Paronomase activity

petisaintleu

Longtemps, je me suis couché de bon œil ; du côté de chez Dave : ça porte bonne heure. Après avoir croqué la Madelon – non sans quelques conséquences proutiennes qui faisaient dire à ma campagne, qui avait un corps ferme, que j'étais un garçon dans le van quand nous partions au volant de notre camping-car –, je rejoignis les bras de Morflée, à savoir le monde des cauchemars.

J'avais sans doute mal digéré le premier épisode de The Walking Dead. Des spectres d'autocars m'assaillirent ad hoc. Des ongulés de leur race me titillèrent le flan que j'avais préparé pour mon goûter. J'appelai mon Prince à la vanille pour me venir en Ned Flanders. Rien n'y fit : les épeautres du massif des Maures (dans mes souvenirs, l'action se passait dans l'arrière-pays varois) me pétrirent les mèches nasales enfarinées. Je dois vous avouer que j'avais sniffé de la coquine.

Les choses s'agrafèrent, comme le dit mon beau-frère téton. Je tombai de Caraïbe en Sheila. Il y avait un nerf de disco qui vint secouer la Xaintrailles, ma commune d'origine dans le Lot-et-Garonne, me donnant la chiatique. J'en avais plein le do qu'ils me savonnent avec leur tub. Je n'ai jamais été fan des trempettes de Jéricho ou des trips à la mode de Caen (les 1000 bytes par minute, surtout dans le ré, très peu pour moi). Rassurez-vous, c'était juste une allusion à mon imagination. Dans le vrai vit, je suis beaucoup moins cochon. Mais, reconnaissez qu'il soit normal qu'il y ait dans chaque porc une ferme.

D'immondes parallèles se succédèrent. Je fus transe-porté dans des nus nivernais qui m'invitèrent à la bourrée. Des comiques croupiers me taillèrent des bavettes à Vannes. De braves pommes dauphines m'invitèrent à leur balancer la purée. Je fus victime d'une nausée sartrienne quand on m'obligea à manger dûment des rillettes ; c'était à Gerblé.  L'indice gestion de mon estomac indiqua que j'étais à deux doigts d'un anneau gastrique.

Ce n'était pas fini ! Je me retrouvai dans le Paris-Brest de 18h15. Je tombai sous les fourches de Claudine qui, derrière son air chou, me balança une tarte à la crème. Elle se moka de moi je crois sans que pour autant je ne sorte un foret noir que j'avais toujours dans ma poche. Entre Mée, commune de Mayenne, et Le Désert dans le Calvados, j'admirai la Vilaine qui coulait sans détours. Au vu de ses épanchements de sinusite, je me dis que le rhume ne s'était pas fait en un jour.

À nous deux, quand ? m'inquiétai-je. Arrivé enfin dans la préfecture normande, j'eus le droit à un véritable festival des pins. En effet, la Baule ne pouvait plus l'accueillir. Par décision du maire, toute exhibition naturiste y avait été interdite. Gland bien leur fasse. Les spectateurs cannois étaient déchênés. On sentait partout un sentiment de bien hêtre. Pendant quatre jours, c'était l'empire d'essences qui battait son plein. Si trop niais vous n'étiez pas, vous pouviez, sans pignon sur cave, abattre du bouleau ou vous régaler du fruit des fendues.

Toutes bonnes choses ont une faim. Des visons dentesques reprirent le dessus. Je fus déporté à Carie-le-Rouet dans la bouche du Rhône. Il n'y fut plus question de tartre au chocolat ou de m'astiquer la Manche que je comptais visiter après Caen. A l'aide d'un fil, on attacha mes molaires à un ex-tracteur transformé pour l'occasion en arracheur deux dents (par soucis de rentabilité). Ce fut un étudiant en second cycle universitaire qui se chargea de la besogne. Le carabin, encore en pro-thèse, dut mettre un poing final pour venir à bout de mes chicots.

Aïe pour aïe, comme le dit la loi du Talion. J'attendis avec un patient mon heure. Il avait lui aussi été victime de ce bourreau écœurant et nous criions vendange. Nous mastiquions les raisons de la colère. Nous le traquâmes par monts et parcelles, bien décidés à ne rien lâcher, à le poursuivre jusqu'aux toilettes. Le temps de la mousson sonna.

Je ne sais pas ce qu'il en advint. Je me retrouvai au milieu de la grande bleue. Une baleine vint à mon secours. C'est assez, me dit-elle, et je me réveillai. Pris d'une fin de loup de mère, je me précipitai chez maman. Elle préparait à la perfection des plats asiatiques. Elle ne se cantonna pas qu'au riz. Elle me cuisina des beignets salés aux crevettes, bien que je n'aime pas. Finalement, c'est pas mal Commercy.

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