Plus on travaille moins on travaille pas

Chris Toffans

L'ambiance n'est pas à la fête dans le monde du travail, c'est le moins que l'on puisse dire. L'avenir est incertain, l'emploi précaire, les conditions difficiles dans les entreprises, sur les chantiers, au sein des administrations...
Aucune embellie n'est d'ailleurs à attendre, notamment en raison du fait qu'il va falloir trimer de plus en plus longtemps avant d'obtenir une retraite digne de ce nom. Pour se mettre au vert, pour retrouver le sourire avant d'avoir perdu toutes ses dents, chacun devra dorénavant empiler des trimestres jusqu'à en crever... le plafond.
La seule solution pour ne pas terminer sa carrière grabataire, consistera à justifier d'une incapacité de travail, délivrée par des autorités médicales strictes et sans complaisance. Inutile de préciser que la tâche ne s'annonce pas aisée pour les candidats, qui s'ils ne sont pas manchots ou culs-de jatte, devront faire des pieds et des mains pour démontrer leurs inaptitudes.
A ce sujet, le peuple n'a pas mis longtemps à descendre dans la rue pour exprimer sa colère et son indignation. Des manifestations largement suivies, qui ont finalement amené le gouvernement à revoir sa copie. Désormais, pour faire valoir ses droits la retraite à un âge raisonnable, il faudra faire la preuve d'une incapacité de 10 % au lieu des 20 % initialement prévus. Ainsi,pour ne citer qu'un exemple, un pianiste professionnel qui s'est mutilé en refermant le couvercle de son instrument, pourra partir à 60 ans s'il s'est sectionné un seul doigt, alors que selon la première mouture de la loi il aurait dû en perdre au moins deux.

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