monde gonflable

bof

Quand on y est, elle est bonne, c'est quand on en sort qu'on s'enrhume. C'est tiède la médiocrité. Médiocrité d'un monde peint sur toile tendue : Quand le doigt s'enfonce et perce le papier, joli crépon rose, il ressort drôlement coloré, jaune pistache. Et pour peu que l'on appuie encore un peu, un bon jus nauséeux perle d'une garniture molle, visqueuse, presqu'encore vivante, une sauce âcre et malodorante. Le monde comme décor ? Un poster géant punaisé à un mur de gélatine ! Panse difforme de trop de jus stomacal aux varices pleines à craquer, ça dégouline. On n'hésite un peu bien sûr, on trempe du bout du doigt, à peine, on se dit que, non, ce n'est pas ça, ça s'peut pas, puis on se rassure, doigt dans la bouche : C'est un peu sucré finalement. Faut-il quand même être tordu pour l'aller percer, la belle toile ! Prouver qu'on a raison ? Pince-moi-un-peu-pour-voir ? Beurk, oui elle est bien là, la sauce abjecte et puante. Garde les yeux bien fermés : cette pâte dentifrice, ossature molle et maléable au besoin, c'est elle qui façonne, maintient la toile du spectacle des marionnettes, du joli paravent de tapisserie bleue. Rajoute-un-petit-bout-par-ici, recolle-un-peu-par-là, pas que ça déliquesce trop, quand même, pas faire peur aux enfants : bien leur apprendre que la médiocrité, c'est notre point zéro, la graduation à notre mesure. On est bien, dans notre château gonflable, à rebondir, et quand on parvient à se redresser, droits, on est fier. Bipèdes, quoi.

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