PERCEPTION POUR LES NULS

Gilbert Bals

concours "MIEUX VIVRE"

                                    PERCEPTION POUR LES NULS
  SOMMAIRE
INTRODUCTION
Pourquoi ce livre ?
Que signifie PERCEVOIR ?
Peut-on améliorer la perception ?
Les icônes du livre

PERCEPTION ET REALITE
-  illusions d'optique
-  rôle du mouvement
-  parallaxe de mouvement
-  influence des affects
DIFFERENTES PERCEPTIONS
Perceptions physiques par les 5 sens
vue, odorat, ouïe, goût, toucher(somesthésie)
Perceptions internes.
la perception par l'expérience 
la perception par le raisonnement déductif
la perception par l'intuition

PROCESSUS DE LA PERCEPTION
Perception du stimulus
Processus de recueil et de traitement de l'information sensorielle ou sensible
Prise de conscience qui en résulte.
Perception et action
PERCEPTION ET SENSATION
La sensation
La perception
Sensati3n pure
différentes approches philosophiques
MIEUX PERCEVOIR
-  augmenter le stimulus
-  rôle de l'apprentissage
-  éduquer le système perceptif
DIX MEILLEURES PERCEPTIONS
- dix attitudes pour bien percevoir
- dix exemples réussis
- dix ouvrages à connaître


INTRODUCTION

Pourquoi ce livre ?
Ce livre fait suite à une première étude des problèmes de perception tridimensionnelle rédigée voici 20 ans lorsque les logiciels de dessin assisté par ordinateur ne permettait de « manipuler » les objets à l'écran et quand, seul, un croquis en perspective facilitait la représentation mentale d'une pièce volumique.
La notion de mémoire ou apprentissage inhérente au processus de perception semble surprendre beaucoup de lecteurs. Aussi, les disponibilités d'une retraite, pourtant fort bien occupée sur un voilier de croisière, me conduisent à récapituler sur cet ouvrage les notions essentielles de la perception dans son aspect le plus général.
Quelques questions qui se posent fréquemment et qui expliquent les raisons de la rédaction qui suit :
Pourquoi ne percevons nous pas, tous, de la même façon en même temps ?
Pourquoi ne percevons nous pas, pareil, la même chose à deux moments différents ?
Comment prendre conscience de ces différences lorsque nos sens ne sont pas altérés ?
Certes l'alcool est un puissant facteur d'altération de nos sens (éléphant rose et vue double au volant), mais est-ce le seul élément qui trouble notre perception ?
Que signifie PERCEVOIR ?
Pour Wikipédia sur le web : « La perception est la faculté biophysique, ou le phénomène physio-psychologique et culturel, qui relie l'action du vivant aux mondes et à l'environnement par l'intermédiaire des sens physiologiques et des idéologies individuelles.
Chez l'espèce humaine, la perception est aussi liée aux mécanismes de cognition par l'abstraction inhérent à l'idée et aux notions apprises dans la pensée. »
De la grande quantité d'informations reçues à tout instant par nos capteurs réceptifs seulement certaines seront retenues et analysées suivant des critères de choix propres à chaque individu.
Cette opération psychologique complexe par laquelle l'esprit, en organisant les données sensorielles, se forme une représentation des objets extérieurs et prend connaissance du réel est dépendante de multiples facteurs que nous allons analyser : la mémoire, l'apprentissage, l'environnement, les affects, la culture et autres, tous variables suivants les observateurs et au cours de notre existence.
Qu'est-ce que la réalité ? La réalité peut-elle être perçue ?
Déjà Platon dans son allégorie de la caverne mettait en doute la perception de l'homme :
« Dans une demeure souterraine, en forme de caverne, des hommes sont enchaînés. Ils n'ont jamais vu directement la lumière du jour, dont ils ne connaissent que le faible rayonnement qui parvient à pénétrer jusqu'à eux. Des choses et d'eux-mêmes, ils ne connaissent que les ombres projetées sur les murs de leur caverne par un feu allumé derrière eux. Des sons, ils ne connaissent que les échos. « C'est à nous qu'ils sont pareils! »
Que l'un d'entre eux soit libéré de ses chaînes et accompagné de force vers la sortie, il sera d'abord cruellement ébloui par une lumière qu'il n'a pas l'habitude de supporter. Il souffrira de tous les changements. Il résistera et ne parviendra pas à percevoir ce que l'on veut lui montrer. Alors, Ne voudra-t-il pas revenir à sa situation antérieure ? S'il persiste, il s'accoutumera. Il pourra voir le monde dans sa réalité. Prenant conscience de sa condition antérieure, ce n'est qu'en se faisant violence qu'il retournera auprès de ses semblables. Mais ceux-ci, incapables d'imaginer ce qui lui est arrivé, le recevront très mal et refuseront de le croire : ne le tueront-ils pas ? »
Quelle différence peut-on faire entre la sensation et la perception ?
Peut-on parler de sensation pure ?
La sensation n'est-elle pas déjà un début de perception plus ou moins interprétée ?
"Nos sensations sont purement passives, au lieu que toutes nos perceptions ou idées naissent d'un principe actif qui juge" Rousseau
Pourtant, on est en droit de se demander si la perception est bien, comme l'opinion commune l'admet volontiers, un simple enregistrement passif -et donc fidèle- des données de l'expérience. Par exemple, la perception visuelle n'est-elle que l'enregistrement par l'œil des contours et des couleurs des choses ?
Ainsi, percevoir, est-ce simplement sentir, ou bien déjà juger ? On se demandera alors quelle est la nature du lien entre perception et jugement mais encore faut-il préciser le sens de ces termes.
De nombreux philosophes ont exprimé leur approche de ce phénomène qui a fait couler beaucoup d'encre.
Les tribunes sur internet continuent d'alimenter nos connaissances et les arguments de chacun remplissent les forums tel que :


  http://www.forumdephilosophie.com/-ellet1255-sensation-pure-et-perception-alain-robert-lenoble-etc
Citons par exemple le cours de Michel Nodé Langlois sur la Perception selon Aristote : « Le traité De l'Âme d'Aristote est sans doute la première étude philosophique systématique de la perception sensible, dans le prolongement des recherches platoniciennes attestées par le Théétète ou le Timée. On peut même dire que l'œuvre d'Aristote comporte la première théorie de la perception en tant que celle-ci se distingue de la simple sensation. 
Après avoir en effet consacré la plus grande partie de son deuxième livre à l'étude détaillée de chacun des cinq sens externes - vue, ouïe, odorat, goût, et toucher -,  Aristote en vient à introduire, au début du troisième livre, une notion originale et inédite, celle d'un sens commun, irréductible aux sens externes, et pourtant inhérent à leur exercice. »
Peut-on améliorer la perception ?
Le processus de perception est complexe et le résultat est très différent suivant les individus, les lieux et les cultures, de plus variable au cours du temps et de la vie d'une personne.
Ce thème, pourtant fondamental pour la connaissance de chacun de nous, a été principalement abordé par des philosophes et des chercheurs en sciences cognitives dans leur langage spécifique.
La présentation du sujet et des réflexions est volontairement simplifiée afin de démystifier un processus fort complexe, qui fait l'objet de nombreuses recherches dans des laboratoires et départements spécialisés, notamment au Collège de France au département de la Perception et de l'Action.
Ces recherches, actuelles et futures, tendent à indiquer une voie d'amélioration pour « MIEUX VIVRE »
Peut-on améliorer notre perception ?
Quel élément du système perceptif est susceptible d'être amélioré, affiné ou développé ?
Le port de lunettes est-il suffisant pour « voir » ce qui nous entoure ?
Une meilleure netteté des stimulus peut-elle nous permettre d'apprécier les objets, et le monde dans toute leur réalité ?
Ne faudrait-il pas éduquer nos sens par un apprentissage spécifique de ce que l'on appele le jugement inhérent à toute sensation au cours des perceptions ?
Les icônes du livre
De nombreuses citations, anecdotes, récits et remarques sont pointés par des icônes spécifiques.
Elles favorisent la compréhension et accompagnent agréablement le lecteur dans cette aventure physiologique et psychologique.


PERCEPTION ET REALITE


1  Filtres au flot d'information


Les filtres de la perception étant omniprésents dans la vie de chaque individu, cela rend impossible la définition précise de ce qui est réel. Ces filtres agissent sur la perception en déformant un peu plus les informations provenant du monde réel.
L'allégorie de la caverne citée en introduction et décrite par Platon dans le livre VII de « la République » illustre sa théorie des Idées :
- Les prisonniers de la caverne symbolisent, dans le monde sensible de la grotte, les prisonniers de l'opinion qui n'est qu'une apparence
- Le prisonnier libéré symbole le philosophe, son ascension hors de la caverne représente la dialectique de l'âme qui sort de l'apparence pour rejoindre la vérité
- Les ombres dans la grotte représentent les apparences trompeuses du monde sensible
- Les objets à l'extérieur symbolisent les Idées,  le soleil est l'Idée du Bien pour Platon
Ne serions nous pas comme Platon à la recherche d'une meilleure perception, hors de l'apparence facile et immédiatement accessible à nos sens perceptifs (comme les infos et les pubs à la télévision) ?
Imaginez un bébé qui commence à voir, entendre, sentir et goûter le grand monde autour de lui.  Il est assailli de toute part par des informations de toute sorte et il doit être bien stressé pour comprendre à quoi correspondent tous ces signaux.
En effet, notre organisme et tous les sens perceptifs sont envahis et submergés d'informations ou sensations à tout instant. Comment trier dans cet afflux de données permanentes celles qui sont pertinentes et importantes pour appréhender la réalité ?   
Par exemple, l'état psychologique d'une personne (bonne ou mauvaise humeur), son état de fatigue, la luminosité, les bruits environnant, son niveau de stress, un taux élevé d'hormones comme l'Ocytocine, le Cortisol, la Testostérone, la sérotonine, etc. vont influencer sa perception.
 En plus d'être personnelle à chacun, la perception du réel se modifie à chaque instant. Comme nous allons l'indiquer dans la troisième partie, la mémoire est indispensable à l'identification d'un percept. Or la mémoire évolue au cours du temps..
 Au fur et à mesure qu'il analyse le stimulus l'image devient plus claire, son expérience passé et les images précédemment mémorisées sont relayées par une nouvelle image  mieux perçue puisque en cours d'identification. La nouvelle perception va se rajouter à celles déjà stockées en mémoire  pour aider à identifier celles à venir.

2  illusions d'optique et illusion cognitive
Le sens le plus commun : la vue, est altérée par l'environnement de l'objet observé
Les animaux utilisent cela pour se camoufler : le caméléon, la seiche, le poulpe, les encornets changent la couleur et l'aspect de leur peau pour se confondre dans le paysage environnant. La tenue des militaires a beaucoup évolué au cours des siècles. Actuellement, en opération ils sont couverts d'un treillis de la couleur des roches et bosquets où ils doivent se tenir cachés.
Les architectes et les peintres paysagistes utilisent les trompe l'œil au profit de l'urbanisme.


ici une figure ou photo d'illustration prévue
La construction du Parthénon est l'une des illustrations les plus anciennes de l'illusion d'optique architecturale. Le soubassement n'est pas géométriquement droit, il présente une courbure avec une flèche de 0,11 m de hauteur au milieu des 2 côtés de la longueur et de 0,06 m au milieu des 2 côtés de la largeur. Les colonnes qui l'entoure épousent cette courbure et la transmette à l'architrave, à la frise et aux corniches. Les architectes Iktinos et Kallikratés réussirent par cette courbure à obtenir l'effet rectiligne qu'ils attendaient. Elles évitent l'illusion négative qui serait apparue si l'on avait construit avec de pures lignes droites. Il faut également noter « l'antasis des colonnes » ou diminution progressive de leur épaisseur dans la moitié supérieure et l'inclinaison des colonnades extérieures vers l'intérieur, l'augmentation de l'épaisseur des colonnes d'angle… Tout cela donne une impression d'harmonie verticale et horizontale malgré l'effet de perspective.

Du point de vue subjectif, on peut distinguer deux sortes d'illusions. Les erreurs d'appréciation nous laissent persuadés d'un état de chose qui ne correspond pas à la réalité. Les paradoxes visuels font douter de ce qu'on voit ou hésiter quant à l'interprétation. Les études sur la perception distinguent ce qui relève des limites du système visuel physiologique, les distorsions, les ambiguïtés ou l'instabilité d'interprétation, et les paradoxes
Voici une série de vues qui peuvent être interprétées différemment .
Le canard lapin de Jastrow :

ici une figure ou photo d'illustration prévue

Les segments de Müller Lyer paraissent différents bien que de la même longueur :

ici une figure ou photo d'illustration prévue


Le gris des deux carrés A et B de l'échiquier d'Adelson paraissent différents bien qu'ils soient identiques
Cet exemple met en évidence la propension du système visuel à percevoir les teintes des couleurs dans leur environnement et à attribuer aux objets une couleur stable et régulière. La régularité du pavage en damier et la familiarité avec ce motif font comprendre, correctement dans le cas d'un objet à trois dimensions, la réalité de la disposition des dalles, alors que dans la représentation, les clartés sont réparties différemment.

Anecdote :
Lorsque je plongeais dans les eaux coralliennes du Pacifique sud mon œil voyait sous l'eau les gorgones rouges alors que la photo, sans flash, témoigne d'une couleur jaune ou verte.
Suivant la profondeur de l'appareil photo, certaines couleurs n'apparaissent pas car leur longueur d'onde est filtrée par la couche d'eau. Notamment celle du rouge, qui sera absente dés 8m de fond, où j'observais les gorgones. Comment notre vision peut-elle attribuer la couleur habituelle a un objet qui n'en a pas ? Par mémoire ou par habitude ?
Les sciences cognitives apportent des réponses à ce type d'illusion perceptive, par exemple la barre grise de la figure ci-dessous parait de teinte différente alors qu'elle est identique sur toute la longueur

  ici une figure ou photo d'illustration prévue
Les autres illusions les plus connues sont : l'illusion de Hering, la chambre d'Ames, la grille d'Hermann, l'illusion du mur du café, le motif de Kanizsa, l'illusion de Jastrow, la spirale de Fraser, les serpents tournants, la ségrégation figure-fond, l'illusion de Zollner, l'illusion de Poggendorff
Le Futuroscope et le musée de la Découverte et le musée de la Villette présentent d'autres scènes plus flagrantes permettant différentes interprétations du perçu.
 Les illusions cognitives sont communément divisées en illusions ambiguës, illusions distordues, illusions paradoxales ou illusions fictives. Elles exploitent souvent les « hypothèses » formées par le système visuel au cours des premières étapes du traitement visuel.
- Les illusions ambiguës sont des images ou objets qui subissent des changements significatifs d'apparence. La perception alternera entre les interprétations qui toutes seront perçues comme valides mais ne confirment pas une seule représentation. Le cube de Necker en est un exemple bien connu.
- Les illusions distordantes sont les plus communes, ces illusions offrent des distorsions de taille, largeur ou courbure. Elles sont faciles à découvrir et sont facilement repérables. Beaucoup sont des illusions physiologiques, comme l'illusion du mur du café qui exploite les premières étapes du système visuel à propos des bords.
- Les illusions paradoxales concernent les objets impossibles, comme le triangle de Penrose ou des escaliers impossibles, comme dans les travaux de M. C. Escher. Le triangle est une illusion dépendant d'une mauvaise interprétation cognitive selon laquelle les arêtes adjacentes doivent se joindre.
- Les illusions fictives permettent la perception d'objets qui ne sont réellement pas visibles sauf pour son observateur, telles que celles induites par la schizophrénie ou les drogues hallucinogènes.


Les artistes peintres ont également utilisé ces illusions cognitives afin d'impressionner par leur toile
- René Magritte joue, dans sa peinture Carte blanche, de la capacité humaine à se figurer la continuité d'un objet connu lorsqu'il est caché, en même temps qu'avec l'interprétation perspective. Le surréalisme s'identifie largement à ces illusions visuelles cognitives. 

ici une figure ou photo d'illustration prévue

- Arcimboldo utilisa au XVIe siècle la paréidolie, propension humaine à interpréter comme une forme humaine une image présentant des amoncellements de fleurs, de légumes ou d'objets divers.

ici une figure ou photo d'illustration prévue
- L'Op art, avec entre autres, Victor Vasarely, crée par de violents contrastes structurés une impression de mouvement. Bridget Riley produit notamment des œuvres de grande dimension sur des murs, faisant de l'illusion d'optique un art mural.

ici une figure ou photo d'illustration prévue


3  Rôle du mouvement


Il permet d'apprécier les formes et les distances de ce que l'on observe.
Notre approche cognitive des formes et des grandeurs peut être trompeuse an vision monoculaire et faible en vision binoculaire. Les deux figures ci-dessous peuvent être interprétées différemment suivant l'observateur

ici deux figures ou photos d'illustration prévues
L'illusion de Pongo ci-dessus exploite l'effet de perspective pour rendre la vision des traits bleus de longueurs différentes.

Sans mouvement relatif, le système visuel seul identifie mal un relief, une perspective, une distance en profondeur (perpendiculaire au sens de l'observation). Car, la  disparité binoculaire entre les yeux est un très faible indice d'appréciation des formes et distances notamment pour les objets éloignés.
 La présence d'un écart de 6 cm entre les yeux entraine une différence entre les images que les yeux reçoivent. C'est ce décalage que l'on appelle disparité et qui est à l'origine de la perception de la profondeur pour un observateur immobile. Cette disparité est insuffisante pour apprécier les formes et les grandeurs. Notre système perceptif  a besoin de comparer deux positions successives (ou plus) d'un même objet pour en déduire une distance.
Ce que le street-art a su exploiter :

 ici deux figures ou photos d'illustration prévues

On appelle parallaxe cette différence de perception.
La parallaxe est donc l'incidence du changement de position de l'observateur sur l'observation d'un objet.
En d'autres termes, la parallaxe est l'effet du changement de position de l'observateur sur ce qu'il perçoit.

Anecdote :  C'est le principe de détermination d'une position sur l'eau (et sur la carte) par deux relèvements successifs d'un amer rapportée à la distance parcourue entre les deux mesures. C'est aussi par la mesure d'un angle entre deux points éloignés que les astronomes déduisent des distances dans l'espace.

 ici deux figures ou photos d'illustration prévues

En plus de la mesure d'un angle entre deux positions successives, l'œil voit des vitesses relatives des objets situés dans son champ de vision au fur et à mesure de son propre déplacement.
On tire une information des vitesses de déplacement des objets dans le champ de vision.
C'est le principe de l'observateur dans la voiture, voyant les poteaux électriques (ceux du bord de route) défiler plus rapidement que les arbres au loin dans le champ.  Les motifs proches sont appelés à s'«étendre» plus rapidement et en périphérie et plus lentement près du point vers lequel on se déplace.
Anecdote :
Mon premier poste d'enseignant comme VAT en outre mer, j'ai enseigné le dessin industriel à des élèves de CET pour présenter un CAP dessinateur. Plus ces élèves avaient travaillé en atelier ou bricolé sur le bateau et plus ils apprenaient vite et sans difficulté les lois de géométrie qui conditionnent la représentation plane d'un objet volumique suivant plusieurs vues en correspondance.
Mon dernier poste en classes préparatoires au lycée Louis-le-Grand de Paris m'a permis d'aider des étudiants, excellents mathématiciens, éprouvant d'énormes difficultés à imaginer des formes volumiques à partir d'une représentation plane. Leur système cognitif n'avait en mémoire aucune information susceptible d'attribuer une signification à des traits continus ou pointillés parce que les objets eux-mêmes leur était inconnus.
D'autant plus difficile que la géométrie descriptive et la géométrie dans l'espace avaient disparues ou fortement estompées des programmes de mathématiques depuis plusieurs années.
Un livre pédagogique intitulé « la troisième dimension » précise comment il est possible de les aider.
Depuis l'utilisation des logiciels AUTOCAD, SOLIDWORKS et  CATIA dans la formation des techniciens et des ingénieurs, le dessin industriel est devenu un amusement. Le modeleur volumique créé sur l'écran la pièce mécanique en trois dimensions. Elle peut ensuite être manipulé par l'opérateur, qui la fait tourner et déplacer comme un objet réel. Ces mouvements permettent d'en percevoir toutes les faces et différentes perspectives.
Les vues projetées par le logiciel deviennent alors compréhensibles par l'étudiant.

Perception du mouvement propre
Par des reflexes sensorimoteurs l'homme se déplace presque sans réfléchir et presque inconscient de son déplacement. Les propriocepteurs utilisés pour son déplacement sont des éléments imperceptibles à notre conscience. (système vestibulaire, tendineux etc.)
Voici un extrait de la thèse de où l'on retrouve le couplage entre perception du mouvement et action par l'intermédiaire des propriocepteurs et du système vestibulaire en particulier :
« La perception du mouvement propre, c'est-à-dire la perception du déplacement de l'observateur dans l'environnement, repose sur un ensemble de signaux distincts, parmi lesquels les signaux vestibulaires, les signaux de flux sensoriels optiques ou tactiles, les signaux proprioceptifs ou kinesthésiques, ou encore les signaux de copie motrice efférente ou de décharges collatérales. Afin de cerner les bases de la perception du mouvement et du mouvement propre, nous débuterons par la description du capteur spécialisé pour le mouvement, le capteur vestibulaire. Ensuite, nous consacrerons deux parties à l'étude du flux optique et aux informations sur le mouvement que le cerveau peut en extraire. Puis nous verrons comment la perception du mouvement propre émerge de la fusion de plusieurs informations sensorielles. Nous finirons par une description sommaire des caractéristiques générales du mouvement propre, et du couplage entre perception du mouvement et action.
Le système vestibulaire :

 ici deux figures ou photos d'illustration prévues

Le sens vestibulaire donne des informations sur le mouvement physique de la tête. Bien qu'actif en permanence, il possède la particularité de n'arriver à la conscience que lorsqu'il pose problème. L'on prend généralement conscience de son existence en cas de mal des transports, d'intoxication alcoolique aiguë ou de vertige. Du point de vue des indices du mouvement propre, les indices vestibulaires (et les indices somatosensoriels dépendants de l'inertie) ont deux particularités par rapport aux autres indices sensoriel. D'abord, ils ne peuvent pas être interrompus comme l'est par exemple le signal visuel lorsqu'on ferme les yeux. Ensuite, puisqu'ils mesurent l'accélération dans l'espace physique, un message non nul signifie automatiquement un déplacement dans l'espace. A l'opposé, les autres signaux sensoriels comme la vision ou l'audition peuvent être interrompus à volonté, et l'information qu'ils fournissent est ambiguë puisqu'elle est relative. Ainsi, en se basant sur la seule vision, le sujet ne peut savoir si c'est lui ou l'environnement qui bouge.
La perception du mouvement propre n'est pas dépendante d'un seul sens, mais elle émerge de l'interaction de plusieurs modalités sensorielles. Une des raisons de cette situation dans l'incomplétude (ambiguïté) sensorielle, autrement dit, l'incapacité d'un seul sens à donner une image fiable du mouvement propre dans toutes les situations. Le système vestibulaire est inefficace pendant un déplacement à vitesse constante, et le système visuel seul ne peut pas vraiment déterminer l'origine (extérieure : mouvement d'objet, ou propre: mouvement du sujet) du mouvement qu'il perçoit. L'émergence de la perception mouvement propre sera revue à travers trois problématiques. D'abord l'interaction visuo-vestibulaire, ensuite à travers l'influence de la proprioception, et enfin en considérant une approche plus théorique.
L'interaction visuo-vestibulaire qui préside à l'émergence de la perception du mouvement propre pose en même temps la question de la perception du mouvement des objets. En effet, mouvement propre et mouvement d'objet sont liés, parce que tous deux sont perçus par le système visuel mais que sur la base de la vision seule, il est impossible de les distinguer.
Lorsque l'on s'intéresse aux mouvements produits par un sujet, une distinction s'impose d'emblée entre d'une part les mouvements actifs –réalisés directement par tout ou partie du corps du sujet–, et les mouvements passifs, subits par le sujet dans un véhicule ou un support mobile. Les mouvements actifs sont eux-mêmes séparés en mouvements actifs volontaires (locomotion, orientation du regard) et en mouvements actifs involontaires ou réflexes. »


4 Influence des affects

Il est donné en introduction une définition de la perception ou l'influence des affects est déjà mentionnée :
La perception est la faculté biophysique, ou le phénomène physio-psychologique et culturel, qui relie l'action du vivant aux mondes et à l'environnement par l'intermédiaire des sens physiologiques et des idéologies individuelles.
En effet, de l'ensemble des informations captées à tout instant par nos sens perceptifs seuls quelques uns seront retenus pour être interprétés. Cette sélection d'un stimuli parmi tant d'autre fait appel à un choix guidé par la culture, l'apprentissage, la religion, la sensibilité artistique, la personnalité ……
Tout un ensemble de considération propre à chacun, à un instant donné, que l'on pourrait désigner comme affects.
De plus, la comparaison du stimulus avec une perception antérieure ou une reconstruction d'images antérieures fait apparaître une notion de jugement forcément altéré par l'éducation antérieure.

Pour Kant , la perception n'appartient qu'au sens mais elle est liée à l'entendement. Kant va distinguer deux types de jugements, le jugement de perception et le jugement d'expérience.
Dans le jugement de perception : ‘' Je peux me borner à comparer les perceptions et à les unir dans une conscience de mon Etat ‘'. Si le soleil échauffe la pierre , le concept intellectuel de cause se superpose à la perception en reliant nécessairement le concept de chaleur au concept de lumière solaire. Ce jugement là est universellement valable , nécessaire , donc objectif. C'est un jugement d'expérience.

 L'influence du jugement humain apparaît dans l'illusion d'optique de Titchener :

 ici une figures d'illustration prévue

La tromperie ne proviendrait pas de la sensation elle-même, mais du jugement que l'esprit, ou l'entendement, porte sur ce qu'il perçoit. Ainsi, on ne se trompe pas si l'on dit que les cercles orange sont de même taille selon leur taille géométrique, et je ne me trompe pas non plus si je dis que ces mêmes cercles orange sont de tailles différentes selon l'apparence que je perçois, c'est-à-dire selon mon point de vue ;

Ainsi  perception est altéré par notre état d'esprit :
Etat d'esprit pouvant être altéré par des sentiments, des douleurs, des peurs, des haines, des désirs…..
Qui n'a pas essayé, par un simple sourire, de modérer la perception des gardes ou policiers avant de payer une contravention ?
La nourriture et l'environnement en général ne nous paraissent pas très agréable lorsque nous avons mal au dent ou une simple grippe.
Citation : On dit que l'habit ne fait pas le moine
Pourtant dans la fable du chaperon rouge, le loup parvient à tromper en prenant les habits de grand-mère…
Suivant le lieu et le genre de rendez vous, nous choisirons des vêtements adaptés, par habitude, mais aussi pour influencer le jugement et la perception  de l'interlocuteur.
L'attitude agressive ou conciliante est aussi un fort élément d'appréciation et de modification des décisions.
Le capitaine sur un bateau de la marine marchande doit adopter une attitude sévère pour le commandement et le respect des règles de sécurité. Surtout si l'équipage a des tendances laxistes.
Par contre, sur un petit voilier de croisière, mettre l'équipage en confiance par une sérénité naturelle et détendre les anxieux par une amicale convivialité empreinte d'humour est un comportement beaucoup plus adapté.
Anecdote :  Deux amis, célibataires de retour d'un grand voyage en Amérique du Sud, disaient : « nous avons trouvé magnifique et intéressant chaque endroit où nous avons été reçu et où on s'est bien amusé… »
Cet état d'esprit est lui-même fortement altéré par l'ambiance et l'environnement.
Ainsi l'impression de sécurité peut être faussée par le milieu agressif ou confortable.
Par exemple, le sentiment de bien être éprouvé lorsque la porte de sa Mercedes se ferme avec bruit feutré.
Et, au contraire, celui de danger lorsque on embarque, sous la pluie, par mauvais temps, sur un bateau balloté par les vagues.
Les statistiques montrent le contraire, rapporté au pourcentage relatif d'utilisateurs, le nombre de tués est beaucoup plus important au volant d'une voiture que sur un voilier en mer.
Anecdote :
En pleine tempête, au large du cap Horn, l'un des concurrents du Vendée Globe disait à sa femme en terminant sa communication téléphonique par satellite : « Surtout, fait bien attention en traversant la rue ! »


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