Les Jeux de la Renommée

Enola Deil

PREMIÈRE PARTIE

VOLONTAIRE

  1.     Microcosme

Qui peut être assez cruel pour enfoncer plus bas que terre une famille déjà brisée par le sort ? C’est la seule question qui me vienne à l’esprit lorsque je lève les yeux sur le vieux Greg. Et je ne trouve pas de réponse. Je ne suis vraiment pas d’humeur à supporter son bavardage. Pourtant, j’affiche un sourire poli, résigné. J’aurais probablement été plus naturelle s’il était venu plus tôt dans la matinée, avant l’intervention de Melkior Ashe. Je crois que la visite du vieil homme m’aurait même fait plaisir.

Mais Ashe m’a fait savoir qu’être la fille de mon père ne me serait d’aucune utilité cette fois-ci. Il est venu avec deux malabars qui devaient peser une demi-tonne à eux deux. J’ai cru qu’ils allaient passer à travers le plancher, mais ils se sont contentés de me casser un vase et une tasse en terre cuite que Kapa, mon jeune frère, m’avait fabriquée à la mort de notre père. Après s’être installé dans le fauteuil de Papa, Ashe m’a réclamé la maison. Je ne paye plus le loyer depuis que Kapa et moi n’y vivons que tous les deux. Je n’ai de toute façon pas les moyens, mais, en mémoire de notre « très cher père » et pour le bien des deux orphelins que nous sommes, Ashe nous a permis d’y demeurer. Il n’a juste pas précisé que ce n’était que provisoire et que sa générosité prenait fin aujourd’hui, sans aucun préavis.

Préoccupée par notre future situation, j’écoute à peine le bavardage du vieux Greg. J’essaye de trouver la façon la plus délicate d’annoncer à mon frère de dix ans qu’à la fin de la semaine, nous n’aurons plus de toit au-dessus de la tête. Il rentrera de l’école, où j’ai tenu à l’envoyer malgré le coût, dans un peu plus d’une heure. Sa tasse brisée gît toujours sur le sol, je n’ai pas mis le ragoût à cuire et le vieux Greg n’en finit plus de me raconter les déboires qu’il a eus avec les sauterelles dans sa parcelle de blé. Pour la troisième fois, je lui rappelle que ce ne sont pas les insectes les responsables du saccage, mais les jumeaux Finwick, deux démons d’à peine quinze ans que le sort a cru bon d’engraisser sous notre nez pendant que nous devons suer sang et eau pour la moindre bouchée de pain. Le bon vieux bonhomme dodeline de la tête comme chaque fois que la mémoire lui revient puis se renfrogne.

– Tu sais Evana, ton père, c’était quelqu’un de bien.

Allons bon, nous y revoilà. C’est l’éternel discours qu’on me sert au village depuis six mois. Je ne peux pas dire que ça me désole que mon paternel soit mort. La seule chose que je regrette, c’est la situation confortable que nous avions. J’étais déjà habituée à ce qu’il ne soit pas là. Il travaillait pour Ashe, probablement comme mercenaire, bien qu’il ne m’en ait jamais parlé, et ne revenait que rarement au village. Les seules fois où il y était, il savait faire oublier son absence aux autres. Il faisait de réels efforts pour amuser Kapa et revenait toujours avec un cadeau pour moi, une chemise, un collier que je ne portais jamais, même un chaton famélique une fois.

Avec les villageois, il en allait de même : toujours à soutenir les autres, que ce soit les vieillards auxquels il apportait des provisions, les femmes qu’il protégeait ou les hommes qu’il assistait par sa force ou son courage. Le parfait défenseur de la veuve et de l’orphelin. Quant à moi, je suis incapable de seulement veiller sur mon petit frère de dix ans.

– Je sais, Père Grégoire, il nous manque à tous, je réponds avec un trémolo dans la voix.

Le vieil homme se laisse attendrir par ma mine basse – absolument sincère, compte tenu des circonstances – et me tapote le genou de sa main cagneuse. Sa sollicitude a quelque chose de dérangeant, peut-être parce que je rechigne à accepter la condescendance que l’on me sert depuis la mort de Papa. Si seulement j’avais un peu d’aide pour élever Kapa. L’école l’accepte gratuitement parce qu’il est orphelin et que la loi l’exige, mais j’ai tout juste de quoi le nourrir et tant que je ne serai pas mariée, je ne pourrais pas travailler. Ça aussi, c’est la loi. Mais comment me marier si je n’ai aucune dot ? Ils demandent deux cents cinquante bezants.

Je vis déjà comme je peux avec à peine dix bezants, en vendant des fruits et légumes que Kapa m’aide à cultiver à l’arrière de notre maison – quand les Finwick ne nous pillent pas – et en reprisant le linge que l’on m’apporte plus par pitié que par nécessité. Nous avons aussi une poule, qui nous donne parfois des œufs. Mais, je préfère les garder pour notre propre consommation. Depuis longtemps, nous avons vendu le lapin et le chat, ainsi que tout bien inutile. Kapa n’a plus qu’une locomotive que je lui ai grossièrement taillée dans le bois pour jouer et je crois qu’il s’en amuse plus pour me faire plaisir qu’autre chose. Bientôt, même le temps pour nous amuser, nous ne l’aurons plus. En perdant la maison, nous perdrons tout.

– Père Grégoire, vous n’avez pas besoin d’un apprenti jardinier ? Kapa pourrait veiller sur votre parcelle.

– Oh, ma petite… commence-t-il, visiblement ennuyé.

– Vous savez, Ashe veut reprendre la maison, il faut absolument que quelqu’un héberge Kapa. Moi je me débrouillerai dehors, mais lui… Vous comprenez, il est tout jeune.

Au regard du vieil homme, je comprends bien qu’il ne peut pas accepter. Nous sommes tous dans la misère ici, en dehors des mercenaires et négociants comme Ashe qui possèdent la moitié du village. Une bouche de plus à nourrir, c’est une bouche de trop pour tout le monde.

– Je vous paierai, que j’insiste, en vain.

La main noueuse se pose à nouveau sur mon genou.

– Je suis désolé ma petite, mais je ne crois pas que tu pourras le faire.

La vérité me frappe de plein fouet. Il a raison : notre principale source de subsistance nous vient de la maison et de son potager. Les raccommodages se font de plus en plus rares et je n’ai aucune cage pour garder la poule. Il me faudra donc la vendre. Dans ces conditions, garder Kapa à mes côtés me semble encore plus inconcevable, car nous ne pourrons survivre à deux bien longtemps.

– Il faut que tu penses à toi, petite, reprend le Père Grégoire.

Je comprends parfaitement ce que ça veut dire : abandonne ton frère. C’est vrai qu’il y a toujours l’orphelinat, mais je ne peux m’y résoudre. Je sais bien comment sont traités les enfants là-dedans. Il n’est pas rare de voir l’un d’entre eux avec un œil poché ou un bras cassé. Ils sont si mal nourris qu’on voit leurs côtes. En dépit de mes faibles moyens, j’ai toujours veillé à ce que Kapa ne ressemble jamais à l’un de ces petits affamés, quitte à me priver d’un ou deux repas pour lui.

– Je ne peux pas.

Ma voix déraille en énonçant cette seule vérité. Je m’en veux de cette faiblesse stupide. Ce n’est pas en larmoyant que je vais régler la situation. Le vieux Greg soupire et se lève.

– Écoute, je ne peux rien faire pour toi, petite. Mais je te souhaite bien du courage. La vie n’est pas facile par ici.

– Ça dépend pour qui.

Je me retiens de préciser le fond de ma pensée, malgré le regard inquisiteur du vieil homme. Je sais que je n’ai pas besoin d’en dire plus de toute façon : il sait très bien que c’est l’appât du gain qui a motivé Ashe à reprendre la maison. Je le raccompagne jusqu’à la porte, sachant qu’il n’y a rien qu’il peut faire.

– Essaye de placer ton frère chez les Finwick ou les Lesther, me conseille-t-il sur le seuil.

À l’idée de voir mon frère traîner aux côtés des jumeaux, je grimace, mais je sais que je ne peux pas me permettre d’être trop exigeante. Ils sont bien nourris et en dehors de leurs larcins, ils ont une situation correcte. Mais je demanderai aux Lesther en premier lieu. Même s’ils sont plus nombreux, ils ont plusieurs parcelles de terrain et une paire de mains supplémentaire ne sera sûrement pas de trop à l’atelier de leur père.

Je remercie donc le Père Grégoire et le regarde s’éloigner. Puis je vais me changer. Je revêts ma plus belle tenue, une simple robe à fleurs qui me descend jusqu’aux genoux, je prends le temps de démêler mes cheveux que je coiffe ensuite dans un foulard. Le tout me prend plus de trente minutes, non pas que je sois coquette – on oublie vite de l’être avec l’absence de moyens – mais parce que je n’ai pas toujours pris soin de la crinière qui entoure ma tête. J’ai toujours détesté les cheveux longs et préfère les jeans. C’est plus pratique. Mais pour une fois, j’estime nécessaire de faire un effort sur mon apparence.

En passant devant un miroir dans le couloir, je constate qu’ainsi coiffée je ressemble à ma mère. Elle n’aurait sûrement pas apprécié que je sois devenue si masculine physiquement, mais comment ne pas l’être dans ces circonstances ? Dans la cuisine, je remplis un panier avec quelques courgettes que j’ai cueillies le matin même au jardin, puis je quitte la maison. Les rues du village sont pratiquement vides. Mon estomac vide gargouille assez pour me rappeler que c’est l’heure du repas. Le temps que je monte jusqu’à la maison des Lesther, ils auront sûrement quitté la table. Ils habitent tout en haut du village.

SYNOPSIS

Chaque année, un macrocosme mondial est ouvert pour les Jeux de la Renommée. Dans toutes les cités liées au réseau virtuel Gammatron, les stades de jeu se préparent à accueillir entre cinq et cent mille joueurs. Cette année, à l’annonce de l’ouverture prochaine, Evana Kalayann décide de risquer le tout pour le tout : elle quittera son village et ira s’inscrire sur le réseau bien qu’elle ne connaisse rien aux Jeux. Pour sauver son petit frère Kapa de la pauvreté, elle n’a pas le choix : elle touchera ainsi la prime aux joueurs et touchera peut-être la bourse phénoménale qui est attribuée chaque année au vainqueur.

Dès son inscription, Evana découvre que l’univers Gammatron est bien différent de ce à quoi elle s’attendait. Il est consacré à de très nombreux jeux virtuels. Dans les œufs d’immersion qui permettent aux joueurs d’accéder aux macrocosmes, tout est contrôlé, analysé : des moindres décisions des participants à leurs pulsations cardiaques. L’intimité des joueurs est scrupuleusement observée par des millions de spectateurs et les Jeux de la Renommée sont de loin les plus populaires. Chaque année, le cadre du macrocosme change : gladiateurs dans les arènes du Colisée, membres d’une tribu sauvage, pirates sur des mers déchaînées ou conquistadors à la recherche de nouveaux territoires, les joueurs incarneront ce que le Maître du Jeu aura prévu pour eux. Jeux de guerre, auxquels les jeunes femmes participent peu. ils réjouissent le public qui paye pour miser sur ses joueurs favoris et pour obtenir des informations exclusives sur la partie et ses participants, de jour comme de nuit.

Dans ce nouveau monde, Evana rencontre de nombreux autres joueurs qui ont déjà participé à des macrocosmes, contrairement à elle qui a tout à découvrir. Mais elle se fait très vite un ami qui l’initie aux secrets du jeu : Marco Curcell, ancien vainqueur. Il parie avec elle qu’il peut triompher cette année encore. Puis, dans toutes les villes liées au Gammatron, des milliers de joueurs pénètrent dans les œufs d’immersion. Pendant ce temps, à travers le monde entier, les paris s’ouvrent. Les nations encouragent leurs champions. Tous les médias suivent les Jeux et tout le monde en parle. Les premières mises concernent le contenu du nouveau macrocosme. Par la suite, chaque jour à minuit, on gagera sur les classements des joueurs et sur leurs chances de parvenir dans les cent premiers rangs, sur leurs potentiels renoncements. Plus le joueur est classé haut, moins il y a de risques d’abandon, mais une mise gagnante rapporte gros.

Tandis que tout le monde parie et que les nations célèbrent les ouvertures en grande pompe, enfin, c’est l’heure fatidique : la partie commence. Et Evana, comme tous les autres participants, est lancée sur une petite planète virtuelle à la tête d’un empire qu’elle doit faire fructifier. Le macrocosme est un univers spatial où les joueurs incarnent des empereurs intergalactiques assoiffés de ressources et férus de colonisation. Première nuit, premières angoisses : comment optimiser la production des industries minières à la tête desquelles Evana se trouve placée ? Comment accepter les mises à jour des classements qui ont lieu toutes les trois heures et qui lui permettent de constater immédiatement qu’elle est bien loin des sommets et ne fait que perdre des places ? Comment supporter de voir sur ses écrans de contrôle que dans le confort de leurs salons, des parieurs consultent régulièrement son profil ? Et s’ils se moquaient de son inefficacité ? Tandis qu’elle tombe de fatigue, qu’elle ne sait plus comment avancer et que son classement continue à descendre, elle s’efforce de lutter parce qu’elle sait que les premières heures du jeu sont les plus critiques. Marco le lui a appris : c’est là que la plupart des joueurs abandonnent. Mais lui, il est dans les vingt premiers du classement. Il a fondé une guilde puissante. Et il l’invite à le rejoindre dans ses rangs pour l’aider.

Par fierté, Evana refuse. Elle n’acceptera pas la charité. Quelque part, parmi les milliers de personnes qui suivent l’activité de son profil, son frère l’observe peut-être. Que penserait-il si elle choisissait la facilité ? Elle doit se montrer forte pour lui. Alors elle continue, seule. Après les premiers jours, une fois les industries minières des planètes misent en route, les joueurs commencent à construire leurs premiers vaisseaux spatiaux afin d’aller piller ou détruire leurs voisins. Evana commence alors à reprendre des places. Elle crée enfin sa propre guilde, qui accueille rapidement une dizaine de joueurs : les Babyloniens. Mais ils n’ont aucune chance : la meilleure alliance du macrocosme, l’équipe des Glorieux, est dirigée par Marco. La seconde est celle des Sorciers qui sont beaucoup moins nombreux, mais sont les meilleurs du classement individuel. Marco les accuse de tricher et Evana comprend la dure réalité : elle ne gagnera pas dans ces conditions. Pourtant, le macrocosme est surveillé par les Juges du Gammatron, elle en a entendu parler. Tous les jeux du réseau sont soumis à des règles strictes.

Pourtant, rien n’arrête les Sorciers. De plus en plus puissants, ils dépassent la guilde de Marco au classement. Mais Marco n’est pas un joueur que l’on évince. Il déclare donc la première guerre officielle du macrocosme. En dehors de Gammatron, la joie de la foule est à son comble : une lutte formidable s’annonce entre les deux plus grandes puissances de l’univers. Les combats promettent déjà d’être redoutables et passionnants que jamais. Le divertissement est parfait et les paris n’ont jamais tant fusé qu’à cet instant. Evana, à l’intérieur du macrocosme, prend beaucoup moins de plaisir à cette guerre cependant. Elle a à nouveau perdu des places et son alliance est au bord de la séparation. Alors Marco lui propose un marché : si elle parvient à infiltrer l’alliance des Sorciers, il quittera les Glorieux pour venir dans la guilde qu’elle a fondée et la sauver ainsi de la banqueroute. Est-ce déloyal ? Elle n’y pense pas vraiment : elle accepte, pour le bien de son alliance, mais ne parvient pas à gagner la confiance des Sorciers. Alors elle regarde l’engrenage des riches se refermer autour d’elle et envisage d’abandonner la partie.

Cependant, il lui reste une solution pour rattraper son retard et tenter de remonter au classement : entrer dans la brigade des Juges pour obtenir la prime qui leur est versée. Grâce à elle, elle pourra payer les Évaluateurs, des intelligences artificielles et virtuelles présentes dans le jeu. Ils sont trois : l’Évaluateur des Corps Armés, qui permet de doubler les effectifs de flotte, l’Évaluateur des Avoirs Commerciaux, qui autorise un joueur à produire deux fois plus de ressources minières, et l’Évaluateur des Intelligences Technologiques, qui permet l’utilisation de méthodes supérieures : bouclier, propulseur, etc. À condition de payer, ce sont des places facilement gagnées.

Pendant que la jeune fille dépose sa candidature chez les Juges, la guerre sévit. Les Sorciers finissent par avoir raison des Glorieux dont la guilde se dissout. Vaincu, Marco demande asile à l’alliance d’Evana qui ne le refuse pas. Finalement acceptée parmi les Juges, elle constate que les règles ont leurs failles et qu’il est courant que les joueurs deviennent Juges juste pour apprendre comment tricher. Elle se refuse cependant à le faire et s’épuise à la tache. Elle finit par faire des erreurs à l’intérieur du macrocosme. Ne pouvant mener les deux activités de front efficacement, elle ne voit pas venir le piège que les Sorciers ont tendu à Marco. Ce terrible stratagème passe par la destruction des Babyloniens. Lorsqu’il le découvre, Marco trahit l’amitié d’Enava et se sert d’elle comme bouclier. L’empire d’Evana est pillé, sa flotte massacrée. Pour elle, la partie devrait s’arrêter là car elle n’a aucun moyen de rattraper seule son retard. Mais contre toute attente, les Sorciers lui offrent alors de rejoindre leurs rangs. Elle accepte, défaite, en constatant que son alliance est de toute façon passée à feu et à sang.

Alors commence réellement la partie d’Evana, parmi les Sorciers qui l’ont accueillie. Face aux aléas de l’univers, mais aussi aux puissances qui le composent, la jeune fille se sent seule, même si elle parvient à gagner beaucoup de places au classement grâce aux conseils que lui prodiguent les Sorciers. Ils sont réellement les meilleurs et ne doivent leur renommée qu’à leur stratégie hors du commun. Mais des tensions apparaissent dans l’alliance et de nombreux membres quittent ses rangs. Evana se retrouve rapidement à la tête des Sorciers, dans une guilde rabaissée qui a perdu ses meilleurs éléments. Malgré tout, elle déclare la guerre à la nouvelle meilleure alliance : les Cyclopes. En réalité, elle espère que son acte de bravoure amènera plusieurs personnes à se joindre à elle car le jeu passe avant tout par là : détruire les meilleurs, c’est se donner une chance d’accéder à leur trône. Cela, Evana l’a bien compris et lutte désormais d’arrache-pied.

Mais est-ce que cela suffira à maintenir sa motivation lorsqu’elle découvrira que l’évolution de certains joueurs est financée par les Juges eux-mêmes ? Comment pourra-t-elle faire face lorsqu’elle sera trahie, humiliée devant les milliers de joueurs et spectateurs par l’alliance rivale ? Parviendra-t-elle à conserver l’honneur des Sorciers malgré la guerre dans laquelle elle les a entraînés ? Et si tout cela était vain, parce que le Maître du Jeu en personne a décidé que ça le serait et qu’il joue à son propre jeu ? Comment faire confiance à une personne que l’on n’a jamais rencontrée et dont on ne connaît que l’Avatar ? Dans un jeu où tout est basé sur les rivalités, c’est encore l’amitié et la foi que les Sorciers portent les uns envers les autres qui pourront triompher. Quand l’amour s’en mêle finalement et achève de brouiller les cartes, Evana devra choisir entre ses valeurs morales et les moyens de vaincre l’adversité, au risque de trahir tout ce pour quoi elle s’est battue jusqu’alors.


 

BIBLE DES PERSONNAGES :

Evana Kaladann (16 ans) : Dite « La Nymphe ». Elle vient d’un petit village où l’attend son petit frère Kapa, qu’elle a dû confier à l’orphelinat et à qui elle a promis de revenir au plus vite pour le chercher. Orpheline, elle prend en charge sa vie et celle de son frère à la mort de leur père, jusqu’à ce qu’elle soit obligée de vivre dans la rue. Débrouillarde, elle est aussi protectrice envers les siens. Son entêtement à vouloir respecter certaines valeurs l’entraîne très souvent dans des impasses inextricables. Selon elle, l’absence de moyens n’est en aucun cas une raison pour baisser les bras ou tomber dans la facilité. C’est une leçon qu’elle s’obstine à enseigner à son frère et qu’elle met en application chaque jour dans le jeu. Contrairement à la majorité des autres joueurs, elle joue pour l’argent et non pour la gloire.

Jack Lumber (16 ans) : Dit « L’Abatteur ». Joueur allemand particulièrement doué dans la stratégie. Il est l’apprenti de Stam Wortel et est maître dans l’art de la manipulation. Par la désinformation, la corruption et les menaces, il espère évincer les Sorciers qui constituent la seule poche de résistance possible face à son alliance : les Cyclopes. Pour cela, il n’hésite pas à semer le doute dans l’esprit d’Evana et à corrompre ses amis, même avant la guerre qui opposera les deux guildes.

Josh et Wyrd (17 ans) : Dits « Yin et Yang ». Couple de Sorciers, ils accompagnent longtemps Evana avant d’abandonner l’alliance. Josh, alcoolique notoire, est le contraire de Wyrd en toute chose. Elle est ardente là où il est calme, passionnelle où il demeure posé. Lorsque la guerre se déclare entre les Sorciers et les Cyclopes, ils reviendront cependant dans les rangs de leur ancienne alliance et soutiendront Evana jusqu’à la toute fin du jeu.

Kapa Kaladann (10 ans) : Frère d’Evana, il demeure au village pendant qu’elle participe aux Jeux de la Renommée. Il lui en veut de l’avoir abandonné, mais consulte fréquemment le profil de sa sœur, effrayé par la portée que prennent les Jeux. Il craint que la gloire ne lui ravisse sa sœur et veut la rejoindre en ville pour la protéger. Il finit par regretter de l’avoir laissé partir et est persuadé qu’ils auraient pu s’en sortir sans la prime aux joueurs.

Marco Curcell (18 ans) : Dit « Le Général ». Beau parleur à l’ego surdimensionné, il charme Evana par son franc-parler et par sa maîtrise du jeu. En réalité, il l’éblouit parce qu’il en sait plus qu’elle, mais est loin d’être le meilleur. Il doit sa gloire à la triche et aux traîtrises car il ne lésine pas sur les moyens pour vaincre, même si cela passe par pirater le réseau Gammatron pour détruire la partie d’un joueur. Il est manipulateur et use de sa séduction pour parvenir à ses fins. Il vient d’une ville riche et ne joue que pour la gloire. Il méprise profondément les faibles et ceux qui le dominent.

Melkior Ashe (37 ans) : Propriétaire de la plupart des bâtiments dans le village d’Evana, il est impitoyable et mène la vie dure aux villageois, d’autant qu’ils n’ont pas d’argent et peu de moyens de se défendre contre lui et ses deux gorilles. Tout comme Marco, c’est un homme qui n’aime pas voir les événements lui échapper. Il ne supporte pas la résistance et déteste Evana pour cela. La gloire soudaine de la jeune fille menace de lui faire de l’ombre.

Paul Junak (18 ans) : Dit « le Lord ». Jeune homme taciturne, mystérieux, très beau garçon, Paul est le Sorcier le plus puissant. À l’arrivée d’Evana dans l’alliance, il est premier au classement et impressionne beaucoup la jeune fille par son charisme ténébreux. Bien qu’elle cherche à se rapprocher de lui, il l’évite souvent, préférant la solitude. Par les rares discussions qu’ils auront, il sera cependant un mentor pour elle, tant pour le jeu que sur un plan personnel. Il abandonnera le macrocosme peu après la fin de la guerre contre les Glorieux et ne reviendra plus, même lorsque la guerre contre les Cyclopes commence, au grand désespoir d’Evana.

Sam Akkom (19 ans) : Dit « Sikandar ». Ancien joueur au passé glorieux, il est devenu le Maître du Jeu à l’âge de quatorze ans. Depuis, il crée les macrocosmes et y joue le plus souvent sous un pseudonyme. Il remarque immédiatement Evana car il est connecté au réseau Gammatron dans la même ville qu’elle. Lorsqu’elle décide de devenir Juge, il intercède en sa faveur et tombe amoureux d’elle. Bien qu’elle ne sache d’abord pas qui se cache derrière le pseudonyme, elle refuse de lui faire confiance et repousse ses avances. Il finira par abandonner la partie au profit de la jeune fille.

Stam Wortel (27 ans) : Dit « l’Ombre ». Ancien joueur talentueux, il prend sous son aile Jack Lumber dès les quinze ans de celui-ci, ce qui permet à son jeune apprenti d’être le meilleur du macrocosme lorsque Paul Junak abandonne la partie. Il est peu présent dans l’histoire, mais son talent est une menace pour Evana qui redoute son influence.

Tibo et Tony (15 ans) : Dits « Tom et Jerry ». Les jumeaux espagnols. Ils appartiennent à l’alliance fondée par Evana et sont ses bras droits. Ils s’opposent à l’entrée de Marco dans leurs rangs, mais finissent par céder devant l’opiniâtreté d’Evana. Plus tard, ils l’accuseront de les avoir trahis en acceptant l’offre des Sorciers. Ils sont coutumiers des macrocosmes, mais font partie des joueurs médiocres et le resteront durant toute la durée des jeux.

Torm Head (17 ans) : Dit « The One ». Sorcier puissant, compagnon de Paul Junak qu’il accompagne toujours et défend au besoin. Discret, calme et fidèle, il demeure dans les rangs des Sorciers au côté d’Evana même lorsque tous les autres partent. Il devient le bras droit de la jeune fille, mais aussi son meilleur ami. Sa réserve naturelle et surtout sa loyauté créeront de profonds liens entre eux lorsque la tempête de la guerre se lèvera.

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