Le fier plumitif

Michele Hardenne

Le fier plumitif

Tu tiens ta plume comme une épée, pour faire face à une guerre de mots que tu t'es déclarée.

Bourreur de lignes, en armure de phrases inachevées, écrivassier profitant du dimanche, jour de repos pour les mots fatigués, tu saoules tes carnets en leur donnant le mal d’en-tête.

Barbouilleur, tu badigeonnes tes écrits de mots gras sans textures, sans couleurs et sans effets.

Tabellion, dans ta maison de prévôt, tu te prends pour le maître des mots !

Cacographe, ton mélange confus de verbes discordants, sème le trouble dans la phrase qui se veut sensible et en bel équilibre.

Gâte-papier, tu galvaudes le beau de l’écrit, pour en faire une contrefaçon sans fantaisie,  ni émotions, ni sentiments.

Tu as la vanité de te comparer aux Pairs, qui eux savaient des mots en manier le langage, et pourtant, tu as oublié le plus important comme cet adage:

 « Il y en a qui sont écrivains sans pouvoir écrire et d'autres qui écrivent sans être écrivains. Il y a la nature et il y a le talent. Il y a aussi l’absence de l’un comme de l’autre. (Gilles Lamer) ». 

Quand les écrits ne peuvent faire rire, pleurer, attendrir et aimer, ils ne sont rien !

M.H. 

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