Lune verte

valjean

Peau tambour qui vibre sous des balles d’eau

Pluie tropicale ignorant la frontière du tissu

Glisse, chatouille, s’immisce dans sa course folle

Vers le sol épousant d’autres fils d’eau

Ruisseaux où s’ébaudissent les pieds fleurs

Pieds qui dansent, sautent, pieds pianos

Aux orteils devenus touches musicales

Sous l’effleurement des gouttes de la lune verte

Muse des plantes tropicales aux feuilles applaudissantes

Déesse des salties(1) remontant la lagune fertile

Phare des requins qui jeunent  et des méduses avides

Sous la lune verte et mouillée, ignorant le péril

S’agitent les blancs bariolés aux yeux de braise

Inconscients des dangers de la forêt de pluie.

Là bas, à l’abri des feuilles ondulantes du palmier

L’aborigène vit ses rêves en symbiose avec l’astre vert.

L’Homme a rendez vous avec sa lune.

Les didgeridoos baillent, comme les dingos

La lune verte s’apaise et sourit

Comblant d’aise les soldats croassant de la mangrove

Puis elle dresse son lit de nuages

Et s’endort de sa voix lactée.

(1) Le salty est considéré comme le plus grand des reptiles, c'est un crocodile australien d'eau salée qui a la particularité de pouvoir aussi remonter le cours des rivières.

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