le beau gars

lanimelle

Le beau gars

C’était arrivé à cause de ses yeux bleus…

J’ai pas de couleur préférée, j’ai pas de préjugé, j’arrive à passer au travers des carcasses les plus moches.

Lui il ne l’était pas!

Arrivé comme une huitre sur un plateau de fêtes, je l'ai ouvert, dégoupillé, allongé, envahi par la suie de mon âme.

Entre mystère et propositions indécentes, je l’ai désarçonné, tout de suite, très vite, sans aucun temps de réflexion, fallait pas qu’il tombe, fallait pas!

J’ai tout découvert, puis cramé sa timidité, mes impudeurs ont broyés ses songes d’adolescents, moi j’aime pas les gamins!

En quelques secondes je tirais sur l’écluse, passais l’éponge sur les procédures qui me font chier, j’en voulais des baisers et des secousses, j’avais faim, comme la condamnée dans le désert, comme la femme qui voit le mirage et qui boit toute l’invisibilité de l’oasis, creuser plus profond, ne pas se contenter du peu, de la norme de qualité, la cloison des permissions est tombée, grand coup de pompes dans ses idées reçues.

Voilà que tu prends ta virilité au sérieux et m’affrontes dans l’ascension, mais je suis rapide, animal  léger aux pattes à ressorts, je t’échappe et tu sues en me rattrapant par les hanches, j’aime ca, quand dans ma course tu me raccroches à ta peau de novice dans l’enfer de mon monde.

Tu me demandes mon prénom, je suis le vent, tu me demandes où me revoir, je suis l’imprévue, tu me dis « j’ai jamais… », mon doigt ligote tes lèvres, je te regarde sans un mot, pars, tu me suis des yeux, je le sens, mes talons claquent encore quand j‘ai déjà braqué dans la rue à droite, quand tu te rappelles de ce nuages de flammes qui bouillonne  encore dans le bas de ton ventre.


L’animelle

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