Paris au mois d'aout

silhius

Paris en cette fin du mois d’Aout est tranquille. Il est environ 19:30 et la lumière du jour est sur le point de s’éteindre. La chaleur étouffante qui a régné toute la journée commence à décliner, même si les murs de la ville transpirent encore. Il pense à cet été qui n’en finit pas, à cette douleur sans nom qui irradie son cerveau, taraude son corps. Il a beau essayer de faire le vide, il a toujours dans la tête le souvenir de ce diner de juillet avec Matildhe, de cette marche dans Paris sous un temps glacial et humide, de ce dernier baiser posé furtivement sur ses lèvres, place du Panthéon. La colère s'est emparée de lui après cette soirée, dévastant tout sur son passage. Il sort de la douche et laisse la chaleur qui règne évaporer les gouttes d’eau qui filent sur sa peau. Il s’approche de la glace, fait quelques grimaces pour tester l’élasticité de son visage et peut-être aussi pour ne pas en voir la vérité du reflet.

 Il regarde l’heure, 19:45. Il a le temps encore, ayant fixé rendez-vous à Hélène vers 20:30 dans un bar du centre de Paris. Deux semaines plus tôt, il a fait sa connaissance sur Meetic, site normalement dédié aux rencontres tranquilles et sérieuses. Depuis la fin de son histoire avec Mathilde, fatigué de ses aventures vénales, il chassait sans conviction mais avec un certain acharnement sur internet. Les sites tournés uniquement sur le sexe ne l’avaient pas du tout convaincu. Enormément d’hommes se faisant passer pour des femmes y trainaient pour s'astiquer le jonc et les quelques contacts qu'il avait eus s’étaient asséchés aussi vite que l’oued après l’orage. Meetic fut plus à la hauteur de ses attentes. Comme quoi, il ne faut pas se fier aux apparences! Il eut quelques aventures d'un soir mais elles n'avaient pas assouvi ses envies de sexe sans fioriture et de perversité. Au début du mois d'aout, revenant de quelques jours de vacances , il se connecta. Après quelques minutes passées à consulter les annonces, «Ad libitum», lui envoya un "flash". Le pseudo l’intrigua et il fit le choix de le prendre au sens premier. Aucune annonce de présentation, une photo floue ; il lui envoya, comme à son habitude, un simple «Bonsoir...» sur le Chat.

 «Salut belle gueule» furent ses premiers mots.

 Très vite, les paroles s'envolèrent et devinrent très crues, remplies de plaisirs et de vices. Séparée depuis peu, elle voulait que tous les fantasmes qui animaient ses rêves deviennent réalité. Elle rêvait d'être l'objet sexuel d'un homme sans scrupules qui l'utiliserait, mais elle n’avait pas encore vraiment franchi le pas. Des écrits ils passèrent à la voix : Discussions téléphoniques qui duraient des heures, mots chuchotés, gémis, qui le faisaient terriblement bander. Ils échangeaient des textos torrides, qui mettaient son émoi sous une perpétuelle tension. Ils parlaient certes essentiellement de sexe, de leurs fantasmes, de leurs perversités vécues ou non, mais aussi de littérature, de musique, de leurs vies ou la trahison et les faux-semblants d’un être aimé les avaient tous les deux envoyé au fond de l’eau. Elle avait cette cérébralité qui l’attirait, ou l'érotisme prend sa source au plus profond du cerveau et quelques folies mordaient dans sa vie. Un dimanche soir, la semaine qui précéda leur rencontre, ils se retrouvèrent tous les deux au même moment dans un train. Elle revenait d'un weekend sur l'ile de Ré, il était dans le Bruxelles-Paris, après une journée passée à Knokk-le-Zoute. Il était parti la-bas pour y retrouver une dame connue la encore sur Meetic. La journée avait été agréable, ils avaient profité de la plage par un temps digne de la côte d'Azur et avaient baisé rapidement, sans saveur, dans une de ces cabines de plage que l'on peut louer pour quelques Euros. Au retour, brûlé par le soleil belge, Hélène et lui s'étaient envoyés des textos pornographiques. Elle se prit en photo. On ne voyait que sa main juste posée sur sa cuisse, jupe légèrement relevée. Une image simple, aérienne, pleine de couleurs ou tout son désir s'exprimait. 

19:50, Il enfile un pantalon de toile et un teeshirt noir, rien en dessous. Il aime sentir son sexe libre tendre le tissu lâche du pantalon. il lui a demandé de venir nue sous sa robe. L’idée de pouvoir la saillir directement lui donne une terrible envie de baiser et son érection est visible à 100 mètres. Il va falloir qu'il calme dans le métro, qu'il pense à autre chose.

20:00, il est temps d’y aller. Le crépuscule à envahit le ciel. Il allume une cigarette et se dirige lentement vers le métro. Pas de changement pour aller à Chaussée d'Antin, il risque d’être en avance. Il glisse sa main dans une poche et ne peux s’empêcher de caresser son sexe, en pensant à ses échanges avec Hélène. Il est facile de paraitre vaillant derrière un écran, sera-t-il à la hauteur ?

20:10 Le métro n'en finit pas d’arriver. Le service de la RATP est estival et tourne au ralenti. «Prochaine rame dans 4 minutes ». Pour tuer le temps, il joue avec son téléphone. La sonnerie de fermeture des portes retenti enfin. Il compte les stations, jusqu’à sa destination. La rame est presque vide. Quelques touristes en nage après une journée à arpenter les rues de la capitale, essayent de déchiffrer leurs plans. Les parisiens qui voyagent sont surtout seuls.

20:25, Il saute enfin du métro, escalators, marches, le voici dehors sur le boulevard Haussmann, presque silencieux. Il fait nuit maintenant. il rallume une autre cigarette et se dirige vers le bar qui n'est qu'à quelques minutes de marche. Son coeur bat très fort et la chaleur commence à le faire transpirer. Il ralenti encore le pas, pour en faire baisser le rythme. Il aime en même temps ces situations, cette attente, cette plongée vers l’inconnu, ce plaisir brut et sauvage d’aller baiser une femme avec qui il n'a eu que quelques échanges virtuels. Le physique ne compte pas dans ces situations, c’est la cérébralité, le cerveau qui commandent.

20:30, il est devant le bar. La porte est ouverte, un épais rideau ocre retient les courants d’air. Il a l’impression de pénétrer dans un bordel. Une fois le seuil franchi, il imagine une nuée de putains toutes dévêtues se jeter sur lui, avec leurs sourires de circonstance et leurs poses suggestives, mais non, pas un bruit. Pour accéder au bar, il faut descendre les marches d'un escalier en bois sombre. La salle est entièrement vide, à part une jolie brune aux cheveux noirs mi-longs, assise sur un tabouret au comptoir, vêtue d’une petite robe noire et de grandes bottes en cuir à talons aiguille. Les « fuck-me-boots » comme elle les appelle. Il s’approche lentement, elle l’a vu dans le reflet du miroir et se tourne en lui souriant. Il est maintenant à ses côtés. Sans dire un mot, il l'enlace, appuie son ventre sur sa cuisse pour lui faire sentir son érection, pour la saluer. Elle soupire. Sa main caresse sa chatte, elle est humide, son visage est contre le sien. Il sent son souffle, effleure ses lèvres.

il retire sa main et la regarde. « déboutonnes un peu plus ta robe ». Elle a des seins magnifiques, lourds, ronds, qui pointent fièrement à travers le tissu. Elle s’exécute, se cambre légèrement, tout en le regardant droit dans les yeux. Sa bouche est entrouverte, sa langue pointe légèrement sur ses lèvres. Il se jette sur elle pour l'embrasser, pour la mordre. Le bar est désert. Il entend juste la barmaid s’affairer à l’autre bout. Elle les voit, vient prendre la commande, les sert et s’éloigne de nouveau. Il joue de nouveau avec le bas du corps d’Hélène. Ils échangent des paroles sans importance et vite oubliées. Elle est belle, très belle, terriblement excitante, elle respire le sexe et l’envie. « Tu es une belle chienne », lui glisse-t-il à l'oreille. Elle trésaille un peu, mais se colle de nouveau à lui. Ils continuent ainsi à s'amuser au comptoir du bar qui est toujours aussi vide de clients. Il a envie de la prendre la, toute de suite, mais les va-et-vients du personnel l'en empêchent. Elle masturbe son vit doucement à travers le pantalon. il sent que si elle continue ainsi, il ne pourra résister bien longtemps.


 «Allons-y, Salope, j'ai une envie folle de te défoncer». Il ne prend plus aucune précaution dans ce qu'il dit. Le désir qui monte en lui à éclaté toutes les barrières de la bienséance. 

Elle habite à côté et lui propose d’aller chez elle. Ils sortent du bar, marchent dans les rues dépeuplées. Il caresse sa croupe nue. Un homme s'avance sur l’autre trottoir face à eux. Il les regarde en les croisant. Il en profite pour soulever la robe d’Hélène et lui exhiber sa lune. Il se retourne, le passant s’est arrêté et les observe. Il distingue mal dans la pénombre. Mais non, pas ce soir, Il veut Hélène pour lui, les autres viendront plus tard. il sourit au Monsieur, rabat l’étoffe et continuent notre route.

Ils sont chez Hélène. C’est un bel appartement bourgeois, le salon est immense, meublé sobrement. Quelques statuts africaines, un prie-Dieu, deux grands canapés en tissu crème qui se font face avec au milieu une table basse noire sur laquelle trainent quelques revues, une cheminée avec un grand miroir bordé de dorures. A peine entrés, Il plaque Hélène contre un des murs blancs, glisse sa main sous sa jupe et enfonce sans ménagement ses doigts dans sa chatte trempée. Elle gémit et sa respiration est saccadée. Elle ouvre les cuisses pour mieux le laisser la visiter. Ses doigts cherchent son anus, s’enfoncent en lui avec une facilité déconcertante. Brusquement il la saisit par les cheveux, la met à genoux puis à quatre pattes, sa robe relevé sur son cul. il la fesse, doucement, puis plus fort, tout en l’immobilisant face au sol. Elle crie, tend sa croupe, lui demande d’y aller plus fort. Son cul devient rouge et sa main commence à lui faire mal.

Il la lâche enfin et déboutonne son pantalon, son sexe est dur à en faire mal. « Suces moi » lui ordonne-t-il. Elle se jette dessus, pendent qu'il lui tient les bras, avalant son chibre au fond de sa gorge. Il lui baise la bouche de plus en plus vite, tenant sa tête pour l’empêcher de bouger. Il la sent s’étouffer, déglutir. Il s’interrompt pour lui laisser reprendre son souffle avant de continuer. Son plaisir monte, monte, mais il se retient. il la remet à quatre pattes et la pénètre en levrette d’un seul coup. Sa chatte est grande ouverte, sa cyprine dégouline. Il la prend violemment sur le parquet, telle une chienne en chaleur, gémissante et haletante. « Baises moi comme une salope, défonces moi, je suis ta pute !!! lui crie-t-elle. Il ne me fait pas prier et en même temps crache sur ses doigts pour préparer son petit, qui s’ouvre comme une fleur sous la pression de ses doigts. Il se retire de sa chatte et doucement appuie son vit sur son trou du cul. Elle se cambre encore, écarte ses fesses avec ses mains et le supplie de l’enculer. Sa queue rentre doucement, passe le premier obstacle sans forcer avant d’être avalée par son cul. Il reste au fond d’elle quelques instants, sans bouger, avant de la reprendre par les cheveux et de la pénétrer de plus en plus fort. Son bas-ventre cogne contre son cul, il lui donne de grands coups et la fesse en même temps. Il l’entend crier, cris de plaisirs, «Non» suivis de «Oui», mots dégradants, paroles déchainées, il ne peut s’arrêter. Son cœur bat à 100 à l’heure, Son souffle devient de plus en plus court, les mouvements de son bassin s’accordent avec les siens. Elle jouit avant lui dans un long râle avant de m’expulser de son cul. Elle est la devant lui trempée de sueur, haletante, cheveux en vrac, bouche ouverte, prête à recevoir son foutre. Il caresse son visage et ses lèvres avec sa queue, tout en se branlant. Il ne lui faut pas longtemps pour éjaculer…

Leur histoire dura quelques mois. Il lui fit découvrir les clubs échangistes, Elle suça un chauffeur de taxi alors qu'ils rentraient au petit matin du No Comment. Il passa des annonces sur internet pour l’emmener chez des inconnus qui la baisaient devant lui. Il l’envoya chez des hommes trouvés sur des sites, sans être la. A Noel, elle partit trois semaines en vacances. A son retour, fatiguée, elle préféra ne pas le voir tout de suite. Les semaines passèrent, Ils dinèrent une ou deux fois ensemble. Sentant que le désir s’était envolé, il mit fin à la relation. Il lui reste aujourd'hui le souvenir d’une femme magnifique, brisée par les trahisons de l’homme qu’elle aimait, salope déchainée pour rattraper le temps perdu. 

Silhius 

Paris-Zürich 2010

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