Le Juste Milieu

eymeric

Texte dans le cadre d'un édito sur "La sexualité des étudiants"

       Un coup à gauche, un coup à droite, seul ou avec des amis, mais plus vite, toujours plus vite. Nous en sommes là, il faut que ça aille toujours plus vite. C'est comme sur Tinder, un coup à droite si on aime, à gauche si on réfute l'idée, mais vite, l'important est que ça aille vite. "Génération mange vite, tise vite et b**** vite ", scandait le rappeur Disiz d'un air désabusé, déjà en 2005. Il semblerait que cela n'ai pas changé 10 ans plus tard. Alors est-ce une question de génération, où est-ce une question d'âge, de période? La véritable question se révèle ici, notre édito porte sur la sexualité des étudiants, pas la sexualité des étudiants en 2015. C'est une nuance importante, il s'agit plus ici de se focaliser sur une période de la vie qui est propre à chaque époque. Que l'on soit né dans années 1960 ou 2000, cette période détonne toujours autant au sein de la vie. Certes, elle détonne peut être encore plus en 2015. Mais comme dit précédemment, tout est fait pour que cela détonne, si l'on va vite c'est parce qu'on en a les moyens. Vous ne pouvez pas demander à une 2 Chevaux de faire du 300 Km/H, de la même manière, ne demandez pas à une Lamborghini de faire du 18 Km/H. Donc, un coup à gauche si on réfute l'idée, à droite si elle nous plaît... Puis a lieu une discussion, sur cette application qu'est Tinder. Personne n'est passé à côté de Tinder, et quand bien même ce serait le cas? Un coup à gauche, un coup à droite, cela marche aussi dans les bars mais là c'est un œil que nous jetons. À l'affût de la moindre proie, filles comme garçons, puis ce sont les habits que nous jetons. Jusqu'ici pas de problème me direz-vous ? Nous vivons une période de la vie, qui se nomme la vie étudiante. Là où entre alcool qui coule à flot et stress post-examen, nous avons besoin de nous détendre. Quoi de mieux que l'amour pour nous détendre ? Tout le monde raffole d'amour, peu importe le partenaire tant que l'alcool fait effet. Le problème n'est pas ici, le problème est qu'entre un œil et des habits jetés, les préservatifs le sont trop souvent aussi.

      Selon une étude Harris Interactive, un tiers des étudiants n'utilise pas de préservatifs. Il y-a-t-il vraiment besoin d'argumenter sur une telle statistique? Ne refléterait-elle pas parfaitement cette période de la vie? On vous l'a dit, il faut que ça aille vite, plus vite, toujours plus vite. Quitte à en zapper l'utilité première, ainsi que ses dangers. 7, c'est le chiffre par lequel en moyenne a été multiplié le nombre de partenaire d'un jeune homme de 25 ans. Là où il y a quelques années le curseur indiquait 2, il indique aujourd'hui entre 10 et 15. Certes, me direz-vous mais il faut prendre en compte que l'âge du premier rapport sexuel a été avancé. Il est vrai, en moyenne c'est aujourd'hui à 17 ans. Donc prenons-le en compte, puis continuons à jouer avec les chiffres. Si un jeune homme a connu environ 15 partenaires en 10 ans de vie sexuelle, arrivé à 35 ans, âge de raison, il en sera à 30 partenaires. 30 partenaires donc…

      Quittons les chiffres et parlons de raison. Est-ce vraiment utile? Se souviendra-t-il des 30 partenaires, des 30 prénoms? Il en irait de même s'il s'agissait d'une fille. Il est souvent dit que dans un édito, un parti pris doit être assumé. Je vous donne le mien clairement : on veut toujours que ça aille vite, plus vite, toujours plus vite. Aujourd'hui nous allons trop vite, nous sortons des Fast-Food pour pratiquer le Fast-Sexe, nous avons des Fast-Relation sous couvert d'une Fast-Life ? Que nenni, n'oublions pas la fin de la maxime, celle qui clame « Fast Life, Die Fast ». La deuxième partie est importante. L'idée n'est pas ici de la jouer vieux jeu, ni même de vouloir changer ce qui est l'une des plus belles époques de la vie, à savoir la vie étudiante. L'idée est plutôt ici de rappeler qu'entre la 2 chevaux et la Lamborghini, il y a la Clio étudiante. Qu'entre Tinder et les bars où nous nous balançons de gauche à droite, il y a la route centrale à explorer en Clio. Si je devais élaborer une maxime pour illustrer ma pensée, elle consisterait à rappeler que l'acte du coït ne doit pas devenir un mouvement purement mécanique de va-et-vient. Mais que parfois pour changer de la mécanique habituelle de la Clio, des va-et-vient sur Tinder peuvent aussi être utile, j'ai bien dit parfois. En sommes il ne s'agit que de ça, de nuancer. Histoire de ne pas gâcher une vie entière à cause d'une période qui n'est qu'une simple nuance de couleur au sein du grand tableau qu'est la vie.


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