Le jour où je suis morte.

Ellie

"On meurt de toi."

Il n'y a pas eu d'événement en particulier tu sais. Tout s'est fait lentement, au fil des années, des mois, des heures et des minutes. Comme le germe d'une maladie qui peu à peu envahit la totalité de ton organisme. Le genre de truc qui te colle à la peau pleinement. Qui s'empare de toi, et te possède sans que tu puisses y changer quelque chose. Alors oui, pour certains virus ou maladies il existe des remèdes. Mais pour les maux de l'âme, dis moi ce qu'on est sensé faire ? La vérité, c'est qu'il n'y a pas de solution radicale, pas de bonbon magique qui va parvenir à enlever la douleur accumulée depuis toujours et qui s'est lovée au plus profond de toi-même. 

Je ne suis pas morte par hasard tu sais. Ça n'a pas été brutal. D'ailleurs je vais te raconter, lorsque je suis morte personne ne s'en ait rendu compte. Ni même moi. Çà a été une mort lente et presque paisible. Je n'ai pas eu peur.

Et pourtant, c'est arrivé. Ce n'est pas de ta faute tu sais. C'est juste de la souffrance qui se retrouve matérialisée. Souvent, c'est seulement à partir de ce moment que les gens comprennent enfin. Qu'ils comprennent que leur vie ne tient pas à grand chose, et qu'ils ne sont que des flocons de neige par rapport à l'immensité de l'univers. Qu'ils comprennent que leur vie n'est précieuse que s'ils ont tout fait pour la préserver et qu'elle reste intacte. Parce dis moi quel est le sens d'une vie éclatée en des milliers d'éclats de sanglot ?

Je suis morte pour des milliers de raisons. 

Je suis morte quand l'amour que je portais en moi s'est transformé en rancœur. Quand les trahisons ont détruit mes sentiments. 

Je suis morte quand j'ai montré qui j'étais réellement et qu'on m'a effacé, ou remplacé. Balayant ainsi le peu de confiance qu'il me restait.

Je suis morte le jour où la solitude était la seule à me tendre la main, et que j'essayais de me raccrocher à quelques sourires perdus que l'on pouvait m'offrir, comme ça dans la rue où n'importe où. 

Je suis morte quand j'ai vu la lâcheté et la méchanceté que les autres pouvaient infliger à autrui.

Je suis morte pour plein de raison. 

Je suis morte parce que je n'ai pas su trouver ma place dans cette société profondément malade. 

Je suis morte parce que j'ai été spectatrice de ma propre vie. 

Je suis morte parce que les autres m'ont détruite. 

Je suis morte parce que je me suis lentement laissé pourrir de l'intérieur. 

Je suis morte quand en me regardant dans le miroir j'ai eu envie de le briser parce que je détestais le reflet que je voyais.

Je suis morte quand plus rien n'a eu de sens. Et que chacun de mes rêves se sont écroulés.

Je suis morte tout simplement. 



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