marie lise mon coup de coeur

Nadia Esteba

MARIE LISE Comme une poussière scintillante…

Elle fait partie des belles personnes à l’âme merveilleuse et je me guide à ses vêtements blancs sur le chemin, pour ne pas sombrer du côté obscur. Lisse et douce, prêtresse du temple d’un soir, aux abords de l’étang, imprégné de parfums aux couleurs de ses yeux, un jour elle a dit hâtons nous, allons au rendez vous des étoiles, ce soir là la lune en croissant, dans la transparence d’un ciel pâle, n’était que le fer blanc égaré par une véloce licorne d’argent et nous avons attendu jusqu’à l’aube pâle. Dans le rêve de ma vie, la réalité et les songes se confondent. 

C’est l’eau bleue de notre enfance la magie de ce territoire. Un châle bleu et dentelles d’or

s’envole des épaules de Wilborada, dans LA BLANCHEUR DE MES SOUVENIRS.

La musique étoilée, neige comme un champ de rouquette .Quelle était belle Marie-Lise dans la lumière, les cheveux éclairés par les halos de la lune, les soirs où celle-ci montrait sa grosse tête blanche, les soirs où dispose enfin,  la lune sourit. Comme au cinéma, quand le metteur en scène tourne,le visage candide de Marie des Lys attrapait la pâleur virginale qu’accompagnait une voix de source, limpide, racontant   des horreurs sur les pauvres vies grandioses, illuminées d’art et de feux d’artifice de Joë Bousquet,Toulouse Lautrec magistral, impérial même. . Des flocon subtils tombaient sur son décolleté Un contraste, dans son pull blanc cassé, alors que l’auditoire assis sur le sable était plongé dans l’obscurité, le silence noir .Joë et elle, attiraient le regard émerveillé, pour mieux se suspendre aux rênes des chevaux peints avec dextérité par Henri de TOULOUSE, chevaux de rêve et chevaux de course emportant fictivement dans un voyage envolé merveilleux, le petit homme infirme. Héroïne d’un soir Marie-Lise conteuse était de la famille d’Henri, de Joë, de Lorca, leur sœur même, tant l’osmose était palpable l’empathie vraie comme s’ils avaient vécu quelques jours ensemble comme si elle avait percé leur intimité et pleuré à leur disgrâce et nous appartenions d’un coup, tous, à toute cette famille éclatée à travers tous les poètes du monde.

Les réverbères de Paris, aux lumières opalines, nous faisaient emprunter des rues étroites humides, vératre blanc, seul le Moulin qui n’avait rien à voir avec celui de la Pacheïre pur mais dénué d’atours, arborait des décorations en guirlandes d’ampoules colorées.

Nous découvrions alors des mômes mi-filles mi-femmes au visage crayeux, blafard, comme enfariné, la bouche ostensiblement soulignée de carmin au-delà des frontières des lèvres, comme de pauvres lys fanés, leurs seins ivoirins, suscitaient un élan de sympathie et de pitié d’humanité .Lettres à Poisson d’or, Linette tout se mêlait dans notre imaginaire.

La vie dépeinte comme en photos, dans un trait spontané sans repentir. Les intervalles, les pauses, entre les mots, les blancs même, nous faisaient découvrir à quel point nous aimions les peintres les écrivains, et voulions en savoir davantage sur le génie créateur, l’univers des danseuses, la débauche les couleurs employées, pour savourer en silence, clairement, les délices de notre vie rangée où nous avions encore du pain blanc. Savions nous seulement si pourtant tout ce monde ne baignait pas, nettement dans le bonheur choisi, de l’expression libre des sentiments, sans entrave ? Mais, déjà les paroles, au milieu de la nuit, déjà les écritures commençaient à devenir invisibles, tant elles étaient diluées,dans le visage laiteux d’une lune diaphane , qui se confondait avec celui au cheveux blonds de Marie-Lune. Les gens s’agglutinaient comme les abeilles autour de la reine illuminée, laiteuse, pourvoyeuse, s’approchant doucement  pour profiter de son aura. Blanc sur blanc sa silhouette se décalquait sur les visions féeriques et les Mitounes venaient boire au ciel humide une crème de nuages, celles du lait des brebis d’Odile Jalabert, qui garde au ciel le troupeau, maintenant recouverte d’un manteau d’étoiles,

NADIA ESTEBA

 

 

 


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