Ondes sensuelles

Simon Castéran

ONDES SENSUELLES

Synopsis :

L'heure est grave, et l'éternel féminin. Dans le monde entier, les hommes doutent, et leurs spermatozoïdes meurent. Autrefois virils et sûrs d'eux-mêmes, ils s'efféminent, empruntent les produits de beauté à leurs soeurs et leurs femmes, parlent de leurs sentiments et, lorsque assaillis par les sauvageons dans la rue noire, ils doivent défendre leur copine ou leur portable, ils préfèrent appeler la police que se battre. Effet de civilisation ? My ass, répondent en choeur la CIA et son agente émérite Mia Sparrow. Tout indique que plutôt qu'un nouveau fait culturel, l'humanité est la victime d'une campagne insidieuse de détestostéronisation globale, menée par une puissante organisation secrète internationale, Alma Mater. A travers ses relais, notamment dans le monde médiatique, A.M. aurait trouvé le moyen de modifier l'esprit des hommes pour abaisser leur virilité jusqu'à fondre l'humanité entière en une masse attentionnée et presque androgyne. Mais comment ? Un premier indice se révèle à Mia lorsque l'on repêche dans un canal près de Toulouse, le corps d'un célèbre trublion parisien, polémiste de concours, auteur d'un récent livre à charge contre la perte de sens et de virilité du mâle contemporain. L'autopsie révèlera, au fond de son intestin, une petite capsule contenant une suite de chiffres : plusieurs fréquences radio françaises et à l'étranger. Plusieurs d'entre elles appartiennent à un autre trublion des médias, catégorie patron : Marc Pierret, président du label Life Records, qui possède à elle seule un tiers des stations de radio françaises. Un homme controversé qui, lorsqu'il ne règne pas sur les ondes hexagonales, se retire dans un manoir aux allures de forteresse, où il entretient un véritable harem. Mais le plus surprenant se cache sous les pelouses de la résidence où, d'après un sondage satellitaire de la CIA, se trouverait une impressionnante installation secrète. Et cela n'a rien d'un studio d'enregistrement...

Personnage :

Nom : Mia Sparrow.

Âge : 26 ans. Née le 6/10/1984 à Séoul (Corée du Sud).

Courte description physique : 1m65, yeux noirs, cheveux noirs. Une coupe qui lui va mieux qu'à Mireille Mathieu.

Elevée par sa mère, Mia Sparrow n'a jamais connu son père. Du moins, pas avant ses vingt-deux ans, date à laquelle elle apprend, de la bouche de Nord-Coréens fraîchement réfugiés, qu'un Américain du nom de Peter Sparrow a été capturé par le régime de Kim Jong-Il alors qu'il effectuait une mission de reconnaissance aérienne. Mia quitte alors Séoul et ses sages études d'ingénieur en robotique pour partir au secours de son père. Elle y parviendra après un an et demi d'infiltration du régime communiste, grâce à son charme, sa ténacité et un certain nombre de sacrifices qui, encore aujourd'hui, lui laissent un goût amer en bouche. Mais elle a gagné l'essentiel : elle et son père ont regagné en 2008 le Monde Libre, après un détour par la Chine. Un exploit qui lui a valu la reconnaissance et l'intérêt de la CIA. Le goût de l'aventure et du secret étant de très loin plus relevé que celui de la recherche, fût-elle de pointe, Mia a accepté l'offre de l'agence américaine de renseignement, et est devenue leur nouvelle recrue. A la Ferme, là où la CIA forme depuis des années ses meilleurs agents de terrain, Mia s'est vite imposée parmi les juniors les plus en vue. Ses études d'ingénieur lui ont conféré une pratique naturelle des derniers systèmes d'écoute et de contre-mesures. Agile et rapide, elle mystifie ses adversaires au combat, esquivant sans peine leurs attaques pour mieux les surprendre et les envoyer au tapis. L'un d'eux dira d'ailleurs qu'affronter Mia revient, en somme, à essayer de tabasser les nuages. En outre, Mia possède une solide culture géopolitique, et maîtrise, en plus du coréen et de l'anglais, le mandarin, le français et l'arabe. En revanche, s'il lui fallait trouver des défauts, ses supérieurs de la CIA la trouvent parfois trop indépendante, n'hésitant pas à sortir du schéma de mission pour satisfaire une envie personnelle ou parce qu'elle souhaite éviter des dommages collatéraux qu'à Langley, on aurait jugés inévitables. De même, elle s'est attirée quelques inimitiés parmi les huiles de Washington, pour son franc-parler et quelques bons mots sagement dévastateurs qui ont fait leur chemin jusqu'aux intéressés. Mais même ceux qui en ont souffert ne voudraient pour rien au monde l'envoyer derrière au bureau : Mia Sparrow est trop importante pour l'Agence pour que celle-ci puisse se passer de ses dons.

Scène érotique :

Marcus était allongé sur le lit, écrasé de chaleur. Mia sourit. C'était presque trop facile. La démarche féline, elle s'approcha du géant, le parquet fatigué craquant par endroits sous ses pieds. Dans l'air lourd de la Louisiane, tout semblait aller au ralenti. Marcus dormait-il vraiment, ou faisait-il juste semblant ? Mia en aurait vite le coeur net. Elle grimpa sur le lit à ressort, et se lova sur le torse du métis. Un oeil s'ouvrit, puis deux. Et se refermèrent, tandis que les lèvres laissaient passer un petit sourire amusé.

Mia passa un doigt badin sur le torse de l'homme. Luisant, solide, musqué. Un détour par le téton, qu'elle agaça de l'index, puis de la langue. Un soupir lui répondit. Le long de ses côtes, elle sentit un mouvement au niveau de l'entrejambe de Marcus. Elle rit. Sa main fila aussitôt vers la zone de séisme, qu'elle ouvrit d'un geste tendre mais ferme d'un trait sur la braguette. Libérée, une colonne noire s'éleva alors dans l'air humide. Mia s'en saisit à pleines mains. Doucement, amoureusement, elle se mit à imprimer à l'obélisque un lent mouvement de va-et-vient, au rythme du souffle de plus en plus présent de Marcus. Entre les mains de la belle, son sexe continuait de gonfler, parcouru de nervures de plus en plus apparentes. Elle accéléra. Nouveau râle de plaisir, accompagné du clapotement caractéristique du pénis qui s'hydrate. Mia engouffra aussitôt le sexe de Marcus dans l'espace étroit de sa bouche, titillant le gland de sa langue vive et joueuse. Entre ses lèvres, elle pouvait sentir le pénis du Black durcir et respirer, coulant dans sa gorge comme un mets absolu et savoureux. Marcus était désormais tout à fait réveillé, haletant sous les coups de langue de Mia, que ses mains longues et puissantes enserraient avec amour autour de sa verge.

Mais quelle ne fut pas sa surprise quand, d'un mouvement des hanches, la jeune femme se replaça plus à son aise, le chevauchant désormais complètement, ses petites fesses pleines s'offrant au regard de son amant. Marcus comprit le message. D'une main délicate, il souleva la robe d'été de l'espionne, découvrant une simple culotte de coton blanc. A l'heure des strings et autres fantaisies en polyuréthane, l'agent de La Havane appréciait ce petit anachronisme. A l'aide de ses doigts tendres, il écarta le tissu, et embrassa la moiteur à pleines lèvres. Puis ce fut sa langue qui se fraya un chemin, Mia s'ouvrant peu à peu en fleur. Ses pétales de chair s'ornèrent vite de rosée, coulant sur le menton de Marcus. Un grognement satisfait accueillit cette ondée. Il en plongea de plus belle entre les cuisses de l'espionne, qui déjà vibrait et haletait. Elle laissa échapper un râle discret, fin comme un tissu de soie que l'on fait glisser entre ses doigts. Tout comme son amant, Mia était au bord de se laisser emporter par le plaisir. Elle se ressaisit. Marcus allait jouir, l'instant était parfait. Echappant un instant à ses attentions, elle se jucha face à lui, assise sur son ventre, son sexe toujours emprisonné dans sa main. Déjà Marcus roulait des yeux fous, suppliant sans le dire qu'elle le libère de cette tension insupportable. Il commençait à ruer, le corps mince de l'agente tressautant sur son bassin rendu furieux par le désir. Il est à moi, sourit intérieurement Mia. Elle n'en serra que plus fort le sexe de Marcus dans sa main, l'empêchant de jouir, tandis qu'elle lui bloquait le cou de ses pieds. Mutine, elle se pencha vers son beau métis, et murmura :

- Et maintenant, tu vas parler...

Scène d'action :

Deux solides mastards gardaient la porte du bureau de Marc Pierret. No big deal, sourit Mia. Prenant son air le plus dégagé, elle fit son entrée dans le couloir, s'efforçant de jouer au mieux la convive égarée et un peu bourrée. Mais à peine avait-elle fait quelques pas que l'un des deux vigiles s'avança pour lui barrer le passage.

- Vous n'avez rien à faire ici, aboya-t-il. Redescendez.

- Je suis désolée, je... Je cherchais les toilettes...

- Les toilettes sont en bas, mademoiselle. Veuillez redescendre immédiatement.

- Vous n'êtes pas très gentil, dites donc !

Pas de réponse. Le gorille campait fermement sur ses rangers, l'air mauvais. Grand, les cheveux blond ras et le visage comme un parpaing, c'était l'archétype du cogneur sous contrat. Un type qui devait carburer à l'adrénaline et à la bière. Mia s'approcha un peu plus. Minaudant, elle se mit à onduler dans sa robe de soirée, tentant de manière à peine dissimulée d'éveiller la lubricité du mâle. Elle soupira.

- A vrai dire, je... Je n'ai pas très envie de redescendre... Tous ces gens, en bas... Ils sont d'un ennui ! Je pensais que... peut-être... je trouverais ici des gens un peu plus amusants...

Le mastard se taisait toujours. Ses yeux durs ne quittaient pas Mia, tandis qu'elle dessinait de courtes arabesques sur son torse. Le géant lui attrapa le poignet.

- Ca ne marche pas avec moi, mademoiselle. Redescendez immédiatement ou je me verrai contraint d'utiliser la force.

- Ce disant, il accentua sa pression sur la main de Mia. Tant pis pour les bonnes manières. L'espionne lui envoya son genou droit dans l'entrejambe. Le molosse se courba dans un cri, avant de s'effondrer au ralenti, les mains autour du paquet douloureux. Mia en profita pour l'achever d'une machette à la nuque. Mais déjà l'autre sbire se ruait vers elle, hurlant en codé dans sa manche. Droite, droite, gauche : heureusement pour Mia, celui-ci semblait n'avoir jamais cogné que sur des sacs de sable ou ses amis de la salle de boxe. Ses coups, bien que puissants, étaient d'une rare imprécision. La jeune Coréenne n'eut même pas besoin de sortir son meilleur tae-kwon-do. Du talon, elle le cueillit sous le menton. Sonné par la violence du choc, il tournait encore sur lui-même quand elle lui faucha les jambes. L'homme tomba lourdement à terre, vaincu.

Pas de temps à perdre, l'escalier de marbre tout proche résonnait de la cavalcade des autres agents de sécurité. Mia enjamba le corps du vigile et pénétra dans le bureau. C'était une pièce richement décorée, boiseries et tableaux de maître, au centre de laquelle trônait une table en acajou massif. L'agente aperçut tout de suite ce qu'elle était venue chercher. La petite statue de nymphe qui, sous son air banal de presse-papiers, dissimulait dans son socle le disque dur recelant les plus secrètes et noires turpitudes du patron de Life Records. Mia allait s'en emparer quand, du coin de l'oeil, elle aperçut un mouvement dans le fond de la pièce. Quelqu'un était là.

- Mmmfff..., fit la forme.

Engoncée dans un fauteuil Louis XV, une femme aux traits maigres était attachée et bâillonnée. Elle avait l'air mal en point, les cheveux en bataille et l'oeil gonflé par un vilain cocard. Ses mains se tendaient désespérément vers Mia. Elle la suppliait.

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