Paulette pique sa crise

linsatiable

Elle est arrivée à ce point de non retour qu’elle redoutait. Elle y est, face au mur.

Il faut prendre une décision : foncer dedans tête baissée ou prendre un virage radical pour l’éviter!

Elle a longtemps lutté, croyant qu’elle parviendrait à les faire changer, qu’elle réussirait à imposer ces idées, sa vision des choses.

Il fallait se rendre à l’évidence : elle avait échoué !

Elle allait claquer la porte au nez de tous ces cyniques, ces gens méprisables qui se croient au dessus de tout, ceux qui ne recherchent que le profit sans se soucier du reste, ceux qui lui répètent à longueur de journées qu’elle n’est qu’une rêveuse, qu’à un moment donné, il faut grandir, arrêter de croire aux jolies choses.

Elle allait les envoyer balader ces codes de sociétés, ces préjugés et ces barrières.

Paulette, elle s’était toujours sentie à part, un peu décalée. On la regardait toujours avec un petit sourire qui voulait dire : elle est un peu folle celle là ou pire elle n’arrivera jamais à rien. Elle était hors normes, et cela lui plaisait. Elle ne voulait surtout pas ressembler à ces gens tristes et invisibles qui se croient dans la vie mais qui ne font que la traverser.

Elle voulait juste donner sa chance à l’essentiel, aux sentiments, aux ressentis. Elle voulait ne voir que les belles choses de la vie, oublier le noir, le gris, l’obligatoire et la contrainte.

Elle en a marre, Paulette!

Elle voudrait juste vivre sa vie comme elle l’entend, elle voudrait rire, changer, écrire, aimer. Elle voudrait retrouver la valeur des choses, arrêter le temps, respirer vraiment, sentir son corps, ne plus le brimer quand il ne suit pas le rythme.

Elle voudrait regarder sa fille grandir, lui apprendre ce que l’école ne peut pas lui apporter, lui dire que la vie est douce aussitôt qu’on la prend par le bon côté, qu’il fallait toujours y croire, ne jamais renoncer et continuer d’avancer ; qu’il fallait suivre sa route et pas celle que les autres nous traçaient.

Aujourd’hui, était le jour de trop dans ce monde là, Paulette avait piqué sa crise !

Elle avait hurlé sur son chef, crié dans le métro, décidé que c’était fini, qu’elle ne voulait plus de tout cela, que la vie ce n’était pas ça !!! Elle avait tout plaqué, avait décidé de VIVRE et pas seulement de survivre !

Aujourd’hui, Paulette avait piqué sa crise…

Mais demain….

Elle fera quoi Paulette, demain ?

Demain… Elle sera libre !

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