, qui l'avait confectionné de ses mains.

 

Le temps, les années passèrent et le jeune garçon devint adolescent, ses doigts s'articulaient à la tâche des sons. Le vieil homme lui apprit que l'instrument ne détient que des notes justes. C'était avec ravissement que le jeune homme pouvait arpenter le manche sans jamais fausser aucun son. Les mauvaises notes n'existaient pas encore en ce temps. Elles étaient aussi pures que le chant de nature auquel elles se fondaient. L'homme dans tout cela n'était qu'un instrument lui-même de la musique qui vibrait. Et là rien ne pouvait sonner faux. L'être humain n'était qu'un témoin de cet orchestre merveilleux. Cependant l'instrument s'était fait une réputation grâce au jeune homme qui avait alléché ses petits camarades dès le début de son apprentissage, et, tous avaient conçu leur petite guitare qu'ils nommaient "arbre de main". Le génie n'apparaissait toujours pas chez le jeune homme qui désespérait de trouver la grâce de son professeur. Et celui-ci de lui répéter sans cesse :

 

-          Cesse donc d'accélérer tes doigts plus que de raison, tu vas te brûler bientôt. Ils ne t'obéiront pas mieux pour autant !

 

 

Mais si le doigt de Dieu n'apparaissait pas chez lui, la technique du diable, elle, rendait sa folie manuelle toujours plus extraordinaire. Rien ne pouvait l'empêcher de courir sur ce manche puisque les mauvaises notes n'existaient pas. Où qu'il posa ses phalanges enjouées avec la vitesse de la lumière les notes scintillaient justes comme la nature. Le suc irréel que son professeur extrayait d'une note sans qu'il dût la presser le fuyait toujours ; il ne le savait pas.

 

Le jour vint où le vieil homme mourut.

 

Le garçon qui ne parvenait toujours pas à saisir l'essence fantastique malgré ses capacités dévorantes, se prît au jeu de ses amis. La vitesse de ses doigts devenait si diabolique que certaines des cases composant le tronc du  manche changèrent progressivement de teint. Certaines devinrent sombres, prirent la couleur de la terre, et enfin embrassèrent la noirceur. Leurs sons poussés à l'extrême de la technique tordaient, devenaient malins. Un matin il se réveilla, pris sa guitare, et ses doigts durent choisir, composer avec une tare venue d'on ne sait où, du ciel qui sait, comme un baiser salvateur et sage de son vieux professeur défunt. Les notes fausses étaient nées, l'obligeaient à trouver le bonheur de la note juste. Le mal devenait partie incontournable pour trouver le chemin de l'absolu.

 

Depuis ce jour le manche d'une guitare est composé par le doigt de Dieu pour la justesse de ses notes, et par le doigt du diable, que l'homme a imposé par son incroyable bêtise. C'est ainsi que le jeune homme devint le digne successeur de son vieux maitre, comprit  que le génie musical consisterait  dès lors, à jouer tant de transparence de sa personne face au chant de la nature que les sons dégagés du manche de la guitare, confondant les notes fausses et justes du bien et du mal, deviendront pures, tel le sentiment de la vie.

  • C'est un joli conte oui.

    · Ago 7 months ·
    Maternit  orig

    fragon

  • Superbe conte.

    · Ago 8 months ·
    20170505 135341 1

    dentelles-rebelles

  • Verbe,cithare,AH,CO,R,sujet
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    · Ago 8 months ·
    2012 09 07 12.19.16   copie 92

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