LUCIEN... POÈTE DE QUATRE SOUS

robert-henri-d

C'est à force de forger que l'on devient forgeron, et c'est à se poser des questions que nos ancêtres les plus lointains on finit par admettre que quelque chose d'abstrait fait vivre la matière...

Alors, voici qu'un poète-écrivain naquit sous les bombes quatre-vingt-neuf ans plus tard que le turbulent Arthur Rimbaud et à deux pas de l'ex-rue Thiers à Charleville-Mézières: un certain Lucien, qui sans prétention, n'exclue pas la possibilité que l'âme puisse se concevoir comme l'essence d'une "énergie capable d’ionisation" et que son aura, ce prolongement probable de l'âme serait un ersatz issu d'esprit hautement intelligent. Ainsi, l'Humain aurait pour mission d'agir pour le compte de Dieu et disposerait pour cela de plusieurs karmas.

INTRODUCTION

Nous vivons une époque formidable, où la science et la connaissance humaines n'ont jamais été aussi fortes... Alors, s'il arrive que des convictions religieuses basées sur des textes anciens se révèlent parfois discutables par le fait remarquable qu'elles ont souvent en proche l'approximation basique de certaines croyances qui furent elles-mêmes édifiées à partir de présomptions un peu trop hâtives et notablement mythiques: c'est peut-être entre autres raisons, par faute d'adaptation à ces récentes données qui nous parviennent très sérieusement grâce à de nouvelles technologies physiques et astronomiques; ainsi, l'on peut s'apercevoir que paradoxalement: certaines des pratiques ancestrales ainsi que de nombreuses crédibilités sacrées en prennent un sacré coup, mais aussi que toute intuition contraire peut encore s'admettre dés l'instant que le rationalisme reste impuissant à expliquer l'inexpliqué!

Dans l'idée générale des démocraties, la représentation mentale et abstraite que l'on à de notre raison d'être, se heurte et se scinde à l'infini dans une société mondialisée qui 'progresse' à la fois savante et désenchantée, sans trop savoir pour autant où elle va, et pourquoi elle existe. Dans le passé, ce sont presque essentiellement les rapports religieux qui ont déterminé l'évolution des mentalités, et cela, en façonnant une histoire, où les sciences balbutiantes devaient s'accommoder d'un certain savoir lié à Dieu, et donc à une genèse comme elle fut décrite dans les saintes Écritures. Mais dans le contexte actuel où la science devient à la fois conquérante et révélatrice... peut-on encore être croyant?

S'il semble avéré qu'au contact d'une science rigoureuse qui s'agrège peu à peu en elles, les religions se sont effectivement effritées, c'est peut-être que notre monde moderne du savoir et du raisonnement a besoin de se construire une autre géographie de l'histoire céleste? Certes, par déduction et méthode, la science radicale semble exclure, en jurant de non-sens, toute forme de savoir immanent au nom duquel une certaine 'puissance' essentielle peut être qualifiée de surnaturelle parce qu'elle ne peut l'expliquer de façon concrète: mais cette même science basée sur des théories physiques a-t-elle pour autant le pouvoir de nier l'être Dieu, faute d'en connaitre le visage et la composition? Et puis qui donc pourrait affirmer que le Dieu reconnu du monothéisme n'a pas créé des disciples à son image pour le représenter là où il le souhaite?

À notre niveau d'évolution mentale, pouvons nous expliquer pourquoi de plusieurs lignées d'hominidés, une seule est parvenue à l'homme doué d'une pensée cognitive suffisamment évoluée et évolutive pour que certains d'entre eux se croient d'être eux-mêmes les égaux du dieu qu'ils admettent parce qu'ils le subodorent comme une puissance omnipotente dont ils voudraient tirer profit? Et qui d'autre encore, s'il n'admet aucun démiurge, aucune conception divine, ou intelligence infiniment supérieure, saurait dire pourquoi et comment cette même faculté de cognition nécessaire à toute évolution psychique et métapsychique s'est installée de façon durable dans l'activité de notre cerveau, et non dans celui de nos frères animaux, pour qui, seuls l'instinct inné et l'expérience favorisée par la mémoire contribuent comme pour nous à sa préservation physique et naturelle, mais dans un ordre d'idée comparable à ce que font les plantes?

En fait, c'est peut-être à force de réfléchir sur ces questions assorties naturellement de beaucoup d'autres, qu'il m'est venu une sorte de désir ardent d'apporter mes propres réponses, et en l'occurrence, ce seront pour la commodité d'écriture, celles d'un poète-écrivain que je ferai naître par deux fois sous vos yeux de lecteur averti, afin de le faire vivre un peu, comme le turbulent Arthur Rimbaud, mais n'excluant en rien que l'âme des poètes humains puisse disposer pour le salut de celle-ci, d'un corps éthéré, et que ce même corps impalpable pourrait être le succédané de quelque présumé serviteur de lumière, lui-même considérable comme le sont admis de quelques-uns, les anges bons ou démoniaques qui pourraient par l'exemple cité, être représentatifs d'une partie de Dieu, ayant alors pour mission liée à la nôtre, sinon la réussite de l'évolution humaine à l'échelle cosmique, d'en conforter au moins l'équilibre spirituel et matériel, et que ces êtres sensibles, pour indispensables qu'ils sont, revivraient autant que nous, d'un karma à l'autre pour assurer une action combinée d'avance par leur créateur, mais dont la destinée serait soumise à ces nombreux aléas que l'on attribue trop facilement à des événements fortuits.

Imaginons que soit, dans un concept de dimension présidérale où l'essence de la matière et de l'énergie vous semble improbable: un pseudo monde préconstitué d'inaccessibles particules éthérées, qui serait concurrent direct d'un pseudo enté monde fait de gaz invisible et inerte, dans lesquels, issus d'un seul, naitraient d'une division prénaturelle, deux pseudo esprits interlopes. En admettant que ces embryons jumeaux avides d'un supplément d'espace se repoussent mollement l'un l'autre parmi les arcanes circonférentiels d'un prémagma nutritif abstrait... Imaginons cela comme une une sorte d'œuf non pas ovoïde, mais sphérique, attendant chaleur et couvaison, recevant alors celle incontournable d'une chimère affamée, faite de "néant" et résolue à se mordre la queue pour tromper son appétit tout préservant l'œuf en épouser sa forme contournée... Cet Ouroboros à l'apparence primaire invisible serait sans conteste non moins indéfinissable que l'objet qu'il couve... Tandis que "ceux là" dans l'œuf, bien qu'innommables puisque, inclassables scientifiquement, finiraient néanmoins par croitre en volume et en force au point qu'ils auraient dû finir par s'enchâsser littéralement l'un dans l'autre à l'apogée prévisible de leur "site" nourricier épuisé... Alors ces esprits en confusion, se trouvant fort désappointés de n'avoir rien trouvé de mieux qu'eux dans leur "coquille", voulant s'assurer de l'incongruité des facteurs de bienséance limitants leur néant, entreprendraient certainement de refaire virtuellement le 'chemin' à l'envers tout en s'agrégeant le plus possible avec ce qu'ils trouveraient des 'riens' irréels subsistant pourtant sur leur retour de pensée: espérant peut-être réciproquement devenir plus puissant que l'autre, afin de régner dans ce sein étroitement fait de ce que l'entendement d'un cerveau humain ne saurait jamais définir, sinon à le comparer au Graal d'une certaine idée de la physique que l'on souhaiterait assimilable au mystère originel.

Dans cette équation inconnue fort utile au fondement d'une existence objective concevable par le propre de l'être immatériel, et dont les rapports proto créatifs leurs seront pourtant si bien assimilables à la fin de cet acte de goinfrerie, il ne subsista bientôt rien des autres riens rencontrés ça et là, et l'ennui ne leur offrit point d'autre occupation, sinon qu'à ronger coquille et couveuse: alors, c'est ce qu'ils firent, mais à vouloir être le plus rapide malgré leur lenteur affligée , il se produisit que de cette évidence improbable, ces pas grand-chose allaient devenir d'infiniment titanesque surcompacté dans l'indéfinissable du petit, puisque se partageant un unique point qui se défini minuscule par comparaison logique à ce qu'il est devenu en partant du virtuellement microscopique pour arriver à ce gigantisme universel d'aujourd'hui. De ce fait, les deux esprits perdirent malencontreusement le pseudo contrôle gravitationnel de leur pseudo cycle de prégenèse, et en prenant de la vitesse, probablement par précipitation et gloutonnerie, ils furent au final de leur éternité débutante, si incommensurablement gorgés d'absurde et aveuglés de tant d'orgueil que lorsqu'ils se rencontrèrent, cette fois de face, ils s'annihilèrent littéralement l'un l'autre en dégageant une terrible chaleur intraatomique, un feu primordial bouleversant les équations précéda une lumière si aveuglante et suivie d'un déferlement si inconcevable d'énergie se déversant du néant qu'elle s'exprime encore de nos jours par le rayonnement fossile dévoilant du même coup l'intimité divine et sa métaphysique. (le fait de cette lumière fut confirmé par la sonde-satellite COBE envoyée de la Terre-Mère quinze à vingt-milliards d'années plus tard)...

Depuis le temps que dure son évolution, l'homme, dans sa grande majorité a toujours ressenti un besoin inné d'être rassuré par quelque chose ou quelqu'un d'autre que lui, et c'est probablement cette notion fondamentale métaphysique qui à ouverte grande, une 'béance' dont la pensée intuitive fut transcrite sur les parois des grottes par des mains d'artistes qui les habitaient. Évocateurs des premières divinités d'abord astrales et prenant peu à peu pour partie, forme humaine, ces fresques montraient des esprits aux corps de déesses garantes d'une lumière protectrice assurée certaines nuits, par des dieux qu'ils ne manquèrent pas d'invoquer régulièrement pour se défendre contre l'angoisse, cela générant l'apparition de nombreux mythes pros religieux, liés à l'éclat de notre satellite naturel.

Pour des êtres primaires, la mort était souvent rattachée à la notion des ténèbres qu'ils ne s'expliquaient pas. Ainsi, ils se mirent à adorer la lune, et les premières traces de cultes furent de ceux qui voués à la déesse Axtha apparurent sur la Terre-Mère probablement des centaines de siècles avant Jésus-Christ; et pour être précis: il y a plus de trente-cinq mille ans, avec l'émergence de "Cro-Magnon"! C'est la plus ancienne pratique des religions du monde, son histoire remonte à la nuit des temps. On peut aisément retracer l'évolution de la déesse Axthsa (ou Athséra) dont quelques colporteurs de traditions et autres histoires élevèrent imprudemment au rang de favorite par devant le Suprême créateur de toutes choses, provoquant le grand dam d'un christianisme convaincu avec juste raison qu'il ne pouvait en être ainsi, et qui condamna toute pratique du culte de cette Déesse qui selon eux ne pouvait être qu'une impie, en déclarant ses grandes prêtresses coupables de sorcellerie sans le moindre distinguo pour leurs doubles fonctions attachées à la Lumière Céleste. Mais auparavant l'idée avait fait son chemin au point que la puissance du culte d'Axthsa en prit beaucoup d'importance; pourtant comme on lit un livre sans pages, bardé d'imageries profondément populaires et de légendes colportées de bouche à oreille dans des langages différents, il advint que sans plus d'initiés à pratiquer un vrai mode d'expression et de communication par écriture de signes gravés pour être des mémoires lisibles par d'autres dans le temps, comme ce fut notamment le cas de runes il fallût attendre la Renaissance et nos jours pour que réapparaisse les "Suivantes" de "la déesse au corps de pierre". Ce qu'il en résulte de matériel, à savoir, quelques sanctuaires invisibles pour le regard humain, porte pourtant à en modérer la crédibilité: certes si l'idée mythologique de plusieurs dieux se trouve aujourd'hui écrasée par celle d'un monothéisme devenu plus politique que charismatique, il n'en reste pas moins que les raisons des raisonnements existentiels, notamment en ce qui concerne la Terre-Mère et ce qu'elle à pu enfanter d'intolérance et d'obscurantisme religieux, ne favorisent pas toujours des relations humaines devenues si complexes que l'on n'en saisit pas toujours le sens. Les vraies 'bonnes paroles' admises par bien des peuples plus épicuriens qu'ascètes, sont finalement celles de paraboles plus terre-à-terre et prosaïque que réellement sacrées ou philosophiques. En fait, si l'on souhaite juste s'informer, on ne saisira rien d'une conception donnée pour être sacrée si l'on se contente de 'décortiquer' scientifiquement et philosophiquement une seule raison religieuse. Et puis il me semble que la vie durable ou non sur la Terre, serait bien difficile à s'accepter si l'espoir d'un ou plusieurs 'ailleurs' ne nous était pas permis. Alors, moi, Lucien: poète de quatre sous, voici que je vais naitre pour vous entrainer dans ma spirale... celle de l'intuition et du rêve assimilable ou constructif d'une sorte d'espoir qui se ressent en osmose lorsqu’ont lieu de vrais rapports normaux et paranormaux entre êtres sensibles.

***

En ce dimanche encore approximatif du mois d'août 1943, une lune blafarde éclaire tant qu'elle peut les rues de la cité française qui vit naître et enterrer Arthur Rimbaud... Cette fin de nuit tiède qui prédit la saint- Eusèbe est le prélude d'un nouveau jour, mais en refoulant ses draps noirs vers l'ouest elle découvre encore trop les stigmates de la guerre mondiale, que le reflet d'Athseara baigne tristement de sa lueur bleutée. Pourtant, les vivants qui malgré l'horreur croient encore à leur Dieu, vont bientôt se lever et se préparer à l'honorer par un anniversaire catholique: celui de l'assomption de Marie... Et cela devra avoir lieu... Malgré toute cette haine visible, et tout ce sang noir qu'on ne savait plus où enfouir, bien qu'il fut aussitôt absorbé par le sol vampirisé, autant que caché sous la cendre et les gravats mouillés par des larmes horrifiées. Alors, conciliant, mais aussi un peu comme s'il voulait démontrer la folie des hommes jusqu'à éclairer le morbide du visage exsangue et les restes devenus sordides des millions de soldats

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tombés: le grand disque d'argent s'évertuait à incommoder les ombres néfastes de la planète en projetant sur elles le reflet affolant de Phoébus, qui, dans son miroir superbe, dévoilait sa beauté sélénite, dans un peu de l'énergie empruntée de la vie stellaire afin de ranimer la flamme humaine de quelques errants survivants perdus dans l'ombre morte de Gaïa.

Gisant faible et dérisoire, un enfant vient de paraître, mais le teint de son pauvre corps inanimé est bien trop bleu pour rassurer l'entourage...

Au dehors, un peu de l'atmosphère faussement complice commençait à valdinguer dans les turbines des sirènes angoissées, tendis qu'un vrombissement assassin s'amplifiait à l'ouest d'un ciel criblé par d'indécents projecteurs accouplés aux gueules toutes prêtes à cracher les obus de la défense contre-aérienne...À l'intérieur du bâtiment aux fenêtres aveuglées, chacun retenait son souffle, comme s'il voulait à la fois singer le nouveau-né exsangue et faire silence comme on se protège d'un ennemi qui vous cherche: on pouvait encore à ce moment percevoir le vrombissement maladroit d'une mouche à viande prise derrière l'occultation de toile noire qui laissait filtrer épisodiquement l'éclaboussure des mortelles lumières artificielles tandis que l'insecte se ruinait les ailes sur les vitres obligeantes de la grande fenêtre.

Certainement, le petit être à la peau fripée s'était trop obstiné à vouloir rester dans son monde aquatique, celui chaud et protecteur du ventre d'où il venait; refusant d'instinct qu’on le sépare du placenta nourricier de la mère, croyant sursoir à la colère d'un ciel zébré des nombreux faisceaux de la DCA aussi inquisitrice et froide qu'un scalpel disséquant le corps d'un ciel mourant. Près de la table d'accouchement, la triste clarté d'une lampe à carbure éméchée avait remplacé la lumière de la lampe à iode promptement éteinte, et chacun vacillait dans son ombre gênée tandis que la nuit lacérée dans ses haillons se mit à vomir de l'acier meurtrier mêlé à un ouragan de feu, dont le souffle dévastateur, véhiculait la poussière et projetait les gravats des maisons éventrées... L'urgence d'un choix devenait incontournable, car il convenait de quitter au plus vite le lieu d'accouchement devenu trop précaire, afin de rejoindre rapidement un abri plus sûr; alors, une claque magistrale cingla les fesses du petit corps inerte, et la bouche s’ouvrit enfin comme prête à engloutir la lune, le bébé aspirant du même coup un peu de l’air moite environnant: mais la brûlure ressentie par l'enfant est si atroce que ses poumons qui avaient enfin consentis à se déployer se contractent aussitôt sous l'effet d'une brulure insupportable, faisant que le nouveau-né se met à hurler tout en prenant doucement l'aspect de la vie; et puis ce fut bientôt les prémices démoniaques de l'apocalypse: les premières bombes incendiaires déclenchant leur feu grégeois, et le jaillissement trop proche d'une lumière aveuglante, le souffle et le vacarme d'une violente explosion qui fit se lézarder les murs creva une partie de plafond du dispensaire qui s'effondra en pulvérisant l'armoire tandis que les vitres brisées des fenêtres s'éparpillaient en des dizaines d'esquilles aussi coupantes que des bistouris

- ça n’est pas tombé loin! dit une voix étranglée par la peur...

Cette précision de la Sage-Femme improvisée était de mauvais augure, mais elle ignorait qu'alors un éclat de l'énorme bombe Américaine tombant sur Charleville-Mézières à côté de sa cible, venait littéralement de décapiter la future marraine de Lucien, alors que traversant sa cour dans le but de rejoindre l'abri le plus proche, elle se dirigeait d'un pas pressé vers la mort…

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