Les hommes vont, trompeurs, allumer de grands feux

loic-stenk

Les hommes vont, trompeurs, allumer de grands feux,
En tout bien tout honneur, la main dans vos cheveux,
Ces êtres là, Madame, il faut que je vous dise,
Ne fleurissent jamais que parmi la bêtise,

Si vous croyez en eux, tels de parfaits amours,
Sachez qu'ils ont toujours quelques roues de secours,
Au hasard d'une nuit entourés d'autres femmes,
Corps à corps, bouche à bouche ou des choses infâmes...

Ne soyez pas naïve, enfant au joli coeur,
La vérité éclate, ainsi que sa couleur,
Dans le lit de celui qui gâchera sa chance,
Un jour inattendu qui s'appelle vengeance !

Laissez-moi vous parler, je pourrais témoigner,
L'avarice perd tout en voulant tout gagner*,
J'ai peigné son regard dans mon plus mauvais rêve,
Et si j'ai trébuché, regardez, je me lève !

Comme vous j'ai pleuré, comme vous j'ai souffert,
Autrefois j'ai vécu des années en enfer,
Si j'en ris maintenant, c'est ma force de vivre,
A présent je souris à tout ce qui enivre...

Les hommes vont, trompeurs, allumer de grands feux,
Je vous le dis, aussi, quand on tombe amoureux,
On ne peut résister à cet état d'ivresse,
Pas même la raison ni même la sagesse !

Il reste dans vos yeux ce qu'ils n'ont pas su voir,
N'ayez pas peur d'aimer, sortez, flirtez le soir,
La nuit et le matin, vibrez à perdre haleine,
Demain semble incertain, aujourd'hui vaut la peine,

Vous êtes, bel oiseau, un miracle des cieux,
Une femme sensible à l'esprit douloureux,
Qui a besoin de temps, qui a besoin de croire,
Il reste dans vos mains le chemin de la gloire.


Loic Stenk
Le 04 février 2017

*La poule aux oeufs d'or (Jean de La Fontaine)

Photo : Benoît Courti

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