Le bocal.

Christophe Hulé

Certains universitaires courent après le Graal, ils pondent une théorie fumeuse qui pourrait tout inclure, un peu comme les particules élémentaires, les humeurs, les cinq éléments, euh, quatre pardon, c'est la faute à Besson, l'élixir à guichet unique, bon et tout ça quoi.

Alors ils enferment tous les phénomènes dans leur petit bocal, en prenant soin d'élaguer tout ce qui dépasse.

C'est une pathologie, vous avez dû croiser ces tarés au hasard des lectures.

Ils sont peut-être brillants sur l'estrade, mais leur folie ne tue pas, on peut jeter leurs bouquins dans la poubelle jaune.

Même si je n'ai pas souvent jeté un bouquin, pour moi c'est sacrilège, enfin c'est arrivé.

«  Pour en revenir à mon propos, ce nouvel exemple prouve bien que ... ».

Chacun peut à loisir citer ce qui lui chante, et multiplier les notes en pied de page et les références bibliographiques, on trouve aussi des liens internet, ça permet de donner l'impression d'avoir actualisé l'idée fixe.

Je préfère relire Astérix.

La même idée répétée à l'envi, ad nauseam, mitraillant les citations d'une armée d'experts qui, comme l'auteur, rêvent de postérité.

En attendant, on se fait ch… et on regrette le prix du pavé, tout ça pour ça, comme les mauvais gâteaux industriels qu'on disait autrefois « étouffe Chrétien ».

Certaines expressions pittoresques ne sont plus usitées hélas, c'est un peu comme le patrimoine qu'on laisse à l'abandon faute de budget.

Notre Géo Trouvetou aura bouclé une cinquantaine d'exemplaires, pour tenter d'épater ses pairs.

Il faudrait transformer la page de garde en garde-fou, surtout en cette période d'inflation et de misère.

Un bon polar ferait aussi bien l'affaire, l'important n'est-il pas d'être heureux, ne pas écouter ceux qui vous font croire qu'un QI de puce vous fait vivre un enfer, se dire plutôt qu'on aimerait pas être à la place de ces machines à tics qui n'ont ni humour ni imagination.

Voilà qui est dit.

Les vrais « érudits » goûtent les plats du Sud-Ouest en silence, du Sud Ouest ou d'ailleurs, et laissent ces croque-morts détailler la route des épices au Moyen-Age ou autres.

Fini le temps des salons, ou du curé invité le dimanche.

Aimer la vie est le vrai don, ce qui ne fait pas de nous des imbéciles.

Mieux vaut être imbécile heureux que malheureux.

Je pourrais continuer ainsi à l'infini, qui d'entre vous n'a pas croisé ces prophètes de malheur, qui se croient au-dessus des masses, le sage descendu de la montagne, ça vous rappelle un philosophe, ça ne vous dit rien bandes d'ignares.

Ces gens-là sont nuisibles, mais je ne veux pas être redondant à mon tour, je crois que vous m'avez compris, pour citer Bill Deraime.

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