Petit oiseau

marivaudelle

Je ne connais rien de plus doux
Qu'un sexe dans mes mains
Oisillon repu
Qui s'abandonne
Se détend
S'étale
Pour s'endormir confiant

Je ne connais rien de plus doux
Que cet attouchement sous mes lèvres
A la fois miel
Et peau de pêche
Velours vivant
Que je peux aspirer
Rouler sous mes doigts
Et sous ma langue

Mais l'oiseau très vite se réveille
Il grandit
Comme la croissance accélérée
Du bambou
Dans la forêt tropicale
Sous la chaleur
Et l'humidité de ma bouche
Liane fière
Elle semble chercher le ciel

La douceur et la fragilité
Cèdent la place
A une arme guerrière
Un arc bandé
Qui, un jour, me surprendra
Et bientôt peut-être me réjouira.

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