Le noyé

ladyh

Sonnet à celui qui fut jeté à la mer, sans une once de pitié.

(Doux) sobriquet : Lady H.

Viendra à la soirée en tutu noir et voilette, en veuve divertie.


Mon amour, viens avec moi contempler l'eau bouillonnante

D'un fleuve vorace qui ne se désemplit pas

De langueur et d'audace, qu'il pleuve où bien qu'il vente


C'est là l'agonie lente de notre amour

Qui saigne et ne se cicatrise pas.


Et si parfois dans ses eaux troubles s'y reflétait le mirage Trop attendu hélas, de feue notre passion

Ma cécité n'est plus, il n'est plus de rivage

Qui nous puisse être prétexte à douce réconciliation.


C'est là le reflet de notre faible amour

Qui expire, et ne se console pas.


Il charrie parfois de bien étranges dépouilles

Dures charognes qui s'offrent sans pudeur

A ma vision amère, ces cadavres qui souillent

Le lit d'un fleuve blessé, où souffle ma rancœur.

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