L'idole

Noiret Tina

Poème extrait de Chants perdus


L'idole


Je m'avance vers toi comme un prophète en retard
Je te regarde aller et venir médusé par ta beauté et ta liberté
Comme le sourire de cette lointaine idole
Protecteur et chantant


J'ai attendu ton corps d'ambre, ses reflets acajou

Ta peau de miracles, de champs de lavande,

D'ailes folles, de pluies, d'orages, de vents, de
Secrets d'amant


J'ai attendu ton corps de mine d'argent, de tempêtes
ton corps d'orage
Ta peau de bruine qui me fouette
les larmes au visage

J'ai désiré ta voix de grottes marines, ta voix
De délicieuse mésange,
De vagues, d'orient, de soupirs,
D'éclats, de corne de brumes, ses intonations
Sa gorge de silence


J'ai enfin caressé tes cheveux d'hiver
Salés comme les vagues
Tes épaules de miel,
Ton regard translucide qui me berce
Jusqu'à l'iris

J'ai pâli, j'ai rougi, j'ai cherché, fouillé les temples,
Gratté la terre des souvenirs, erré dans les images
Les photographies, les heures, les échos, les silences
J'ai refusé l'oubli


Rite antique
Tu es comme le marbre.
Toutes traces écrites sur tes paumes
Éternelles,

Qui t'effleure meurt.

Signaler ce texte