Plus là.

mooona

J'ouvre les yeux et je me dis que je ne veux pas me lever. je me dis que de toute manière je ne te verrais pas alors ça sert à rien. Je referme les yeux. Mais je ne retrouve pas le sommeil, je pense à toi. Comme dans mes rêves d'ailleurs. Mais tu es partit. Je veux me rendormir, oublier la réalité, mais je n'y parviens pas.

Alors je me lève. Je prends un café. J'ai jamais aimé le café mais tu en prenais un chaque matin alors ... L'odeur flotte dans la pièce, comme avant. Quand tu étais là. Je me regarde dans le miroir, les cheveux défaits, le regard cerné, les yeux rougis. Je porte la tasse trop chaude à mes lèvres et me brûle. Je finis le café d'une traite, la chaleur emplissant tout mon corps. Je me dis que j'aime bien le café même si c'est dégueulasse. Je me dis que je t'aime toujours même si t'es un vrai connard.

Je continue de me regarder et je me demande ce qui a pu te plaire chez moi. Tu disais souvent que t'étais tombé amoureux de moi à cause des flammes qu'il y avait dans mes yeux. De cette lumière qui flamboyait et qui donnait envie d'y croire, de faire toute les conneries du monde sans jamais rien regretter. Tu disais m'aimer aussi pour ma fraicheur. Je ne savais pas trop de quoi tu parlais en disant ça mais je sais qu'elle était importante pour toi, cette fraicheur. tu disais que ...tu disais que tu m'aimais comme ça. tu disais que j'étais belle aussi...à t'en faire perdre la tête. J'me souviens, à t'en faire perdre la tête.

Je pense à nous. A ce que nous aurions été. Et j'me dis que finalement j'peux pas savoir. Que pour voir, il faut le vivre. Alors j'ouvre une nouvelle bouteille, je lui donne ton prénom et l'embrasse partout. Puis je la commence. Puis je la finie. Et je la jette de toutes mes forces. Je regarde les morceaux par terre et je me dis que si ça avait été toi, tu aurais eu mal. Alors je lui donne ton prénom.

Je sens l'alcool du whisky me monter à la tête. Je m'effondre sur le canapé et je reste là à penser à toi pendant plusieurs heures. Puis je compose ton numéro. Je laisse sonner, une fois, deux fois... je raccroche. Je rappelle. Je jette le téléphone. Je ne lui ai pas donné ton prénom. J'aurai dû. J'me dis que ça sert à rien de t'appeler puisque de toute façon, tu verras mon numéro s'afficher alors tu ne décrocheras pas et puis en plus je suis beaucoup trop ivre pour te parler.

Le téléphone sonne. Je me lève, le ramasse : Ton numéro est affiché. Je laisse sonner une fois, deux fois, trois fois... je décroche. C'est toi, ta voix, je ferme les yeux, mon Dieu...

Tu m'dis : "Pourquoi tu m'as appelé ? «, J’te dis :" j'peux pas t'parler, j'suis bourrée" Après tu me réponds que je suis trop con comme nana alors je crois que je te dis un truc comme je t'aime et j'aime bien le café maintenant. Tu ne réponds plus rien puis tu raccroches ou tu avais déjà raccroché je ne sais plus.

Après, j'essaye de pleurer. Mais j'n'y arrive pas. Trop triste sûrement pour laisser couler des larmes qui ne vont même pas être séchées. Alors, la gorge nouée et encore en feu, je me resserre un café.

  • S'alcooliser les pensées pour oublier la solitude, au sein de l'atmosphère déroutante au parfum amer d'un café, pourtant si les larmes ne perlent pas, c'est qu'il ne les mérite pas !

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    melmo

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