Petit bateau.

Uneasy

Petit bateau, grosse vague, tempête...

Le vent souffle, gronde. Nuages sombres sur ce ciel gris _ plutôt fade malgré les quelques éclairs qui illuminent l'horizon. La pluie se déferle sur la mer agitée qui bombarde les côtes délimitant cette partie du globe.

Une caravelle sur l'eau _ la coque marron foncée éclaircie par les voiles blanches dont l'une plus grande que la seconde _ navigue seul sur cet espace peuplé de vagues lourdes qui s'aplatissent une à une comme la répétition de mélodies faussement chantées donnant une chanson immonde et pesante. Aucunes sirènes pour enjoliver cette histoire. Point de sable pour redonner espoir aux navigateurs. Ces derniers s'exécutent sous les ordres de leur capitaine, Mr. Ispe.

Certains occupants du bateau tirent sur des cordes afin de récolter au mieux, à l'aide des « nappes », la brise de vent échappant de ce paysage stérile. D'autres surveillent la vue à l'aide de leurs propres yeux ou, pour peu, de jumelles. Mais rien de cela ne change. Impossible de trouver ce souffle miraculeux ou même la terre proche auquel le bateau pourrait s'apposer.

Tandis qu'ils continuaient leur chemin sous le vent tumultueux, un orage tonne poursuivi par une vague aspergeant le bateau de sa hauteur et de sa force incommensurable. Pris au piège, les occupants du bateau asphyxié par l'eau de mer tentent en vain avec des sceaux d'écouler cette dernière dans son lieux légitime. Le bateau s'enfonce, peine à rester à l'extérieur emportant, de plus, ses hommes de mains vers les fonds marins.

Quelques poissons s'installent. Le bateau coule. Il s'engouffre sous la mer. Les humains meurent, s'étouffent, à leurs tours, emportés par les torrents.


« Mon chéri ? Tu es où ?!

-Je suis là maman ! Au bord de la piscine ! »

Ce beau petit blond, aux boucles d'ors, aspergé de crème solaire blanchissant son teint blême d'origine, s'amuse avec ses Playmobils en main sous l'eau de la piscine. Le bateau pirate touche le fond blanc du bassin.

Seul le capitaine Ispe, survit et nage, parcourt la piscine trouvant le soleil à la limite du préau, les rayons de lumières tant recherchés par ce bonhomme. L'enfant fixe la cheville de sa mère, un navire gravé sur sa peau blanche – un bateau navigant sous un orage scélérat, la mer agitée, le bateau emporté.

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