Paradis

leto

Ma tête contre la vitre, le regard dans le vide. Je vois les arbres passés vite, à l’autre bout du monde. J’entend le tonnerre qui gronde.

Ronde comme la Terre, elle porte la vie.


Mon passé défile tel une bobine de film ; je ne peux plus rien contrôler. Les souvenirs me figent, seule ma rétine frétille.

Ses yeux marrons brillent, la plus belle chose depuis des piges. Avant elle, j'errai tel un camé calé dans son canap' troué.

Avec toi, j'ai à nouveau des idées, l'envie d'avancer. Je ne veux plus retourner dans mon sombre passé, à deux doigts d'imploser où de les enfoncer dans une fille qui ne m'appartient pas. Faire rire ses pauvres bâtards, pour essayer de devenir quelqu'un.

Être là pour mes frères qui tombaient souvent. S'oublier et disparaître dans le reflet de ses doutes. J'attendais comme un chien son retour, mais je ne la croyais pas lorsqu'elle me disait « Je t'aime pour toujours. »

Enfermé dans mon enfer artificiel, les yeux pleins de colère contre le ciel. Il m'a fallu un moment pour comprendre qu'on est maître de son destin. Je faisais le malin quand je caressais le bout de ses seins, avant de lui péter les reins, après s'être flingué le foie, j'avais perdue la foi, perdue de vue la joie.


C'est au moment où j'avais prévu de partir que t'es arrivée, tu m'a donné mille raisons d'aimer la vie, cette vieille salope. T'es si pure, je bois chacune de tes paroles. Ta voix calme mes démons, ton âme fusionne avec la mienne lorsqu'on parle tard dans la nuit, sur la même longueur d'onde, quand je sors griller une blonde je me demande si j'existe vraiment, j'ai l'impression d'être mort y a un an, chaque jour, je me réveille au paradis lorsque tu es près de moi. Je t'admire un instant et me remémore ton visage paisiblement endormi, toute la matinée.

 

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